Mali : MSF met fin à son aide d’urgence à Gao et Niafounké

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MSF a mis fin à ses opérations d’urgence dans le nord du Mali, évoquant une stabilisation. L’organisation maintient néanmoins une présence médicale dans la région.

Après près de trois années d’intervention humanitaire soutenue, Médecins Sans Frontières (MSF) a officiellement mis un terme à ses opérations d’urgence en faveur des déplacés internes à Gao et Niafounké, dans le nord du Mali. L’organisation a justifié cette décision par une relative stabilisation de la situation, combinée au retour progressif de certaines familles dans leurs localités d’origine, notamment à Talataye, dans le cercle d’Ansongo.

Depuis septembre 2022, Gao avait accueilli près de 2 000 personnes ayant fui les violences armées dans leur village. Des témoignages faisaient état d’attaques meurtrières, de maisons incendiées et de pertes de biens, dans un contexte d’insécurité persistante. Face à l’ampleur des besoins et à l’insuffisance de la réponse humanitaire alors disponible, MSF avait déployé ses équipes en urgence pour assurer l’accès à l’eau potable, aux soins médicaux et à des biens de première nécessité.

En avril 2024, plus de 4 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, avaient également fui des attaques armées dans le Gourma et trouvé refuge à Niafounké. Dans cette localité, MSF avait ouvert un poste de santé dédié, installé des points d’eau, construit des latrines et mis en place un système de référencement des cas graves vers les structures hospitalières de Niafounké et de Tombouctou.

Au total, les équipes de l’organisation ont réalisé plus de 38 700 consultations médicales, vacciné plus de 10 800 enfants de moins de cinq ans, pris en charge plus de 1 100 cas de malnutrition, traité environ 6 000 cas de paludisme et distribué des articles essentiels à plus de 1 020 familles. L’intervention comprenait également la construction de 45 latrines, l’installation de quatre points de distribution d’eau et le transfert de plus de 1 100 patients vers des centres adaptés.

Pour MSF, cette phase d’urgence est aujourd’hui considérée comme stabilisée. Selon Désiré Kimanuka, chef de mission au Mali, de nombreuses familles déplacées ont renforcé leur résilience, intégré les communautés d’accueil ou amorcé un retour volontaire vers leurs villages d’origine. Il a salué la collaboration des autorités locales, du ministère de la Santé et des communautés bénéficiaires, qui a permis une réponse rapide et coordonnée dès les premières heures des déplacements.

La fin de ces interventions ne signifie pas un retrait de l’organisation. MSF poursuit ses activités régulières à Niafounké, où elle continue de soutenir le centre de santé de référence ainsi que les centres communautaires de Soumpy et Saraferé. Une présence est également maintenue à Gao.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions budgétaires mondiales dans le secteur humanitaire. En 2024, près de 300 millions de personnes dans le monde avaient besoin d’une aide vitale, mais les financements disponibles n’ont couvert qu’environ 35 % des besoins estimés par les Nations Unies, entraînant des réductions ou suspensions d’activités dans plusieurs zones critiques, notamment au Mali. Si MSF affirme ne pas dépendre directement des financements institutionnels, elle reconnaît que la raréfaction des ressources pèse sur les dynamiques de coordination inter-agences et sur la capacité à maintenir certaines interventions prolongées.

Au Mali, la situation humanitaire demeure préoccupante. Selon le dernier rapport de la matrice de suivi des déplacements de l’OIM, plus de 402 167 personnes étaient encore déplacées à l’intérieur du pays en avril 2025, principalement dans les régions du nord et du centre. À Gao et dans le cercle de Niafounké, les menaces sécuritaires persistent et la résilience des populations reste fragile, malgré l’intégration progressive dans les zones d’accueil.

Pour MSF, cette fermeture d’urgence ne marque pas la fin de son engagement au Mali, mais une transition vers une réponse humanitaire adaptée aux dynamiques locales. L’organisation insiste sur la nécessité de maintenir une veille active, notamment dans les zones où l’accès aux soins de santé primaires demeure limité et où la sécurité alimentaire est menacée.

Source : apanews.net

Last Updated on 01/08/2025 by Ousmane BALLO