Environnement : la biodiversité en danger…

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« La science a documenté largement la perte croissante de la biodiversité liée notamment à la surexploitation des ressources naturelles, aux changements climatiques, l’introduction d’espèces invasives, la pollution et la forte urbanisation ». Ce propos est de M. Issa Bado, Spécialiste de programme Négociations internationales, environnement et développement durable IFDD. Il l’a tenu le 17 mai 2023 lors d’un webinaire du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), dans le cadre de la Journée internationale de la biodiversité.

Dans sa présentation, M. Issa Bado a précisé que la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a publié un rapport sur l’état de la biodiversité en 2019, à travers lequel il mentionne qu’un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction. « Ce rapport relève en outre que la superficie des écosystèmes naturels, tels que les forêts et les récifs coralliens, a diminué de 47 % par rapport à leur état initial », ajoute-t-il.

Selon lui, la communauté internationale a négocié et adopté lors de la 15e Conférence des Nations-Unies sur la Diversité Biologique (CdP15), tenue à Montréal au Canada en décembre 2022, l’Accord Kunming-Montréal portant sur le Cadre mondial de la biodiversité. « Cet accord visant à inciter à l’action comporte des cibles et des indicateurs chiffrés, pour freiner et inverser la perte croissante de la biodiversité, afin de contribuer à la vision à 2050 de vivre en harmonie avec la nature. Il comprend notamment 4 grands objectifs à long-terme à l’horizon 2050 ; 23 cibles axées sur l’action à l’horizon 2030 ; des mécanismes de planification, de suivi, de révision, de rapportage ; et des indicateurs à utiliser dans les rapports périodiques nationaux », souligne-t-il.

De sa présentation, il ressort que les 196 Parties à la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) s’y engagent sur divers enjeux, notamment l’atteinte de la conservation de 30 % des surfaces terrestres et marines à travers un réseau bien relié d’aires protégées (marines, côtières, terrestres, et d’eaux douces) et d’Autres Mesures de Conservation Efficaces par zone (AMCE) au niveau mondial à horizon 2030; la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés; et l’accroissement des financements à destination des pays en développement pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité.

M. Issa Bado

« La mobilisation des financements, le renforcement des capacités et l’innovation constituent, à notre avis, les clés du succès de la mise en œuvre rapide du nouveau cadre mondial. L’engagement des pays à mobiliser 200 milliards de dollars US par an de fonds publics et privés pour le financement de la biodiversité est positif pour les pays qui ont besoin d’un appui. Il sera tout aussi important de traduire en réalité l’objectif de supprimer ou réformer les subventions qui nuisent à la biodiversité à hauteur d’au moins 500 milliards de dollars US par an. Pour ce faire, le nouveau Fonds mis en place sous le Fonds mondial de l’environnement, mécanisme financier du Cadre mondial doit tirer leçons des expériences des mécanismes internationaux comme le Fonds vert climat et éviter que la barrière linguistique limite les capacités à soumettre des projets bancables », ajoute-t-il.

Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 19/05/2023 by Ousmane BALLO