‘’Sans Détour’’ / Adoption de la nouvelle Constitution : la raison doit prévaloir

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L’on a coutume de dire que rien de bon ne se construit dans la division. La décision de certains partis et groupements politiques de rejeter ce projet de Constitution est totalement surprenante et elle doit emmener les Maliens à s’interroger sur le bien-fondé d’une telle démarche. Peut-être que le problème du Mali n’est pas forcément lié à la Constitution en cours, mais tout le monde est unanime que le pays vit actuellement les conséquences d’une mauvaise gouvernance. Or, pour avoir une gouvernance pointue, il faut nécessairement  des institutions fortes. Mais en vérité, les institutions trouvent également leurs forces dans la Constitution.

Aujourd’hui, pour avoir effectivement des institutions fortes, il faut forcément une Constitution adaptée aux aspirations actuelles des Maliens et des Maliennes. Donc, il faut le dire, il n’y a aucune raison que le Mali ne puisse pas se doter d’une nouvelle Constitution sous cette transition. Malheureusement, il se trouve que des partis et regroupement politiques à l’image de l’ADEMA-PASJ de Marimanthia Diarra ; du PARENA de Tiébilé Dramé ; des FARE – AN KA WULI de Modibo Sidibé ; de la CODEM d’Housseini Amion Guindo ; de l’ARP de Tiéman Hubert Coulibaly ; de la CMAS de l’imam Mahmoud Dicko dénoncent le manque de consensus dans la prise de décisions. Aussi, la plupart de ces partis politiques estiment que le document souffre d’insuffisances et invitent tout simplement les autorités de la transition à abandonner le processus.

Et pourtant, la démarche pour l’élaboration de cette nouvelle Constitution a été la plus inclusive possible. La vérité, c’est qu’aujourd’hui, la question de Constitution ne doit plus diviser les Maliens. Le pays a traversé beaucoup de difficultés sous cette transition et par la grâce de Dieu, il demeure toujours fort et respecté. Cela, c’est parce que le peuple a accepté, à un moment donné, de souffrir en faisant bloc contre l’ennemi et ses alliés. Ce principe doit toujours prévaloir pendant tout le reste de la transition.

Au même moment, le président de la transition, le Col. Assimi Goïta, doit faire preuve de sagesse et être réceptif à toutes décisions pertinentes quelle qu’en soit la provenance. Oui, la classe politique est un levier ou un pilier essentiel et incontournable dans tout processus démocratique. Certes, il est difficile sinon quasiment impossible de cheminer avec plus de deux cent partis politiques à la fois, mais le chef de l’Etat et son Gouvernement doivent faire plus d’efforts pour que ce processus aboutisse de la manière la plus juste et la plus démocratique possible. Il faut donc éviter un passage en force.

L’une des meilleures options aujourd’hui, serait toujours des concertations pour recueillir les attentes de tous et les analyser de façons objectives selon leurs pertinences afin de prendre en compte, en toute responsabilité, les bonnes propositions. Pour cet exercice, les partis et regroupements politiques doivent être sincères dans leur démarche. Alors, la raison doit prévaloir.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

Last Updated on 19/01/2023 by Ousmane BALLO