Bilan d’étape du bureau de l’ASSEP : que de bonnes initiatives au bénéfice de ses membres

Trois conventions de partenariat signées ; plus de cinquante directeurs de publication formés ; la procédure pour la répartition de l’aide publique à la presse déclenchée ; le processus pour l’obtention d’une aide spéciale d’un montant de 400 millions de francs CFA pour la presse écrite privée lancé… Voilà autant d’actions menées par le bureau de l’Association des Editeurs de Presse privée (ASSEP), six mois seulement après son élection le 11 juin 2022. Ce bilan salutaire a été présenté lors d’une assemblée ordinaire statutaire d’information, tenue le 14 janvier 2023 au  siège de l’association.

Dans son mot préliminaire, le président de l’ASSEP, M. Ousmane Dao, a précisé que cette Assemblée générale ordinaire est la première de l’an 2023 et qu’elle offre l’occasion de se plancher sur le bilan d’étape des six mois écoulés et de dégager les perspectives pour l’année 2023.

« En effet, dans un discours d’investiture, j’avais pris quelques encagements fortement inspirés de grandes préoccupations de la presse et en l’occurrence de notre organisation et de ses membres. Il s’agissait en gros de prendre des initiatives heureuses déclinées dans un plan de travail du bureau.  Au regard de ces ambitions et du manque de ressources propres, la première activité stratégique que nous avons menée et qui suit son cours d’ailleurs est la multiplication et la diversification des prises de contact auprès de partenaires potentiels. Nous avons rencontré en six mois plus de trente partenaires (nationaux et étrangers confondus). Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’ASSEP n’est pas connue comme elle aurait pu l’être. Cette action a permis de mieux la faire connaître, surtout en termes de tous les rôles fondamentaux qu’elle pourrait jouer non seulement pour la promotion de la liberté de la presse – une valeur chère aux démocraties – mais également auprès des pouvoirs publics et d’autres partenaires pour distiller les bonnes informations au service d’enjeux d’intérêt public », a-t-il souligné.

Aujourd’hui, a-t-il avancé, nous sommes heureux de pouvoir faire en sorte que de plus en plus l’ASSEP occupe davantage le terrain et soit résolue à prendre toute sa place sur l’échiquier médiatique national.

« Par ailleurs, ces démarches nous ont valu en six mois la signature de trois conventions de partenariat avec des entités et non des moindres. Il s’agit du Bureau du Vérificateur général, de l’École supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication et de l’Institut national de la Statistique. Les deux dernières conventions courent jusqu’en 2025 et la première est d’une durée indéterminée. À toutes ces conventions, sont attachées des séries d’activités annuelles à mettre en œuvre progressivement dépendamment des financements. Pour le BVG, il s’agira de mieux assimiler les questions liées à la corruption. Avec l’ESJSC, les journalistes en activité déjà dans nos rédactions, au besoin, pourront désormais bénéficier de formations sanctionnées par des diplômes en journalisme à des tarifs préférentiels. Quant à l’Institut national de la Statistique, les activités programmées vont concourir à mieux asseoir la culture statistique au sein de la population. À noter que toutes activités seront mises en œuvre naturellement en lien avec nos organes de presse », a-t-il ajouté.

Selon M. Ousmane Dao, dans le cadre d’une meilleure appropriation de la mission de la presse en temps de crise et d’une compréhension approfondie de sa précieuse contribution à la cohésion sociale, le bureau a initié et organisé une activité de renforcement des capacités de cinquante directeurs de publication, membres de l’ASSEP à Koulikoro. « Elle été précédée d’un lancement officiel au Centre international des Conférences de Bamako. Une formation qui s’est déroulée à la satisfaction du bureau, des partenaires et des participants. Ces derniers n’ont pas manqué en fin d’activité d’exprimer leurs meilleurs sentiments pour la qualité du travail accompli ; sans oublier de proposer des pistes d’amélioration pour l’avenir. Dans la même dynamique, vingt directeurs de publication, membres de l’ASSEP ont participé à une rencontre du Cadre Stratégique de la Refondation de l’État et dix autres ont pris part à une activité de l’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite », a-t-il précisé.

Le président de l’ASSEP a précisé également que la bonne organisation et la communication constituent des déterminants essentiels du succès. « Animés cet esprit, il était important de doter notre association d’une base de données fiables en actualisant la liste des directeurs de publication ; en créant un groupe WhatsApp exclusivement dédié aux informations sur l’ASSEP et une page Facebook. Tout cela permettra d’administrer plus rationnellement la liste des directeurs de publication concernant les opportunités éventuelles à distribuer, d’avoir un canal mieux approprié d’information sans aucune confusion et d’augmenter la visibilité de l’action de l’ASSEP au sein de l’opinion publique », a-t-il souligné.

La commission de relecture des textes mise en place

Pour M. Dao, il n y a pas de regroupement humain prospère sans des règles confortant l’esprit de groupe et préventives de certaines dérives. « Il est regrettable de constater aujourd’hui que les textes qui régissent l’ASSEP ne prennent pas en compte plusieurs évolutions de la réalité. L’ASSEP mérite d’avoir des textes qui répondent à plusieurs questionnements en son sein. Les insuffisances en pratique générale, favorisent le plus souvent la défense des intérêts personnels au détriment de ceux collectifs. Et le défi reste constant de veiller à éviter de tels risques à notre chère association. C’est pourquoi, nous avons décidé de mettre en place en octobre 2022, une commission présidée par la doyenne Maïmouna Traoré, une commission de relecture de nos textes conformément à nos engagements. La commission est ouverte à toutes les propositions d’amélioration des Statuts et Règlement Intérieur de l’ASSEP. Pour rappel, un communiqué de la Commission a même été publié dans ce sens avec une adresse e-mail où toutes les propositions pourront être envoyées. Nous souhaitons que les textes finaux soient le reflet de nos différentes contributions pour une ASSEP mieux organisée et que tous sachent en général à quoi s’en tenir face à différentes situations », a-t-il précisé.

Quid de l’aide à la presse ?

Après avoir rappelé que la dernière aide repartie remonte de janvier 2020, le président de l’ASSEP a souligné : « De cette date à aujourd’hui et conformément aux informations fournies lors de l’AG de la Maison de la Presse, tenue en juin 2022, il y a eu : en 2020 deux virements (33 843 750 et 21 389 800) F CFA ; en 2021 deux virements (38 440 000 et 97 678 400) F CFA et en 2022 un virement (23 690 625) F CFA. Le décret ci-dessus mentionné précise que pour la gestion de l’aide à la presse, une commission est instituée auprès du ministre chargé de la Communication. Au regard des conditions difficiles que vivent les organes de presse d’une manière générale et sur la base de l’évidence que seule la commission instituée gère l’aide, j’ai rencontré le chef département en charge de la question pour lui expliquer les difficultés des organes de la presse et lui dire la nécessité de mettre en place la commission pour la répartition des montants disponibles. Comprenant certainement les difficultés évoquées, il a promis de prendre en compte ma requête et d’engager la procédure. Comme si l’acte a été joint à la parole, la semaine suivant notre entretien, la composition de la commission a démarré. Nous sommes au mois de juillet 2022. »

Vers une aide spéciale !

M. Dao a également fait savoir que dans la même optique, lors d’une prise de contact avec le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, son bureau avait demandé l’octroi d’une aide spéciale pour la presse. « Le chef du gouvernement avait trouvé que la presse au regard de la prépondérance de son rôle mérite cela. En effet, il nous a demandé de travailler avec le département de tutelle dans ce sens et qu’il voudra bien nous recevoir autour des conclusions de nos travaux. Le principe des échanges sur la question avec le ministère chargé de la Communication avait retenu que chaque presse adresse sa demande accompagnée d’une note argumentaire. Pour notre part, nous avons envoyé notre requête pour un montant de 400 millions de F CFA. Un dossier que nous sommes en train de suivre également », a-t-il ajouté.

Des perspectives pour 2023

Au titre des perspectives de 2023, le président de l’ASSEP a déclaré : « Nous prévoyons de mener plusieurs activités dont certaines seront institutionnalisées. Elles serviront, entre autres, à primer le mérite de certains journaux qui se dégagent du lot par leur exemplarité sur certains critères et à exprimer de la reconnaissance aux partenaires qui participent à mieux doter la presse par des abonnements et d’autres types de soutiens de nature à promouvoir la presse en général et la presse écrite en particulier. Les mêmes initiatives doivent contribuer à l’amélioration du niveau des acteurs par une meilleure compréhension des enjeux de développement national par l’instauration d’un cadre de débat et d’échanges. Il s’agira également de créer un pont entre les générations de la presse dans un espace dédié au partage d’expériences. Le management des entreprises de presse est un besoin crucial au sein de la grande famille de la presse. Une session annuelle de renforcement des capacités pour une meilleure gestion de nos entreprises sera organisée.  Les pistes seront explorées pour des activités ponctuelles avec certains partenaires traditionnels de la presse. Pour résumer, nous nous retrouverons en 2023 autour de la tribune de la presse ; les trophées de l’ASSEP ; à l’École de l’expérience ; une session de renforcement des capacités des Dirpub sur le management des entreprises ; une formation sur les métiers du journalisme et enfin une action de Solidarité à l’adresse des directeurs de publication disparus ou malades à l’occasion des fêtes religieuses. »

Ismaël Traoré

Source : Ziré