Paralysie de l’économie pour soutenir Youssouf Bathily : des commerçants disent niet

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Suite à l’arrestation du président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, les opérateurs économiques du Mali avaient menacé de paralyser le secteur du commerce en observant une journée de grève. Une annonce qui a aussitôt provoqué la colère des commerçants détaillants de Bamako qui disent ne pas se reconnaître dans la décision.

Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM),  Youssouf Bathily, a été placé sous mandat de dépôt depuis le mercredi 23 novembre 2022 avec son secrétaire général, Cheick Oumar Camara, et son comptable, Lamine Sacko, par le procureur du Pôle économique et financier, près le tribunal de Grande instance de la Commune Ill de Bamako. Les trois personnes sont accusées ‘’d’atteinte aux biens publics’’ dans le cadre de la gestion du fonds COVID-19 alloué aux secteurs privés.

Des arrestations, qui, visiblement, n’agréent pas des opérateurs économiques du Mali et qui se disent être indignés. Ces derniers menacent incessamment de paralyser le secteur du commerce, à travers l’observation d’une journée de grève si jamais la justice ne libère pas leur patron.

La première menace consistait à aller en grève le vendredi 09 décembre 2022, où les opérateurs promettaient de fermer les commerces, d’immobiliser les transports et services sur l’ensemble du territoire en guise de protestation contre l’inculpation et la mise sous mandat de dépôt du président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, Youssouf Bathily, ainsi que ses collaborateurs.

Une décision foulée au pied !

Si le gouvernement a pris au sérieux cette menace, par contre, au grand marché de Bamako, les commerçants détaillants ont foulé au pied cet appel à la grève des opérateurs. Pour la plupart, ils disent ne pas connaître les inculpés en question dont le premier est censé  être le porteur de leur voix auprès des plus hautes autorités du Mali.

Dans un premier temps, c’est le Mouvement des Commerçants du Mali (MCM) qui a lancé le boycott. « Le Mouvement des Commerçants du Mali (MCM) a appris avec étonnement par voie de presse et sur les réseaux sociaux la menace d’arrêt de toute activité, ce vendredi (09 décembre 2022) des opérateurs économiques. N’ayant pas été consulté pour la prise de telle initiative, le Mouvement des Commerçants du Mali (MCM) invite tous ces militants, sympathisants et tous les commerçants à exercer normalement leurs activités pour la satisfaction du peuple malien »,  a déclaré le MCM.

Au grand marché de Bamako où nous avons fait un tour, l’appel à la grève est considéré comme une insulte aux commerçants détaillants qui n’ont jamais bénéficié, ne serait-ce qu’une simple visite des intéressés depuis qu’ils sont aux affaires. « Je sais qu’on nous prend pour des ignorants, mais pas jusqu’à ce point. Comment des gens qui reçoivent tout ça (fonds COVID-19) en notre nom et ne se soucient même pas de comment les détaillants vivent. Maintenant, ils veulent se servir de nous pour les mêmes problèmes ? C’est un manque de respect à notre égard », a estimé Bouba Diakité, commerçant détaillant au grand marché de Bamako.

« Le Mali – coura rime avec la justice « 

M. Aboubacar Sidiki Simpara est un commerçant grossiste au grand marché de Bamako. Pour lui, il faut que la justice fasse son travail car, a-t-il dit, le Mali – Coura rime avec la justice. « Si Youssouf a été arrêté pour des faits qui lui sont reprochés, c’est à lui de s’assumer, pas nous autres. Si vous réclamez le changement, il faut que la justice fasse son travail. Le Mali – Coura rime avec la justice », a-t-il souligné.

Mme Doumbia Fanta Keïta, est vendeuse des hijabs à Dabanani. Elle a déclaré que rien ne l’empêchera d’ouvrir les portes de son magasin. « C’est ridicule cette demande. Nous ne fermerons jamais nos portes pour des causes aussi stupides. Je peux dire clairement que ça ne nous regarde pas. C’est des gens qui n’ont jamais cherché à savoir comment nous nous débrouillons ici. Donc, qu’ils assument pleinement leurs actes », a-t-elle ajouté.

Certes, le gouvernement est en négociation avec les opérateurs pour éviter tout arrêt de travail suite à cette affaire, mais les commerçants détaillants ont  déjà choisi leur camp. Ils ont bloqué une première tentative et promettent de boycotter une deuxième si jamais leurs responsables continuent de ne défendre que leurs propres intérêts.

Amadou Kodio

Source : Ziré