Incitation au port du casque: moment mal choisi ?

Dans le cadre du respect du code de la route, les autorités Maliennes incitent les usagers des motos au port du casque de protection. Une nouvelle qui a suscité des interrogations au sein de l’opinion nationale surtout en cette période de vie chère où les citoyens crient sur la hausse des produits de première nécessité.

En effet, le ministère des Transports et des Infrastructures, à travers l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), a, par une décision, annoncé le port obligatoire du casque de protection aussi bien par les motocyclistes que par leurs passagers.

La décision précise que le port obligatoire du casque sera appliqué à partir du 1er janvier 2023. À cet effet, des contrôles routiers seront organisés régulièrement dès décembre prochain pour faire respecter cette décision.

Selon l’article 27, alinéa 1 du Code de la route, le port du casque de protection est obligatoire pour les conducteurs de motos et leurs passagers. Cependant, ce passage dans le code de la route semble être zappé par la plupart des usagers des motocyclistes Maliens qui considèrent que ¨le port du casque est un lourd fardeau dans la circulation¨.

Dans une récente évaluation du taux de port de casque de protection réalisée par l’Agence nationale de la Sécurité routière (ANASER) fait état de 8% pour les conducteurs et un taux insignifiant pour les passagers de motos. Ce pourcentage du port du casque de protection est en deçà des attentes du Gouvernement du Mali.

Pendant que le département des transports et des infrastructures et l’Agence Nationale Sécurité Routière sont entrain de multiplier leurs efforts pour limiter le nombre de décès dans les accidents de la circulation à travers des sensibilisations au respect du code de la route, certains usagers ont du mal à comprendre cette soudaine décision du gouvernement à obliger les motocyclistes au port du casque.

« La décision d’’obligation du port du casque prise par nos autorités est une bonne initiative car le casque sauve des vies et protège la tête contre le traumatisme crânien en cas d’accident. Mais les autorités doivent tenir compte de la règlementation des prix des casques, car le malien aime profiter de la situation. Le casque que j’ai acheté en Juillet dernier à 10.000f est à 15.000f aujourd’hui voir une augmentation de 5000f. Pensez-vous que cela encouragerait les Maliens à s’en procurer pendant qu’ils peinent à mettre sous les dents les repas quotidiens?», a martelé un usager de motocycliste.

Le casque motocyclistes en cas d’accident protège la tête du conducteur de beaucoup de dangers et, sauve la vie du cyclomotoriste (traumatisme crânien qui provoque le trouble de la conscience et peut même susciter de graves lésions aux séquelles sensorielles, motrices, ou encore cognitives). Les cyclomotoristes qui ne portent pas de casque motocyclistes, en cas d’accident routier survenus, s’exposent facilement à des risques de choc et d’hémorragie cérébrale avec des séquelles très lourdes d’ordre neurologique (la paralysie, trouble cognitif, pertes de mémoire, épilepsie).

Par ailleurs, il faudrait que l’Etat en plus de faire appliquer le port du casque motocycliste, sensibilise les usagers des engins à deux ou trois roues de respecter scrupuleusement le code de la route et d’emprunter les pistes motocyclistes et cyclables. Également qu’il exige auprès des importateurs de cyclomoteurs de vendre la moto avec son casque de protection, exiger aux usagers des motocyclistes de rouler avec les deux rétroviseurs vendus avec la moto. Car en portant son casque, il est difficile pour le conducteur de regarder de gauche à droite.

D’autres estiment qu’il serait prudent d’exposer nos visages en cette période de crise sécuritaire. Alassane Kassambara est un garagiste au niveau du parc à bétail de Faladié. Si notre interlocuteur est d’avis que le port de casque est une bonne chose, cependant il pense que l’obligation au port du casque pourrait aussi servir de moyen de camouflage aux individus mal intentionnés   compte tenu de la crise sécuritaire que le pays traverse, cette décision est mal venue.

« Il est évident que le port du casque permet de nous protéger en cas d’accident, mais, actuellement avec l’insécurité, ce n’est pas le moment d’obliger les motocyclistes au port du casque. Chacun cherche maintenant comment survivre », confie-t-il. Ajoutant que ce n’est pas le bon moment d’imposer le port de casque.

Drissa Pergourou un autre motocycliste explique que le moment est mal choisi pour rendre obligatoire le port du casque. « A mon avis il fallait attendre le moment opportun pour imposer à la population une telle décision. Le pays va mal, les citoyens ont faim, on veut manger d’abord les gens n’ont même pas fini avec le problème de cherté de la vie que d’acheter un casque », souligne-t-il.

Oumar Sawadogo

Source: Le SOFT