Troisième réunion du groupe de soutien à la transition au Mali : les décisions de Lomé

Le groupe de soutien à la transition  au Mali (GSTA-Mali) a tenu à Lomé, (Togo) le 6 septembre 2022 sa troisième rencontre, destinée à faire le suivi –évaluation de l’évolution du processus de transition. Au terme de cette rencontre, un certain nombre de décisions ont été prises.  

Cette réunion intervient plus d’un an après la précédente tenue le  08 mars 2021. Elle constitue un cadre de travail pour le suivi-évaluation de l’évolution du processus de transition en cours , notamment les avancées réalisées dans les réformes politiques et institutionnelles, l’état de la préparation des élections générales, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, la situation économique ainsi que les défis liés aux questions humanitaires, de défense et de sécurité du Mali.

A l’issue de la réunion, des résolutions ont été prises dont entre autres la condamnation  des attaques terroristes perpétrées contre la population civile, les Casques bleus de la MINUSMA, les Forces de défense et de sécurité maliennes et un appel  à une synergie d’actions et à une coopération renforcée pour lutter efficacement contre les Groupes armés terroristes (GAT) dans le pays et dans la région. La réunion a salué les efforts déployés par les Autorités maliennes de transition pour renforcer les capacités opérationnelles des Forces de Défense et de Sécurité maliennes et les résultats obtenus dans la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent et la criminalité transnationale organisée.

Le groupe de soutien a en outre réitéré son appel à soutenir les efforts du Mali, conformément à ses priorités articulées et à ses besoins. La réunion a « salué les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, en particulier la tenue de la Deuxième réunion de niveau décisionnel (RND) en août 2022 à Bamako, au cours de laquelle les parties maliennes ont poursuivi le dialogue visant à obtenir des résultats tangibles sur les questions de DDR (Désarmement-Démobilisation-Réinsertion), les réformes politiques et institutionnelles liées à la révision constitutionnelle.

La réunion a noté que la Deuxième Réunion de Niveau Décisionnel a soutenu les Maliens pour parvenir à un accord sur la répartition du quota global pour l’intégration de 26.000 ex-combattants, dont 13.000 entre 2023 et 2024 dans les corps constitués de l’État ».

Le GSTA a exhorté les parties prenantes maliennes à poursuivre la dynamique dans un esprit de fraternité, de compromis et de consensus pour relever les défis auxquels le pays est confronté, notamment la lutte contre le terrorisme et l’insécurité. Tout en reconnaissant le rôle central de la MINUSMA dans le soutien aux efforts de stabilisation, y compris l’appui aux processus électoraux antérieurs, la réunion a lancé un appel spécifique aux institutions régionales et internationales concernées, notamment l’UEMOA, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), l’Union européenne, le FMI, la Banque mondiale, le système des Nations Unies, l’OIF, l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), la Banque Interaméricaine de Développement (BID), la CEDEAO et l’UA, ainsi que les pays partenaires du Mali, à prendre toutes les mesures, afin de consolider leur appui politique, économique, technique et financier à la République du Mali pour la mise en œuvre effective de ses programmes et activités. Compte tenu de ce qui précède, la réunion a demandé à l’UA, à la CEDEAO et à l’ONU de soutenir les efforts des Autorités de transition du Mali en vue d’un retour harmonieux à l’ordre constitutionnel.

Enfin, les participants à la rencontre ont décidé de tenir la réunion du groupe de sourient à la transition se tiendra i à Bamako, en décembre 2022.

Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères, dont le pays préside le  Groupe de soutien à la transition au Mali, appelle à la solidarité pour contrer l’avancée du terrorisme dans la sous-région ouest-africaine.

Pour lui, s’il est vrai que c’est à chaque Etat qu’il revient de garantir la sécurité à sa population, une part de responsabilité est entre les mains des membres du Groupe de soutien à la transition au Mali.

« Il y va de la sécurité de notre sous-région. De ce point de vue, je voudrais appréhender ce groupe de soutien que nous constituons non seulement comme la manifestation d’une solidarité envers un pays frère, mais également comme un engagement responsable pour le mieux-être de la sous-région toute entière », a déclaré le chef de la diplomatie togolaise.

Robert Dussey a ajouté que la période de transition ne devrait pas se résumer seulement à l’organisation des élections, mais elle pourrait servir à poser les jalons d’un changement plus durable dans la gouvernance du pays.

Mémé Sanogo

Source : L’Aube