ACI : la gestion bananière se poursuit

L’Administrateur provisoire, sous influence  du précédent PDG, avait instauré un honteux système discriminatoire sur fond d’exclusion et de clanisme. À un point tel que les collaborateurs sont distingués en  mauvais et loyaux serviteurs, en mercenaires et objecteurs de conscience. Et tout indique, à en croire nos confidences, que les précurseurs de ce système machiavélique continuent de s’immiscer dans la gestion de l’Agence et d’en tirer les ficelles alors même qu’aucun n’est censé relever de cette boîte. En clair, Mamadou Tiéni Konaté n’est plus le PDG de l’ACI et le régime d’administration provisoire, sous la conduite d’un certain Amadou Maiga, est révolu. Leurs anciens collaborateurs subodorent, toutefois, les relents d’une vicieuse intelligence à l’effet de protéger de bruyantes arrières et indélicatesses. Et pour l’accomplissement de quelques sales besognes, explique-t-on, ce ne sont pas les satellites qui font défaut dans leur ancienne structure où l’intérimaire actuelle a fait office de supplétif sous l’égide de tous les deux responsables.

Autant dire qu’hier comme aujourd’hui, les fantômes de la gabegie n’ont pas fini de hanter l’ACI et se manifestent à travers une désinvolture budgétaire très insultante pour les sacrifices consentis par un personnel auquel la privation et le sevrage sont constamment infligées au nom d’une restructuration factice.

 Austérité à sens unique

Nos sources indiquent, en effet, que le personnel de l’ACI est allé jusqu’à s’accommoder du renoncement à ses droits à l’avancement – ainsi qu’à moult autres avantages – pendant que son directoire s’arroge des dépenses aussi coûteuses qu’improductives telles les commandes massives de gadgets boudés par des employés excédés par une telle démesure. Face à la déconvenue, le directoire intérimaire, confie-t-on, sévit comme souvent par dépit, en remettant le couvert au détour du mois de Ramadan, par des achats de quantité de vivres (sucre, huile, etc.) gracieusement offerts à des bénéficiaires loin d’être les plus nécessiteux. Au nombre desquels figurent des avocats de la Société mais aussi des membres du département de tutelle vis-à-vis desquels cette générosité de l’ACI serait motivée par les convoitises du poste de PDG. Et dire que la bataille acharnée pour ce fauteuil vacant résulte, selon toute évidence, des alléchants émoluments et avantages salariaux instaurés du temps de Mamadou Tiéni Konaté et qui on atteint leur paroxysme avec l’administration provisoire, laquelle s’arrosait de milliers de litres en dotation mensuelle de carburant. Au même moment, les travailleurs sont exhortés à la résilience à coups de discours lénifiants sur des difficultés de la société qui ne leur sont pas imputables.

 Une tradition de violation tous azimuts

Lesdites difficultés plutôt du fait, selon les témoignages concordants, d’une gestion catastrophique sur fond d’opacité et de clanisme qui cachent mal les nombreuses malversations sous le poids desquels l’ACI continue de ployer : violation des procédures de calcul des prix et de cession vente des parcelles, de création de titres, entre autres, au mépris souverain des avertissements et mises en garde des plus hautes autorités. Ce n’est pas tout. Les manquements ont également pour nom ces créations discriminatoires de parcelles vendues qu’un cadre de la boîte dénonce  ci-dessous avec indignation et étonnement : «C’est une même structure qui se charge à la fois de fixer les prix des parcelles et de les vendre, de jouer en même temps le rôle de Division domaniale et du cadastre et de déterminer les  parcelles à créer selon la tête du client».

Le même clientélisme a prévalu, selon nos sources, à la passation d’un marché d’Audit octroyé de gré à gré à un cabinet étranger au détriment de la préférence nationale. Idem pour un autre contrat de bail avec promesse de vente crapuleusement passé avec un opérateur économique de la place, lequel est sur le point d’obtenir par bradage le Complexe commercial de l’ACI.

Le mutisme et l’inertie suspects du département tutelle

Il nous revient que toutes ces dérives avaient pourtant fait l’objet de dénonciations et de nombreuses sonnettes d’alarme de la part du comité syndical envers lequel le département de tutelle avait pris l’engagement ferme de prendre en compte les préoccupations du personnel de l’ACI sur la gouvernance chaotique. Par-delà les violations de procédures de cession, les dépenses onéreuses dans le confort du directoire et les retraits abusifs de parcelles aux conséquences judiciaires inestimables, les  préoccupations des travailleurs avaient trait également à la compétence très douteuse ou approximative des ressource humaines retenues pour certaines responsabilités stratégiques. Faute d’éléments convaincants sur son profil, l’actuelle DGA est ainsi décriée par nombre de collaborateurs persuadés qu’elle doit sa place à sa proximité avec un certain mouvement islamiste de la place et par les manœuvres de l’ancien PDG. Les mêmes présomptions pèsent sur l’expertise d’une autre Directrice de département en provenance d’une banque d’où elle serait virée pour des motifs peu enviables. Quant cette autre responsable des Ressources Humaine, il lui est reproché d’avoir accédé à ce poste sans les qualifications requises, de même que les travailleurs s’étonnent de la présence dans leurs rangs d’une consultante grassement rémunérée pour le compte de la tutelle, depuis l’avènement de l’administration provisoire. De quoi assimiler le mutisme du département à une onction à l’incurie qui caractérise la gestion de l’Agence cessions immobilières ainsi que du sort qui la guette.

A KEÏTA

Source : Le Témoin