Après la mise en place du gouvernement, plus de temps à perdre. Certes, les sanctions de la CEDEAO, de l’Union africaine et de la Communauté internationale demeurent toujours, mais pour autant les autorités de la transition doivent se mettre au travail. Surtout quand on sait que pour l’heure, elles ont le soutien d’une grande partie du peuple. Ce qui favorise largement la bonne marche de la transition. Il s’agit de la poursuite de la mise en œuvre de la feuille de route.
Mais vu le temps, si les autorités veulent respecter la période de la transition, elles doivent forcément se concentrer sur trois points prioritaires. Il s’agit de la sécurisation de l’ensemble du territoire national, la promotion de la bonne gouvernance et l’organisation des élections référendaire et présidentielle.
Le premier point prioritaire concerne la question sécuritaire. Sans la sécurisation du territoire, il n’y aura pas de paix, ni de scrutin crédible à la fin de la transition. Aussi, faut-il toujours le rappeler, cette situation sécuritaire est la source de tous les maux auxquels le pays est actuellement confronté ? Les colonels doivent également savoir que, s’ils sont acceptés au pouvoir, malgré les sanctions contre le pays, c’est parce que le peuple estime qu’ils sont les mieux placés pour trouver une solution durable à la crise sécuritaire. Donc, l’organisation des élections crédibles, fiables et transparentes, l’instauration d’un système de bonne gouvernance, bref la réussite de la transition de manière générale, en dépend totalement.
Le deuxième point prioritaire est relatif à la promotion de la bonne gouvernance. Une fois que le processus de la sécurisation du territoire est amorcé, le gouvernement doit strictement veiller sur le denier public. C’est le seul moyen pour lutter contre la corruption et la délinquance financière qui constituent également l’une des causes de la crise de confiance entre les autorités et le peuple et l’effondrement de l’autorité de l’Etat. Donc, pour rétablir cette autorité, il faut d’abord améliorer le système de gouvernance en vue d’instaurer la confiance entre le peuple et les autorités. C’est le moment idéal pour mener cette rupture.
La mise en œuvre des deux premiers points permettra d’organiser des scrutins crédibles, sécurisés, fiables et transparents. Mais le mieux pour les autorités serait de s’en tenir uniquement aux élections référendaire et présidentielle. Le référendum, parce que la transition est la période la mieux indiquée pour pouvoir tenir ce scrutin, après l’échec de deux tentatives initiées respectivement par le feu président Amadou Toumani Touré et l’ancien président, Ibrahim Boubacar Kéita. Aussi, la plupart des observateurs est unanime qu’un président légitimement élu pourra difficilement réussir ce processus.
Enfin, les autorités de la transition doivent se mettre dans l’évidence que seule l’organisation du référendum pour passer à une nouvelle république avec un nouveau système politique et de gestion adaptés aux réalités de l’heure, ainsi que la tenue de l’élection présidentielle marquant la fin de la transition, qui sont obligatoires. Toutes les autres échéances électorales peuvent attendre les prochaines autorités qui seront légitimement et démocratiquement mises en place. Donc, les trois prioritaires permettront aux autorités de la transition de se consacrer à l’essentiel qui est réalisable durant le reste de la période de la transition.
A côté de ces trois priorités, les autres points de la feuille de route peuvent être également amorcés sans pourtant exiger leurs exécutions avant la fin de la transition. Il s’agit, entre autres, de la refonte du système éducatif ; de l’adoption d’un pacte de stabilité sociale ; de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation…
Ousmane BALLo
Source : Ziré

