BAD : 468 milliards de FCFA pour le Mali

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La Banque africaine de développement prévoit de mobiliser 800 millions de dollars, soit environ 468 milliards de FCFA, pour le Mali entre 2026 et 2031. Les projets ciblés concernent les infrastructures, l’énergie, les transports, l’agriculture et les investissements privés. Le plan met aussi l’accent sur la création d’emplois et sur la transformation structurelle de l’économie malienne.

La Banque africaine de développement (BAD) veut renforcer son accompagnement du Mali au cours des cinq prochaines années. À travers son Document de stratégie pays (DSP) 2026-2031, approuvé en avril 2026, la BAD ambitionne de mobiliser 800 millions de dollars, soit près de 468 milliards de FCFA. Cette enveloppe combinerait les ressources propres de la Banque avec les financements obtenus auprès d’autres partenaires.

L’objectif est de soutenir les investissements structurants, d’améliorer les infrastructures et de stimuler le développement du secteur privé. Le financement de la croissance reste un enjeu majeur pour l’économie malienne.

Cette ambition a été évoquée lors d’une rencontre entre une mission du Fonds monétaire international (FMI) et les responsables de la BAD au Mali, le mardi 6 octobre 2026, dans les locaux de la BAD à Bamako. Les échanges portaient sur les perspectives macroéconomiques du Mali, les priorités d’investissement et les réformes nécessaires pour accélérer le développement économique.

La réunion a réuni Cédric Achille Mbeng Mezui, responsable pays de la BAD au Mali, et Ivohasina Fizara Razafimahefa, chef de mission du FMI pour le Mali.

Le développement d’infrastructures résilientes est l’un des piliers du nouveau cadre d’intervention de la BAD. Les secteurs de l’agriculture, des transports et de l’énergie ont une place importante, en accord avec la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033.

Pour la BAD, ces investissements doivent renforcer les capacités productives du Mali, améliorer les conditions d’activité des entreprises et soutenir une croissance durable.

« Le nouveau Document de stratégie pays nous donne un cadre pour mobiliser davantage de financements, développer des infrastructures résilientes et accroître notre engagement avec le secteur privé », a déclaré Cédric Achille Mbeng Mezui.

Au-delà des orientations générales, la BAD prévoit des interventions concrètes à court terme. Son Programme indicatif opérationnel triennal 2026-2028 prévoit cinq opérations souveraines, pour un montant total de 419,37 millions de dollars, soit environ 246,2 milliards de FCFA.

Ce programme est une composante importante des financements envisagés sur la période. Sa mise en œuvre doit toutefois se traduire par des projets réellement engagés, exécutés et capables de produire des retombées économiques mesurables.

La stratégie de la BAD ne se limite pas aux investissements publics. La BAD souhaite aussi élargir son intervention en faveur des entreprises, avec une attention particulière pour la création d’emplois destinés aux jeunes.

Dans cette perspective, la BAD continue d’identifier des projets dans le domaine de l’intermédiation financière. Elle a aussi institué un cadre de concertation avec le Conseil national du patronat du Mali pour renforcer les échanges avec le secteur privé et mieux identifier les besoins des opérateurs économiques.

Cette orientation reflète la volonté de favoriser une plus grande participation des entreprises au financement de l’activité économique. L’enjeu est d’améliorer l’accès aux ressources financières, de soutenir l’investissement productif et de développer des activités qui génèrent des emplois.

La BAD veut aussi explorer les possibilités offertes par la diaspora malienne. La cartographie de ses ressources, l’identification de filières porteuses et le repérage de chaînes de valeur susceptibles d’attirer des capitaux vers le secteur productif figurent parmi les pistes de travail envisagées.

Près de 281 milliards de FCFA d’engagements actifs

La nouvelle stratégie s’appuie sur une présence de la BAD au Mali depuis longtemps. Depuis 1974, la BAD a approuvé environ 117 projets, pour un montant cumulé de 3,2 milliards d’unités de compte, soit près de 4,3 milliards de dollars.

Le portefeuille actif compte actuellement 15 projets, dont 14 du secteur public. Les engagements associés totalisent 352,82 millions d’unités de compte, équivalant à environ 478 millions de dollars, soit près de 280,6 milliards de FCFA.

Ces chiffres montrent l’importance du financement de la BAD pour soutenir les politiques de développement au Mali. Les prochaines interventions devraient consolider les investissements dans l’énergie et les infrastructures routières, tout en favorisant le développement des compétences.

L’enjeu ne repose pas seulement sur le volume des financements annoncés. La qualité de la préparation des projets, la capacité d’absorption des ressources, la rapidité d’exécution et les résultats obtenus seront déterminants pour maximiser les retombées sur l’économie nationale.

La rencontre entre la BAD et le FMI a permis d’échanger sur la situation macroéconomique du Mali et sur les priorités d’investissement définies par les autorités nationales.

Pour Ivohasina Fizara Razafimahefa, ces discussions aident la BAD et le FMI à mieux comprendre les enjeux économiques du Mali et les interventions prévues par les partenaires au développement.

La BAD et le FMI souhaitent poursuivre leur dialogue sur les réformes qui pourraient favoriser la transformation structurelle de l’économie malienne, conformément à la Vision Mali Kura 2063 et à la SNEDD 2024‑2033.

Cette coordination est importante pour renforcer la cohérence des interventions financières et soutenir les efforts des autorités maliennes en matière de développement économique.

Avec près de 468 milliards de FCFA visés à l’horizon 2031, la BAD montre une ambition importante pour le financement du développement au Mali. Mais cette enveloppe est un objectif de mobilisation de ressources, et non un montant déjà acquis ou déjà décaissé.

Sa réalisation dépendra surtout de l’avancement des projets, de la disponibilité des cofinancements et de la capacité des différents acteurs à transformer les engagements financiers en résultats tangibles.

Pour l’économie malienne, les résultats attendus se mesureront à l’amélioration des infrastructures, au renforcement des capacités productives, à l’accès à l’énergie, au développement des entreprises et aux emplois créés.

La réussite du DSP 2026‑2031 reposera sur deux impératifs : mobiliser les financements annoncés et garantir leur utilisation efficace pour une croissance durable et inclusive.

Ousmane BALLO

Source : Le Capital

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