Bassin de la Volta : Bamako veut relancer la coopération régionale autour de l’eau

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Réunis à Bamako depuis le 12 octobre 2026, les experts de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) préparent la huitième session ordinaire du Conseil des ministres, prévue le 16 octobre. Après plusieurs années sans session ordinaire, cette rencontre doit permettre de faire le bilan de l’institution, d’examiner ses difficultés de fonctionnement et de définir de nouvelles orientations pour une gestion durable et concertée des ressources en eau partagées par six pays ouest-africains.

La gestion des ressources en eau transfrontalières revient au cœur de l’agenda de la coopération régionale. À Bamako, le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Tiemoko Traoré, a donné, le lundi 12 octobre 2026, le coup d’envoi des travaux du Comité technique des experts de l’Autorité du Bassin de la Volta. Cette réunion préparatoire doit baliser le terrain avant la huitième session ordinaire du Conseil des ministres de l’organisation, annoncée pour le 16 octobre.

L’enjeu dépasse le cadre administratif. Il s’agit de redynamiser une institution régionale chargée de promouvoir la gestion concertée, équitable et durable des ressources en eau du bassin de la Volta, tout en renforçant son rôle dans le développement économique et social des pays membres.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de l’Honorable Hassane Sidibé, président de la Commission Eau, Mines et Énergie du Conseil national de Transition, du directeur exécutif de l’ABV, Robert Y. Dessouassi, du coordonnateur de la Structure focale nationale de l’ABV au Mali, Sékou Diarra, ainsi que du président du Bureau régional de la Coordination des usagers du bassin de la Volta.

Créée le 19 janvier 2007, l’ABV regroupe six États : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo. Sa mission consiste à favoriser une gestion intégrée et durable des ressources en eau du bassin, dans un esprit de solidarité et de coopération entre les pays riverains.

Avec une superficie d’environ 398 390 km², le bassin de la Volta constitue l’un des grands ensembles fluviaux transfrontaliers d’Afrique subsaharienne. Ses ressources sont essentielles à la vie de près de 35 millions de personnes. Elles soutiennent notamment l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’approvisionnement en eau et la production d’énergie.

Cette importance économique et sociale rend indispensable une coordination efficace entre les États concernés. La gestion des ressources partagées nécessite des mécanismes institutionnels opérationnels, des décisions concertées et une prise en compte des besoins des populations qui en dépendent.

La rencontre de Bamako revêt un caractère particulier : aucune session ordinaire du Conseil des ministres de l’ABV ne s’est tenue depuis 2019, selon les informations communiquées à l’ouverture des travaux.

Les experts sont ainsi appelés à examiner plusieurs dossiers déterminants pour l’avenir de l’organisation. Parmi eux figurent le bilan des activités réalisées depuis 2019, les rapports d’audit externe, le projet de plan de travail biennal 2027-2028 et les études consacrées au renforcement des capacités institutionnelles.

L’objectif est de dresser un état des lieux du fonctionnement de l’Autorité, d’identifier les acquis, de comprendre les difficultés rencontrées et de proposer des mesures réalistes pour améliorer son efficacité.

Les conclusions et recommandations des experts serviront de base aux délibérations du Conseil des ministres. La session du 16 octobre devrait ainsi offrir aux représentants des États membres l’occasion de fixer les orientations nécessaires à la relance des activités de l’institution.

Tiemoko Traoré appelle à une nouvelle dynamique institutionnelle

Pour le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, l’examen des dossiers ne doit pas se limiter à un exercice administratif. Il doit permettre de poser les fondements d’une nouvelle dynamique institutionnelle.

Tiemoko Traoré a notamment insisté sur la nécessité de bâtir une coopération reposant sur la confiance, l’équité, le respect des intérêts légitimes de chaque État et la recherche d’avantages mutuels.

Il a invité les experts à faire preuve de rigueur, d’objectivité et de responsabilité dans l’examen des dossiers, tout en privilégiant le dialogue constructif et la recherche du consensus.

Cette approche vise à renforcer la capacité de l’ABV à remplir ses missions et à faire de la gestion partagée de l’eau un facteur de rapprochement entre les pays membres. Dans un contexte où les ressources naturelles représentent un enjeu stratégique pour les économies et les populations, la qualité de la coopération régionale devient déterminante.

À l’occasion de l’ouverture des travaux, le ministre a également réaffirmé l’attachement du Mali aux principes de souveraineté, de solidarité et de coopération entre les nations africaines.

Sous la direction du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, le pays entend poursuivre son engagement en faveur de la valorisation durable des ressources naturelles et d’une coopération régionale fondée sur le respect mutuel.

Pour Bamako, cette ambition doit se traduire par des initiatives concrètes, capables de renforcer les capacités de l’ABV et d’apporter des réponses aux besoins des communautés dépendantes du bassin.

Au terme des travaux préparatoires, la responsabilité des experts sera donc de soumettre aux ministres des propositions susceptibles de redonner un nouvel élan à l’organisation.

La session du 16 octobre constituera une étape importante pour l’avenir de l’Autorité du Bassin de la Volta. Au-delà des décisions institutionnelles attendues, le défi sera de consolider la coopération entre les six États et de faire de la gestion durable de l’eau un véritable levier de développement partagé en Afrique de l’Ouest.

IB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 14/10/2026 by Ousmane BALLO

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