À l’ouverture de la session budgétaire, le Conseil national de Transition entend renforcer le contrôle de l’action publique et examiner les priorités du Gouvernement dans un contexte marqué par les contraintes sécuritaires et les attentes sociales.
Le Conseil national de Transition (CNT) a ouvert, lundi 5 octobre 2026 à Bamako, sa session ordinaire d’octobre, consacrée principalement à l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Cette session, qualifiée de « session budgétaire », intervient dans un contexte particulièrement exigeant pour le Mali, confronté à la nécessité de financer simultanément les impératifs de défense et les besoins sociaux des populations.
Dans son discours d’ouverture, le président du CNT a appelé à l’adoption d’un budget équilibré et flexible, prenant en compte les aspirations des populations tout en respectant les principes de bonne gestion publique. Selon lui, l’enjeu dépasse la simple adoption de chiffres : il s’agit de transformer les choix budgétaires en engagements concrets au bénéfice des citoyens.
Le projet de loi de finances 2027 devrait concentrer l’essentiel des débats parlementaires. Le CNT devra notamment examiner les grandes masses budgétaires, les priorités gouvernementales et la cohérence des choix opérés avec les orientations déjà discutées lors du débat d’orientation budgétaire de juin 2026.
Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2027-2029, adopté en Conseil des ministres le 10 juin, avait fixé les principales orientations pour les trois prochaines années : perspectives de croissance, mobilisation des recettes, trajectoire des dépenses et évolution du déficit. Le CNT entend désormais vérifier la cohérence entre ces orientations et les crédits proposés dans le budget 2027.
La question de la performance devrait également occuper une place importante. Depuis le passage au budget-programme, les parlementaires ne se limitent plus à examiner les montants alloués. Ils doivent également apprécier les objectifs fixés aux différents programmes et les résultats attendus.
Le débat budgétaire se déroulera dans un environnement marqué par les impératifs sécuritaires. Le président du CNT a souligné la nécessité de concilier les dépenses liées à la défense du territoire avec les attentes des populations en matière d’éducation, de santé, d’eau, d’énergie et d’emploi.
Dans ce contexte, le contrôle parlementaire devra porter sur l’efficacité et la pertinence des dépenses publiques. « Contrôler, ce n’est pas s’opposer », a rappelé le président du CNT, estimant que le contrôle constitue un moyen d’aider l’action publique à atteindre ses objectifs.
Plus d’une trentaine de textes au programme
Outre le projet de loi de finances, la session devrait examiner plus d’une trentaine de projets de loi, parmi lesquels des textes déjà renvoyés lors de sessions précédentes et de nouveaux projets soumis par le Gouvernement.
Le CNT devra également procéder à une seconde délibération de plusieurs lois organiques relatives notamment à la Cour constitutionnelle, à la Cour suprême, à la Cour des comptes, au Conseil supérieur de la Magistrature et aux langues nationales. Ces textes doivent intégrer les observations formulées lors du contrôle de constitutionnalité.
L’éducation constitue également l’un des sujets mis en avant lors de cette rentrée parlementaire. Le président du CNT a appelé à créer les conditions nécessaires pour permettre aux enfants de retrouver les salles de classe, notamment dans les zones où l’insécurité a entraîné la fermeture d’écoles.
La formation de la jeunesse apparaît parallèlement comme un enjeu stratégique. Le CNT a salué l’inauguration, le 21 septembre 2026, du Centre d’Intelligence artificielle et de Robotique du Mali (CIAR-Mali), présenté comme un outil destiné à renforcer la culture scientifique et les compétences numériques des jeunes.
Le discours d’ouverture a également accordé une place importante à la coopération entre les trois pays de la Confédération des États du Sahel. La session inaugurale et la première session ordinaire des parlements de la Confédération, tenues à Niamey du 24 au 29 août 2026, ont notamment porté sur la sécurité, la coopération policière, le partage du renseignement, la libre circulation des personnes et des biens ainsi que l’information et les médias.
Sur le plan national, le CNT entend ainsi faire de cette session budgétaire un moment majeur de contrôle, de débat et d’orientation de l’action publique. Avec une durée maximale de 75 jours, les parlementaires disposent d’un calendrier limité pour examiner le budget 2027 et les nombreux textes inscrits à l’ordre du jour.
L’enjeu sera désormais de traduire les priorités affichées en choix budgétaires cohérents et en résultats mesurables, dans un contexte où la défense du territoire et l’amélioration des conditions de vie des populations constituent, selon le CNT, deux exigences complémentaires.
OB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 06/10/2026 by Ousmane BALLO
