Le gouvernement burkinabè revoit à la hausse son budget pour l’exercice 2026. Réuni en Conseil des ministres le 23 juillet, l’exécutif a adopté un projet de loi de finances rectificative qui porte le budget de l’État de 3 918 milliards à 4 215 milliards de FCFA (environ 7,32 milliards de dollars). Cette révision traduit les bonnes performances enregistrées dans la mobilisation des recettes publiques au cours du premier semestre.
Le Burkina Faso poursuit sa stratégie de consolidation de ses finances publiques. Selon la ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako/Traoré, cette loi de finances rectificative est justifiée par les résultats encourageants obtenus en matière de collecte des ressources internes.
Les recettes budgétaires sont ainsi revues à la hausse, passant de 3 431 milliards à 3 728 milliards de FCFA, soit une progression de près de 297 milliards de FCFA. Cette dynamique améliore également l’épargne budgétaire, qui atteint désormais 908 milliards de FCFA, contre 669 milliards prévus dans la loi de finances initiale.
Malgré cette augmentation des recettes, le gouvernement maintient son objectif de discipline budgétaire en conservant le déficit à 2,6 % du produit intérieur brut (PIB), un niveau conforme à sa trajectoire de stabilité macroéconomique.
Au-delà des ajustements comptables, cette révision budgétaire traduit des choix stratégiques. Le Conseil des ministres indique que les ressources supplémentaires permettront notamment de soutenir l’offensive agropastorale et halieutique engagée par les autorités.
Le gouvernement prévoit également de renforcer les capacités des entreprises évoluant dans les filières agricoles, pastorales et halieutiques, considérées comme des secteurs essentiels pour la sécurité alimentaire, la création d’emplois et la réduction de la dépendance aux importations.
Une économie soutenue par le dynamisme du secteur minier
Cette amélioration des finances publiques intervient dans un contexte de reprise économique. Le Fonds monétaire international (FMI) estime que la croissance du Burkina Faso est passée de 4,8 % en 2024 à 5,3 % en 2025.
Cette progression est principalement attribuée aux performances du secteur minier, stimulées par la hausse des cours internationaux de l’or, qui a favorisé une augmentation de la production et des exportations.
Fort de cette dynamique, le gouvernement entend accélérer la mise en œuvre de son Plan national de développement (RELANCE) 2026-2030, qui ambitionne de renforcer la souveraineté économique du pays à travers une meilleure mobilisation des ressources internes, l’industrialisation, la transformation agro-sylvo-pastorale, le développement des infrastructures, la promotion de l’emploi des jeunes et l’amélioration de la gouvernance publique.
Malgré ces indicateurs encourageants, les perspectives économiques demeurent confrontées à plusieurs facteurs de vulnérabilité.
L’économie burkinabè reste fortement dépendante des secteurs extractif et agricole, deux activités sensibles aux fluctuations des prix internationaux des matières premières, aux effets des changements climatiques ainsi qu’à la persistance des défis sécuritaires.
Sur le plan du développement humain, les progrès restent également limités. La Banque mondiale rappelle que, selon le Rapport 2025 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Burkina Faso occupe la 186ᵉ place sur 193 pays à l’Indice de développement humain (IDH), illustrant l’ampleur des efforts encore nécessaires en matière de santé, d’éducation et de niveau de vie.
En adoptant cette loi de finances rectificative, le Burkina Faso envoie un signal de confiance quant à la capacité de son administration à mobiliser davantage de ressources domestiques tout en maintenant une gestion prudente des finances publiques. La hausse du budget devrait offrir au gouvernement une marge de manœuvre supplémentaire pour financer ses priorités économiques et sociales, dans un contexte où la résilience économique demeure un enjeu majeur pour le pays.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 27/07/2026 by Ousmane BALLO
