En déplacement à Ouahigouya, dans la région du Yaadga, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a livré un discours mêlant fermeté politique, mobilisation sécuritaire et lutte contre l’extrémisme religieux. Face aux forces vives de la région, le chef de l’État a tenu à clarifier sa vision du pouvoir, à écarter toute comparaison avec les événements de 1987 et à réaffirmer son engagement en faveur de la restauration de la sécurité.
Au cœur de son intervention, Ibrahim Traoré a insisté sur l’unicité du commandement à la tête de l’État burkinabè. Répondant aux analyses établissant un parallèle entre son arrivée au pouvoir en septembre 2022 et les épisodes politiques ayant conduit Thomas Sankara à la présidence en 1983, il a rejeté toute analogie.
« Le contexte que nous vivons n’est pas celui de 1987 », a-t-il déclaré, rappelant avoir lui-même pris part aux opérations ayant abouti au changement de régime.
Le président a surtout martelé qu’aucune ambiguïté ne devait subsister sur l’exercice du pouvoir. « Il n’y a ni numéro un, ni numéro deux. Il n’y a pas deux capitaines dans un même bateau », a-t-il affirmé, dénonçant les discours susceptibles, selon lui, d’alimenter des divisions au sein de son entourage.
Le chef de l’État a également adopté un ton particulièrement ferme à l’égard des responsables appelés à travailler à ses côtés. Réaffirmant sa ligne de conduite, il a prévenu que tout manquement serait sanctionné.
« Tous ceux qui travaillent avec moi connaissent ma ligne de conduite. J’ai une mission. Si quelqu’un fait une erreur, je le materai sans état d’âme », a-t-il déclaré, affichant sa volonté d’imposer une discipline stricte au sein de l’appareil d’État.
Sur le front sécuritaire, Ibrahim Traoré a estimé que les efforts entrepris depuis son accession au pouvoir avaient permis d’améliorer progressivement la situation sur le terrain.
Il a notamment évoqué la réouverture de plusieurs axes routiers autrefois sous la menace des groupes armés, y voyant un signe des avancées enregistrées par les Forces de défense et de sécurité, avec l’appui des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Le président a appelé les populations à maintenir leur mobilisation aux côtés des forces engagées dans la lutte contre le terrorisme, se disant convaincu que « l’ennemi ne peut pas nous vaincre ».
Abordant la dimension idéologique du terrorisme, le président burkinabè a pointé du doigt l’extrémisme religieux comme l’une des principales sources de la violence qui frappe le pays.
Il a annoncé un renforcement des actions gouvernementales visant à contenir les discours radicaux et indiqué que des imams modérés seront mobilisés afin de contribuer à la formation de leurs pairs, dans le but de promouvoir un islam prônant la paix, la tolérance et le vivre-ensemble.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large des autorités burkinabè, qui entendent associer les leaders religieux à la prévention de la radicalisation, en complément des opérations militaires menées contre les groupes armés.
À travers cette intervention à Ouahigouya, Ibrahim Traoré a voulu envoyer un double message. Sur le plan politique, il entend rappeler que le pouvoir s’exerce sous une autorité unique et rejette toute spéculation sur d’éventuelles rivalités internes. Sur le plan sécuritaire, il réaffirme sa détermination à poursuivre les réformes engagées, à intensifier la lutte contre le terrorisme et à combattre toutes les formes d’extrémisme susceptibles d’alimenter l’insécurité au Burkina Faso.
IB /Afrikinfos-Mali
Last Updated on 18/07/2026 by Ousmane BALLO
