En marge de son séjour dans la région du Yaadga, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a échangé avec les forces vives de Ouahigouya. Cette rencontre a permis aux représentants des différentes composantes de la société de faire entendre leurs préoccupations en matière de santé, d’agriculture, d’infrastructures, d’emploi et de sécurité. En réponse, le chef de l’État a réaffirmé sa vision d’un Burkina Faso fondé sur la souveraineté, l’autonomie économique et la mobilisation citoyenne.
Accueilli par les autorités coutumières, notamment le Baloum Naaba de Ouahigouya, Ibrahim Traoré a été saisi des principales attentes des populations du Yaadga. Les représentants des personnes âgées ont plaidé pour la création d’un centre de soins spécialisé et d’une clinique gériatrique régionale afin d’améliorer la prise en charge des seniors.
Les personnes vivant avec un handicap ont, pour leur part, sollicité un appui accru pour l’équipement du centre régional de promotion des personnes handicapées, dans le but de favoriser leur insertion socio-économique.
Les déplacés internes ont également porté leur voix à travers leur représentant, qui a témoigné de leur résilience tout en réaffirmant leur volonté de contribuer au développement de la région malgré les conséquences de l’insécurité.
Agriculture, artisanat et entrepreneuriat au cœur des attentes
Le développement économique local a occupé une place importante dans les échanges.
Au nom des femmes, Kadiatou Sawadogo/Sankara a salué les réalisations enregistrées en matière d’accès à l’eau potable et d’aménagement de périmètres maraîchers, tout en appelant à un renforcement des mécanismes de financement et des programmes de formation destinés aux productrices.
Les artisans ont proposé l’institution d’une Journée nationale de l’artisan ainsi que la création de zones d’activités dédiées afin de mieux valoriser les savoir-faire locaux.
Du côté des producteurs agricoles, les préoccupations ont porté sur la modernisation des exploitations, le développement des infrastructures hydrauliques et le renforcement des capacités de production, considérés comme des leviers essentiels de la souveraineté alimentaire. Les infrastructures routières figurent également parmi les priorités exprimées par les populations.
Les représentants des ressortissants du Yatenga ont insisté sur l’importance du bitumage de plusieurs axes stratégiques, notamment la Route nationale 2 ainsi que la route Tougan-Ouahigouya, afin de faciliter les échanges économiques et la mobilité des populations.
Les élèves et étudiants ont, quant à eux, plaidé pour la modernisation des établissements scolaires, le développement des outils numériques et le renforcement de la sécurité dans les espaces éducatifs.
Les organisations de veille citoyenne ont renouvelé leur soutien aux autorités de la Transition ainsi qu’aux Forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre le terrorisme.
Ibrahim Traoré défend une vision fondée sur la souveraineté
Répondant aux différentes préoccupations, le président du Faso a reconnu l’ampleur des défis auxquels le pays demeure confronté. « En un claquement de doigts, je ne peux pas tout résoudre. Mais nous faisons les efforts que nous pouvons ; nous nous sacrifions », a-t-il déclaré, soulignant que les réformes engagées nécessitent du temps et une mobilisation collective.
Le chef de l’État a également appelé à ce qu’il qualifie de « décolonisation des esprits », estimant que le développement du Burkina Faso passe par une plus grande confiance dans les capacités nationales et une meilleure valorisation des ressources du pays.
Sur le plan des infrastructures, Ibrahim Traoré a annoncé une nouvelle approche visant à renforcer l’implication des collectivités et des populations dans la réalisation des projets de développement. « Vos machines seront là ; tout sera à votre disposition. Vous réaliserez les routes comme vous voulez, et l’État accompagnera », a-t-il assuré.
Le président est également revenu sur ce qu’il considère comme les pressions économiques et médiatiques exercées contre le Burkina Faso, qu’il relie à la volonté du pays de défendre sa souveraineté et de mieux maîtriser l’exploitation de ses ressources naturelles.
Cette rencontre entre le chef de l’État et les forces vives du Yaadga a permis de mettre en lumière les attentes des populations en matière de développement économique et social, tout en offrant aux autorités l’occasion de réaffirmer les orientations de leur politique. Entre revendications locales et ambition nationale, les échanges ont porté sur les défis de la sécurité, du développement des infrastructures, de l’autosuffisance économique et de la construction d’un Burkina Faso présenté par les autorités comme plus souverain et plus résilient.
IB / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 18/07/2026 by Ousmane BALLO
