Sénégal : Ousmane Sonko brandit la menace d’une chute du gouvernement tout en appelant à la stabilité

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Dakar – La crise politique larvée entre le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko prend une nouvelle dimension. Lors d’une déclaration à la presse, le leader du parti Pastef a affirmé disposer des moyens politiques et institutionnels nécessaires pour provoquer la chute du gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lo, tout en assurant ne pas souhaiter, à ce stade, engager une telle confrontation.

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte marqué par des tensions croissantes au sommet de l’État, alimentant les interrogations sur l’avenir de la majorité issue de l’alternance politique.

Face aux journalistes, Ousmane Sonko a rappelé que son camp politique conserve une influence déterminante à l’Assemblée nationale, qu’il considère comme un atout majeur dans le rapport de force institutionnel. « Nous contrôlons l’Assemblée nationale et je peux faire tomber ce gouvernement dès demain », a-t-il déclaré.

L’ancien chef du gouvernement est allé plus loin en soulignant que cette capacité d’action pourrait être utilisée à plusieurs reprises si les circonstances l’exigeaient. « Je peux répéter le processus chaque fois », a-t-il ajouté.

Ces propos traduisent la confiance du leader de Pastef dans la solidité de sa majorité parlementaire, tout en envoyant un signal fort à l’exécutif. Malgré ce ton offensif, Ousmane Sonko a tenu à se présenter comme un acteur soucieux de préserver la stabilité du pays. « Nous ne cherchons pas à bloquer le pays », a-t-il assuré.

Selon lui, l’ambition demeure de poursuivre le projet politique porté par Pastef depuis son arrivée au pouvoir. Il a notamment réaffirmé la volonté de son parti de rester au cœur de la gouvernance sénégalaise dans les années à venir. « En 2029, nous allons continuer le schéma de Pastef », a-t-il déclaré.

Cette affirmation laisse entrevoir la stratégie de long terme du parti, qui entend conserver son rôle central dans le paysage politique sénégalais.

Des accusations visant le camp présidentiel

Le président de Pastef a également affirmé ne pas vouloir utiliser l’Assemblée nationale comme un instrument de confrontation directe avec le chef de l’État. « Nous n’allons pas utiliser l’Assemblée nationale pour combattre Diomaye, à moins qu’il ne commence le combat », a-t-il indiqué.

Dans le même temps, il accuse le camp présidentiel d’avoir déjà engagé les hostilités sur le terrain institutionnel, notamment à travers des initiatives portées devant le Conseil constitutionnel.

« Ils ont commencé en allant au Conseil constitutionnel », a-t-il soutenu, sans fournir davantage de précisions. Ousmane Sonko affirme également être informé de diverses manœuvres politiques visant son entourage et son parti, alimentant davantage le climat de méfiance entre les deux camps.

Pastef revendique son autonomie politique

Revenant sur les dernières élections législatives, l’ancien Premier ministre a estimé que sa décision de ne pas engager Pastef dans une coalition électorale s’avère aujourd’hui pertinente. « C’est comme si j’avais vu venir les choses en refusant d’aller aux législatives avec une coalition », a-t-il expliqué.

Selon lui, cette stratégie permet au parti de préserver son indépendance politique et de maintenir son contrôle sur la majorité parlementaire, un élément clé dans l’équilibre actuel des pouvoirs.

En conclusion de son intervention, Ousmane Sonko s’est présenté comme la cible d’un système cherchant à freiner son influence politique. « Le complot ne saurait percer, même si tout un système est contre moi », a-t-il affirmé.

Cette nouvelle sortie illustre l’approfondissement des divergences entre deux figures majeures de l’alternance sénégalaise. Si aucune rupture institutionnelle n’est encore consommée, les déclarations du leader de Pastef témoignent d’une relation de plus en plus tendue entre les différentes composantes du pouvoir, avec en toile de fond la bataille pour le contrôle de l’agenda politique à l’approche des prochaines échéances électorales.

IT / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 03/06/2026 by Ousmane BALLO

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