Le Centre international de conférences de Bamako (CICB) a abrité, le 13 avril 2026, la cérémonie solennelle d’ouverture de la session ordinaire d’avril 2026 du Conseil national de Transition (CNT). La rencontre s’est déroulée en présence du Premier ministre, le Général Abdoulaye Maïga, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, représentants diplomatiques, universitaires et acteurs de la société civile.
Dans une allocution à forte portée institutionnelle et politique, le président du CNT, le Général Malick Diaw, a placé cette nouvelle session parlementaire sous le sceau de la rigueur, de la responsabilité et de la refondation de l’État, dans un contexte national marqué par les défis sécuritaires, économiques et sociaux.
Conformément à l’article 107 de la Constitution, cette deuxième session ordinaire s’étendra sur une durée maximale de 90 jours. Le président du CNT a annoncé un agenda particulièrement dense, avec 32 textes à examiner, dont 24 nouveaux projets et propositions de loi.
Parmi les dossiers majeurs figurent plusieurs réformes stratégiques portant sur le Conseil supérieur de la Magistrature ; la Direction générale de la Police nationale ; la Direction générale de la Protection civile ; le statut général des fonctionnaires ; la création de la Société de Patrimoine minier du Mali ; l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales ; le fonds national d’appui aux collectivités territoriales.
Pour le Général Malick Diaw, ces textes traduisent la volonté du CNT de renforcer l’arsenal juridique national et d’accompagner les grandes réformes engagées dans le cadre de la Transition.
Un accent renforcé sur le contrôle gouvernemental
Au-delà du vote des lois, le CNT entend mettre un accent particulier sur le contrôle de l’action gouvernementale et l’évaluation des politiques publiques. Le président de l’organe législatif de la Transition a insisté sur la nécessité d’une culture du résultat, de la transparence et de la bonne gouvernance. « Le peuple malien nous observe. Il attend de nous du dévouement, de la probité et de la responsabilité citoyenne », a-t-il martelé devant les conseillers nationaux.
Durant l’intersession, plusieurs commissions ont mené des activités de terrain, des séances d’écoute avec la société civile, ainsi que des ateliers techniques, notamment sur le code minier de 2023, le contenu local, la sécurité nationale et les mécanismes d’alerte précoce.
Diplomatie parlementaire et rayonnement du Mali
Le CNT a également mis en avant son implication dans la diplomatie parlementaire, avec une participation active à plusieurs rencontres internationales, notamment la 69e session de la Commission de la condition de la femme à New York ; la 17e réunion du Réseau des commissions parlementaires africaines sur la santé à Lusaka.
À cette occasion, l’Honorable Aboubacar Sidick Fomba a été élu 2e vice-président du bureau exécutif de cette organisation continentale pour un mandat de trois ans, un résultat salué comme un signal du rayonnement du Mali sur la scène parlementaire africaine.
Le président du CNT a salué la décision du Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, de décréter la période 2026-2027 “Année de l’éducation et de la culture”. Selon lui, cette orientation s’inscrit dans la vision “Mali Kura Nietaasira ka ben san 2063 ma” et dans la stratégie nationale 2024-2033, avec pour objectif de renforcer la cohésion sociale, la souveraineté culturelle et l’excellence citoyenne.
Le lien entre le monde universitaire et l’action publique a également été mis en avant, à travers la présence remarquée des représentants de l’enseignement supérieur à cette cérémonie d’ouverture.
Sécurité, AES et souveraineté régionale
Sur le plan géopolitique, le Général Malick Diaw a longuement évoqué les avancées de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), présentée comme une réponse stratégique aux défis communs de la région.
Il a souligné les résultats significatifs enregistrés sur les plans militaire, diplomatique, économique et parlementaire, estimant que l’AES s’impose désormais comme un acteur sahélien incontournable sur la scène internationale.
Le CNT a également condamné ce qu’il qualifie d’ingérence extérieure dans les affaires d’un État membre de l’AES, appelant à une réponse institutionnelle appropriée au niveau du futur parlement confédéral.
Le discours d’ouverture a aussi accordé une large place aux préoccupations quotidiennes des Maliens. Ainsi, le président du CNT a notamment évoqué les incendies récurrents dans les marchés et centres commerciaux ; les effondrements de bâtiments en construction ; les difficultés d’approvisionnement en hydrocarbures ; les délestages électriques ; la nécessité de développer les énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne ; la modernisation de l’agriculture pour atteindre la souveraineté alimentaire ; la protection des zones de pâturage pour soutenir l’élevage.
Autant de dossiers qui devraient alimenter les échanges entre le CNT et le gouvernement au cours des prochains mois.
En conclusion, le Général Malick Diaw a lancé un appel fort à la cohésion nationale, invitant leaders d’opinion, syndicats, organisations religieuses, opérateurs économiques, médias et diaspora à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation.
Rendant hommage aux Forces armées maliennes (FAMa), aux opérateurs économiques et aux chauffeurs assurant l’approvisionnement du pays, il s’est dit convaincu que le Mali, fort de sa résilience et du soutien de l’AES, saura surmonter les difficultés actuelles.
La session ordinaire d’avril 2026 du CNT est ainsi officiellement ouverte, avec en ligne de mire la consolidation des réformes, la souveraineté institutionnelle et l’amélioration de la gouvernance publique.
Ousmane BALLO
Source : Ziré
Last Updated on 16/04/2026 by Ousmane BALLO

