Biennale artistique et culturelle du Mali : Fodé Moussa Sidibé dénonce un “parricide culturel”

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Bamako, 15 avril 2026 – Le débat autour de la Biennale artistique et culturelle du Mali prend une nouvelle ampleur. Dans une tribune au ton ferme, l’acteur culturel Fodé Moussa Sidibé s’est vivement opposé aux critiques formulées récemment par Alioune Ifra Ndiaye, appelant à « arrêter » la Biennale au profit d’un nouveau modèle culturel qu’il qualifie de « Quotidienne ».

Sous le slogan sans équivoque « Halte au parricide culturel ! Ne touchez pas à notre Biennale ! », Fodé Moussa Sidibé défend avec vigueur ce qu’il considère comme l’un des piliers de la souveraineté culturelle malienne.

Dans sa publication, Sidibé réfute l’idée selon laquelle la Biennale serait un « outil dépassé ». Selon lui, cette lecture relève d’une confusion conceptuelle et d’une remise en cause injustifiée d’un héritage national.

Pour l’auteur, qualifier la Biennale d’« héritage à honorer mais à dépasser » constitue une contradiction fondamentale. Il rappelle qu’un héritage culturel est, par essence, un legs collectif à préserver, à valoriser et à transmettre, non à abolir.

« On peut revisiter un héritage, le moderniser dans ses contenus, mais on ne peut pas le dépasser ni l’effacer sans porter atteinte à la mémoire collective », soutient-il.

La Biennale, socle de l’identité culturelle nationale

Au cœur de son argumentaire, Fodé Moussa Sidibé insiste sur la contribution historique de la Biennale à la construction de l’identité culturelle du Mali, à la formation des jeunes talents et à la préservation des expressions artistiques traditionnelles et modernes.

Théâtre, danse traditionnelle, chant solo, orchestre moderne, ensemble instrumental : autant de disciplines qui, selon lui, démontrent que la Biennale demeure un espace vivant de dialogue entre tradition et modernité.

L’auteur estime que cette manifestation a largement participé, depuis l’indépendance, à la structuration des mentalités culturelles nationales et à la promotion d’une vision souveraine de la culture malienne.

Une réforme du contenu plutôt qu’une remise en cause du cadre

Sans rejeter le principe d’évolution, Sidibé invite plutôt les critiques à proposer des innovations sur le contenu des disciplines, plutôt que de s’attaquer à l’existence même de la Biennale.

Il juge peu réaliste le projet alternatif évoqué par Alioune Ifra Ndiaye, notamment la création de 94 espaces culturels et 94 directions, ainsi que le remplacement de la périodicité de la Biennale par une dynamique culturelle « quotidienne ».

Pour lui, une telle proposition nécessite des études de terrain, un cadrage budgétaire et des références scientifiques solides, faute de quoi elle ne saurait constituer une alternative crédible.

La Biennale au cœur de la souveraineté culturelle

Au-delà de la controverse, Sidibé replace la Biennale dans le contexte politique actuel du Mali, marqué par une volonté affirmée de renforcement de la souveraineté nationale, y compris sur le plan culturel.

Il rappelle que les autorités ont consacré 2025 comme Année de la Culture, puis décrété 2026 et 2027 années de l’Éducation et de la Culture, preuve selon lui que la culture demeure au centre du projet national.

« La Biennale fut et demeure la pierre angulaire de cette souveraineté culturelle initiée dès les premières semaines culturelles de l’après-indépendance », affirme-t-il.

Un débat révélateur des enjeux culturels du Mali contemporain

Cette passe d’armes entre deux figures du monde culturel malien met en lumière une question de fond : comment moderniser les politiques culturelles sans rompre avec les symboles fondateurs de la nation ?

Si les avis divergent sur les formes à privilégier, le débat souligne l’importance stratégique de la culture dans la consolidation de l’identité nationale, à l’heure où le Mali cherche à affirmer sa singularité dans un environnement régional et mondial en mutation.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

Last Updated on 16/04/2026 by Ousmane BALLO

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