Le Mali renforce son ambition de faire de l’agriculture un moteur central de croissance et de souveraineté économique. Réunie, ce 2 avril 2026, à la Primature sous la présidence du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, la 16e session du Comité Exécutif National de l’Agriculture (CENA) a permis de dresser le bilan de la campagne 2025 et de définir les priorités budgétaires et stratégiques pour 2026, avec des projections jusqu’en 2028.
Cette rencontre, organisée en prélude au Conseil Supérieur de l’Agriculture présidé par le Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, s’impose comme un cadre majeur de concertation entre le gouvernement et les acteurs du monde rural autour des enjeux économiques du secteur.
Le bilan de la campagne agricole 2025 fait ressortir des résultats jugés encourageants, traduisant la capacité de résistance du secteur face aux aléas sécuritaires, logistiques et climatiques.
Ainsi, les volumes enregistrés sont significatifs. Il s’agit de 11 452 540 tonnes de céréales ; 433 700 tonnes de coton ; 157 775 tonnes de viande contrôlée ; 17 238 tonnes de lait collecté ; 122 671 tonnes de poisson.
Pour le Premier ministre, ces performances illustrent la résilience remarquable des producteurs maliens, dont la contribution reste déterminante pour la stabilité de l’économie rurale et l’approvisionnement du marché national. « Ces performances témoignent de la résilience remarquable de nos producteurs », a souligné le Chef du gouvernement.
Une enveloppe de 164,4 milliards FCFA pour 2026
Pour la campagne 2026, le gouvernement affiche des objectifs de croissance plus ambitieux. La production céréalière est projetée à 11 916 750 tonnes, tandis que la production cotonnière devrait atteindre 598 500 tonnes, confirmant la volonté de consolider les deux principales filières structurantes du pays.
Sur le plan budgétaire, le budget global prévisionnel alloué au secteur s’élève à 164,4 milliards de FCFA, contre 161,4 milliards en 2025, soit une hausse de 2 %. Cette progression budgétaire vise à soutenir les investissements productifs et à renforcer la compétitivité des chaînes de valeur agricoles dans une perspective d’industrialisation.
Cinq axes économiques pour moderniser le secteur
Les orientations stratégiques retenues pour 2026 s’articulent autour de cinq leviers de transformation économique, à savoir l’accélération de la maîtrise de l’eau et le développement des aménagements hydro-agricoles ; la réforme et la sécurisation du foncier agricole ; la mécanisation et la modernisation des exploitations ; l’essor de l’agro-industrie et la valorisation locale des produits ; le renforcement du financement agricole et l’adaptation aux changements climatiques.
Ces axes s’inscrivent dans la vision de long terme « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », qui place la transformation structurelle du secteur primaire au cœur du développement national.
Au-delà de la production, la session a également mis l’accent sur la nécessité de structurer des organisations interprofessionnelles fortes, capables d’améliorer la compétitivité des filières et de mieux capter la valeur sur les marchés nationaux et régionaux.
L’objectif est double : faciliter l’accès aux marchés rémunérateurs et permettre aux acteurs nationaux de bénéficier davantage des achats institutionnels de l’État, notamment dans les domaines de l’alimentation scolaire, des stocks de sécurité et de la commande publique.
Cette orientation marque une évolution vers une agriculture davantage pensée comme levier industriel, commercial et financier, au-delà de sa seule fonction de subsistance.
En saluant l’engagement des Forces Armées et de Sécurité, ainsi que celui des acteurs du transport, le Premier ministre a rappelé que la performance agricole repose également sur la sécurisation des corridors logistiques et de l’approvisionnement intérieur.
À travers cette 16e session du CENA, le Mali confirme sa volonté de faire de l’agriculture un pilier de croissance inclusive, de création d’emplois et de souveraineté économique, avec une montée en puissance progressive des investissements, de la transformation locale et de la conquête des marchés.
Ousmane BALLO
Source : Le Capital
Last Updated on 13/04/2026 by Ousmane BALLO

