L’amélioration de l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement (EHA) dans les maternités du Mali est désormais au centre d’un plaidoyer porté par les sages-femmes. Le 6 mars 2026, l’Association des Sages-Femmes du Mali (ASFM) a remis une note de plaidoyer pour l’amélioration de l’accès à l’Eau, à l’Hygiène et à l’Assainissement dans les maternités du Mali au ministère de la Santé et du Développement social.
Le document a été transmis à Hamadoun Dicko, représentant de Mme le ministre de la Santé et du Développement social, en présence des représentants du partenaire stratégique WaterAid Mali et des membres de l’Association des Sages-Femmes du Mali.
À travers cette note, l’Association des Sages-Femmes du Mali invite les autorités sanitaires à faire de l’EHA dans les maternités une priorité nationale dans les politiques de santé maternelle et néonatale. Elle plaide également pour l’allocation de financements spécifiques et pérennes afin de mettre en œuvre le paquet minimum EHA dans toutes les maternités du pays, ainsi que pour le renforcement des capacités techniques des sages-femmes en matière de prévention et de contrôle des infections associées aux soins.
L’ASFM se dit par ailleurs prête à jouer pleinement son rôle de porte-voix, d’acteur technique et de partenaire pour faire de l’EHA un levier majeur dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale au Mali.
Des insuffisances préoccupantes dans les structures sanitaires
La présidente de l’Association des Sages-Femmes du Mali, Mme Yalkoué Aoua Guindo, a rappelé que le rapport sur l’état des lieux des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans les établissements de santé au Mali, réalisé en 2024, met en évidence d’importantes insuffisances, y compris dans les structures assurant les accouchements.
Selon les données issues de ce rapport, 83 % des établissements de santé ne disposent pas d’une eau de qualité conforme aux normes de l’Organisation mondiale de la santé pour les soins ; 57 % des établissements (CSCom, CSRéf et hôpitaux) ne disposent pas de douches destinées aux femmes ayant accouché, une situation particulièrement préoccupante dans les zones rurales ; et 31 % des établissements ne disposent pas de toilettes séparées pour les hommes et les femmes.
Ces insuffisances ont des répercussions directes sur la santé maternelle et néonatale. Elles favorisent notamment l’augmentation des infections associées aux soins, en particulier les infections du post-partum, rendent les conditions de travail des sages-femmes plus difficiles et à risque, fragilisent la confiance des femmes envers les structures de santé et constituent un obstacle à l’atteinte des objectifs nationaux et internationaux de réduction de la mortalité maternelle et néonatale.
Les sages-femmes en première ligne du plaidoyer
Confrontées quotidiennement à ces réalités dans les maternités, les sages-femmes ont décidé de porter ce plaidoyer à travers leur association professionnelle. La note s’inscrit dans le cadre de la campagne « Eau potable, Hygiène et Assainissement pour la Santé de la Femme », de l’organisation internationale, WaterAid Mali, lancée le 30 septembre 2025 à Bamako, et vise à accélérer les actions pour garantir des maternités plus sûres et plus dignes au Mali à l’horizon 2030.
Dans son discours, Hamadoun Dicko, représentant de la ministre de la Santé et du Développement social, a salué l’importance de cette initiative qui contribue à améliorer la qualité des soins dans les structures sanitaires.
Il a rappelé que l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement dans les établissements de santé demeure un enjeu majeur de santé publique, en raison de ses impacts directs sur la santé des mères et des nouveau-nés.
Selon Hamadoun Dicko, face à ces défis, le ministère de la Santé et du Développement social a pris plusieurs engagements structurants, notamment l’amélioration du maillage sanitaire à travers la construction et la réhabilitation des structures de santé communautaires ; le renforcement du programme national de santé maternelle et néonatale ; le suivi renforcé des femmes enceintes ; la gratuité de la césarienne pour lever les barrières financières à l’accès aux soins ; et le déploiement progressif d’équipements modernes pour la prise en charge des accouchements compliqués.
Zéro décès évitable…
Dans son discours, Hamadoun Dicko a tenu à lancer un appel aux autorités administratives, politiques et coutumières, aux leaders religieux, aux organisations de santé et à la société civile pour faire de l’accès à l’EHA dans les maternités une priorité nationale d’ici 2030. « Aucune femme ne devrait mourir en donnant la vie et aucun nouveau-né ne devrait perdre la sienne faute de soins adaptés. Ce combat, nous allons le mener ensemble. Et je vous assure de notre engagement total. », a-t-il déclaré.
A travers cette note de plaidoyer, le message est désormais clair : garantir l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement dans les maternités n’est ni un luxe ni une option, mais une condition essentielle pour assurer des accouchements sûrs et respectueux de la dignité des femmes.
Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 09/03/2026 by Ousmane BALLO


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