Investir dans la santé planétaire, un levier majeur de croissance, de bien-être et de lutte contre la pauvreté

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La dégradation accélérée de l’environnement représente aujourd’hui l’une des plus grandes menaces pour la prospérité mondiale. Selon le dernier Rapport sur l’avenir de l’environnement mondial publié par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), investir dans un climat stable, des terres et une nature saines, ainsi qu’une planète sans pollution, pourrait générer des milliers de milliards de dollars de richesse supplémentaire, sauver des millions de vies et faire reculer durablement la pauvreté et la faim.

Le rapport dresse un constat sans équivoque : les changements climatiques, la perte de biodiversité, la dégradation et la désertification des terres, ainsi que la pollution et les déchets ont déjà des conséquences dramatiques sur les écosystèmes, les populations et les économies. Chaque année, ces crises environnementales entraînent des millions de décès prématurés et coûtent des milliers de milliards de dollars à l’économie mondiale.

La poursuite des modèles de développement actuels ne ferait qu’aggraver la situation. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont considérablement augmenté depuis 1990, atteignant un niveau record en 2024. Les événements climatiques extrêmes liés au réchauffement climatique coûtent en moyenne 143 milliards de dollars US par an, tandis que près de neuf millions de décès annuels sont attribués à différentes formes de pollution.

Changer de trajectoire pour préserver la prospérité

Face à ces constats alarmants, le PNUE souligne qu’un changement de cap est non seulement nécessaire, mais également économiquement bénéfique. La transformation simultanée de cinq systèmes clés – l’économie et la finance, les matériaux et déchets, l’énergie, les systèmes alimentaires et l’environnement – pourrait générer des bénéfices macroéconomiques mondiaux estimés à 20 000 milliards de dollars US par an d’ici à 2070, avec une croissance continue au-delà.

Ces transformations reposent sur des approches inclusives impliquant l’ensemble de la société et tous les gouvernements. Elles nécessitent notamment de repenser les indicateurs de richesse en allant au-delà du PIB, afin d’intégrer le capital humain et naturel dans les décisions économiques.

Deux voies de transformation possibles

Le rapport identifie deux grandes voies de transformation. La première repose sur des changements de comportements, visant à réduire la dépendance à la consommation matérielle. La seconde s’appuie davantage sur l’innovation technologique et les gains d’efficacité. Dans les deux cas, les bénéfices commenceraient à se faire sentir dès 2050, avec une forte réduction des risques climatiques, un ralentissement de la perte de biodiversité et une augmentation des terres naturelles.

D’ici à 2050, ces transformations pourraient permettre d’éviter jusqu’à neuf millions de décès prématurés, notamment grâce à la réduction de la pollution de l’air. Près de 200 millions de personnes pourraient sortir de la sous-alimentation, et plus de 100 millions échapper à l’extrême pauvreté.

Investir aujourd’hui pour éviter des pertes irréversibles

Pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 et financer efficacement la conservation et la restauration de la biodiversité, le rapport estime qu’un investissement annuel d’environ 8 000 milliards de dollars US sera nécessaire. Un montant important, certes, mais largement inférieur au coût de l’inaction, qui pourrait entraîner une contraction du PIB mondial de 20 % d’ici la fin du siècle.

Sans changement de trajectoire, le réchauffement climatique dépasserait 1,5 °C dès le début des années 2030, puis 2 °C dans les années 2040. La dégradation des terres se poursuivrait au rythme actuel, avec la perte annuelle de surfaces agricoles équivalentes à des pays entiers, compromettant gravement la sécurité alimentaire mondiale.

Un appel à l’action collective

« Le rapport présente un choix simple à l’humanité : continuer sur la voie d’un avenir dévasté ou changer de direction pour garantir une planète saine, des populations en bonne santé et des économies prospères », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, soulignant qu’en réalité, « il n’y a pas vraiment de choix ».

Elle a également rappelé les progrès déjà accomplis, notamment à travers les accords mondiaux sur le climat, la biodiversité et la pollution, ainsi que le développement rapide des énergies renouvelables. Le rapport appelle désormais les gouvernements, le secteur privé, la société civile, le monde académique et les peuples autochtones à unir leurs efforts pour co-concevoir et mettre en œuvre des politiques intégrées.

Investir dans la santé planétaire apparaît ainsi non seulement comme une nécessité environnementale, mais aussi comme une opportunité historique de bâtir un avenir plus juste, plus sain et économiquement durable pour l’ensemble de l’humanité.

Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 22/01/2026 by Ousmane BALLO

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