Crise de carburant : À quand la fin du calvaire ? 

à la une Accueil Actualités Au Mali Flash infos Infos en continus Société

Malgré la relative disponibilité de carburant annoncée ces derniers jours, de longues files d’attente continuent à se former devant les stations-service qui, il faut le souligner, ne sont pas toutes fournies. Quid donc de la disponibilité annoncée, qui avait suscité beaucoup d’espoirs chez les maliens ?

Pour beaucoup de nos compatriotes, le précieux sésame est bien présent à Bamako et avec une quantité qui pourrait décongestionner les services au niveau des stations-service, mais il existerait toujours des réseaux de distribution parallèles qui amenuisent les efforts déployés pour aider les citoyens à dépasser ce cap. Ces réseaux seraient constitués de gérants et pompistes, des agents de la DGCCC et des porteurs d’uniforme, toujours et encore des porteurs d’uniforme !

Ces réseaux fonctionnent sur la base de la spéculation, avec à la clé beaucoup d’argent qui coule à flot ! Les techniques consistent à toujours trouver des astuces pour remplir autant que possible de bidons et des barils discrètement extraits et livrés à des vendeurs clandestins qui s’occupent de faire le reste : des bidons vendus à des prix variant entre 50.000 F, 60.000 F et plus.  

L’arrêté interministériel obligeant les stations-service à ouvrir 24h/24 a un peu déjoué les plans de ces réseaux spéculateurs, mais la pratique continue toujours. Les propriétaires de stations, de bonne foi souvent, trouvent eux aussi des moyens de distribuer du carburant à des parents et amis, sauf que la plupart de ceux-ci en profite aussi pour revendre dans le noir. D’où encore et toujours des files d’attente interminables devant les stations-service.

Ce qui amène des observateurs à conclure que les efforts en cours resteront presque vains tant qu’une solution n’est pas trouvée à l’action de ces réseaux parallèles.

L’approvisionnement du pays en carburant, dans une situation d’urgence, est en passe de se muer en routine au rythme d’un ou deux jours de queue devant les stations-service pour encore trois ou quatre jours, voire plus, d’angoisse, de stress et d’attente. Une sorte de danse de sorciers où seuls les initiés ont le secret.

Dans cette affaire, on évoque par exemple le fait pour le gouvernement de prendre le contrôle de tout dès que les produits entrent à Bamako. Si les propriétaires de citernes qui ont des stations sont autorisés à les approvisionner, le convoyage du produit jusqu’au lieu de dépôt est cependant suivi par des agents de l’État, sans aucune possibilité pour eux d’approvisionner leurs clients habituels qui sont généralement les propriétaires des petites stations éparpillées un peu partout à Bamako.

Pire ou mieux, ils n’ont aucune possibilité de réserver quoique ce soit pour eux-mêmes et pour leurs proches. Ce qui constitue pour eux une entrave à l’exercice de leur métier, avec tout le risque qu’il y a pour eux de perdre leurs clients habituels. Des explications des proches des pétroliers, le rôle de l’État doit se limiter à prendre des mesures pour une importation sécurisée des produits via l’escorte des convois et à faire régner de l’ordre dans les lieux de distribution, notamment les stations-service. 

Aussi dénonceraient-ils beaucoup d’artifices autour du carburant dont on n’en a nul besoin, l’essentiel étant que le produit soit disponible en quantité et que tout le circuit soit approvisionné.

Contraindre les stations à ouvrir 24h/24 revient donc à demander aux propriétaires de stations de doubler leur personnel, soit des charges supplémentaires qui reviendraient très chères pour eux. C’est d’ailleurs pourquoi certaines stations avaient annoncé la fermeture des boutiques avant de revenir sur cette décision. Autant de facteurs qui auraient cassé l’ardeur de nombreux acteurs du secteur cherchant à s’adapter, toute chose qui perturberait aujourd’hui l’approvisionnement correct du pays en carburant. 

« Il urge aujourd’hui de revoir certaines mesures, comme le refus d’approvisionner les petites stations et les petits revendeurs en détail à chaque coin de nos rues. Il faut sécuriser les convois et donner plus de marges de manœuvres aux importateurs pour espérer voir les choses revenir assez vite à la normale », nous a confié un proche collaborateur d’un pétrolier.

Adama BERTHE

Source : La Rédaction du Mali

Last Updated on 22/11/2025 by Ousmane BALLO