Conditions de détention de Kassoum Goïta, Kalilou Doumbia et co-accusés : le ministre de la justice interpellé !

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Dans une note d’information, en date du 21 août 2025, le Collectif des Avocats du Colonel-Major Kassoum Goïta, ancien directeur de la sécurité d’État ; du docteur Kalilou Doumbia, ancien Secrétaire Général de la Présidence ; du Commissaire de Police Moustapha Diakité ; de l’Adjudant – Chef Abdoulaye Ballo, de Sandhi Ahmed Saloum et de Issa Samaké dit Djoss s’insurge contre la privation de liberté de ses clients, depuis 4 (quatre) ans, sans jugement, pour certains; le mauvais traitement, notamment des actes de tortures documentés sur ses clients; les mauvaises conditions physiques et psychologiques de la détention depuis bientôt 4 ans…

Composé du Cabinet Goïta AS SCPA, représenté par Maître Mohamed Goïta et de la SCPA Do – Fini consult, représenté par  Maître Alifa Habib Koné, ce Collectif des Avocats, tous inscrits au Barreau du Mali, rappelle que tous ses clients ont été kidnappés et séquestrés dans des lieux secrets et torturés depuis le 2 septembre 2021, pour certains, avant d’être finalement conduits au Tribunal de Grande Instance de la Commune VI, le 03 Novembre 2021 pour y être placés, le même jour, sous mandat de dépôt, pour association de malfaiteurs, tentative d’attentats et complot contre le Gouvernement

Selon le Collectif des Avocats, dans cette suite, le juge d’instruction du 3ème cabinet a rendu l’ordonnance de non – lieu partiel n ° 617 du 17 juin 2022, conforme aux réquisitions du parquet, et ordonné la mise en liberté de Kalilou Doumbia et du commissaire de Police Moustapha Diakité, tout en disqualifiant les faits en tentative de complot contre le Gouvernement. « Le témoin principal, l’adjudant Soumaïla Bagayogo, a toujours refusé de se présenter devant la justice, ce qui explique qu’il n’a jamais pu être confronté aux accusés, en dépit de leur insistance et de la multitude de moyens juridiques, pour l’y contraindre. De même, toutes les demandes d’accéder à un médecin du choix de ceux-ci ont été rejetées », souligne-t-il.

Le Collectif estime qu’à la suite de l’appel du parquet général, la chambre d’accusation a confirmé l’arrêt ainsi que la mise en liberté de Kalilou Doumbia et ordonné, aussi, celle de Sandhi Ahmed, même si toutes les mises en liberté seront annulées sur pourvoi du parquet général. « Par le même arrêt n°12 du 10 janvier 2023, la chambre d’accusation ordonnait leur renvoi devant la cour d’assises de Bamako, pour y être jugés. Cependant, depuis bientôt 3 ans, leurs conseils constatent ce qu’ils considèrent comme un ‘’refus de les juger’’ et en même temps une ‘’opposition à leur mise en liberté’’ », précise le collectif.

Il ressort de la même note d’information que la requête aux fins d’annulation des poursuites, en raison des irrégularités relevées, notamment les tortures subies, a été rejetée par arrêt n ° 353 de la chambre d’accusation, depuis le 07 juin 2022 et est prise en otage par le refus du conseiller de rédiger  l’arrêt, depuis 3 ans, en dépit de sa mutation dans une autre juridiction.

« Inutile de rappeler la disparition du Colonel-Major Kassoum Goïta et de l’Adjudant – Chef Abdoulaye Ballo, de leur cellule, au Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Mobile (G.I.G.M), sis au Camp 1 de la Gendarmerie, inaccessible à leurs familles, et à leurs avocats qui ignorent leur lieu de détention pendant près de deux mois », ajoute le collectif.

Le collectif des avocats s’insurge…

Réclamant le respect des droits basiques de leurs clients afin que la vérité éclate, le collectif des avocats s’insurge contre la privation de liberté de ses clients, depuis 4 (quatre) ans, sans jugement, pour certains; le mauvais traitement, notamment des actes de tortures documentés sur ses clients; les mauvaises conditions physiques et psychologiques de la détention depuis bientôt 4 ans; le refus d’enrôlement de cette affaire dite du Colonel-Major Kassoum Goïta, ancien directeur de la sécurité d’État, du docteur Kalilou Doumbia, ancien Secrétaire Général de la Présidence, de Sandhi Ahmed Saloum, du commissaire de Police Moustapha Diakité, de l’Adjudant-chef Abdoulaye Ballo et de Issa Samaké dit Djoss, afin qu’ils puissent publiquement livrer leur version ; le non-respect de la séparation des pouvoirs, prévue par dispositions Constitutionnelles; la violation du respect strict de l’indépendance de la justice ainsi que celui des engagements du Mali contre les enlèvement  et la torture et le droit d’être jugé dans des délais raisonnables ; et enfin le droit d’accès à un médecin de son choix pour le détenu.

Au regard de ces réalités, le collectif en appelle de nouveau au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, pour son intervention en faveur du respect des droits élémentaires sus-rappelés incontournable à la sauvegarde de la dignité humaine ; à toutes les organisations de défense des droits de l’homme et aux ordres des professions de briser leur silence, face à la violation répétitive des droits élémentaires de ses clients; à la magistrature, sur qui pèse la responsabilité légale de la garantie de l’intégrité des détenus, notamment l’obligation de préserver leur état de santé physique et psychologique, en la raison, pour un sursaut, en imposant le respect de son indépendance et la séparation des pouvoirs ; aux autorités politiques, pour l’expression d’une volonté réelle de réconciliation, en application de la charte nationale pour la paix et de la réconciliation nationale.

Enfin, le Collectif renouvelle sa détermination à se battre pour le respect de la présomption d’innocence, l’indépendance de la justice, le respect des droits de la défense et le respect des engagements du Mali contre les enlèvement et la torture ainsi que le droit de ses clients à être jugés dans des délais raisonnables.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

Last Updated on 29/08/2025 by Ousmane BALLO