En vue de tirer les enseignements de l’expérience de plusieurs mois d’activités, l’atelier de capitalisation du Projet “DJI MANSA” s’est tenu, le jeudi 26 juin 2025, à l’Hôtel Salam.
Il a servi de cadre pour : capitaliser les leçons apprises de la phase I du projet Dji Mansa et définir les bases de collaboration pour la phase II en intégrant les savoirs traditionnels des communautés riveraines et la science citoyenne pour la protection et la préservation du fleuve Niger ; présenter les résultats et impacts de la phase 1 du projet sur le terrain en valorisant les leçons apprises, les succès et les défis ; co-construire une vision partagée pour la phase II du projet ; établir une base de collaboration avec les acteurs clés pour la continuation du projet.
Il est important de rappeler que lancé le 12 juin 2024, le projet Dji Mansa a été mis en œuvre par AFR’EAU avec l’appui financier du Programme de Partenariat pour le Développement et l’Eau des Pays-Bas (DUPC) phase 3 et en collaboration avec plusieurs partenaires techniques et institutionnels tels que : la SOMAGEP-SA (Société Malienne de Gestion de l’Eau Potable), l’ENI-ABT (École Nationale d’Ingénieurs Abdrahamane Baba Touré), ainsi que les organisations de jeunes professionnels de l’eau AJPEA Mali et AJPEA Niger. Il a aussi réuni les communautés riveraines de 5 des 6 Communes de Bamako autour de la question de préservation du fleuve Niger, ceci, afin de recueillir les connaissances locales appliquées par ces communautés relatives aux ressources en eau et créer un espace d’échanges et de liaison entre le monde scientifique et la science citoyenne.
Des mots rassurants
La Coordinatrice du projet, Mme Guindo Hadi Touré a noté que le fleuve Niger est bien plus qu’un cours d’eau, il est une source de vie, un héritage culturel, une mosaïque d’expériences reçues. Il est aussi le reflet des déséquilibres écologiques et sociaux qui affectent nos territoires. « Dans les différents campements avec lesquels nous travaillons à Bamako : Moribabougou, Djicoroni, Bozola, Badalabougou, Missabougou ; et à Niamey : Goungou et Tondibia, les communautés ont exprimé, avec clarté et constance, ce qu’ils observent : des eaux qui changent de couleur, des poissons qui disparaissent, des berges qui s’effondrent, des savoirs qui se perdent. Et ils ont aussi proposé des solutions : recycler, restaurer, responsabiliser. Avec peu de moyens, mais une lucidité puissante », a-t-elle précisé. Pour Mme Guindo, ces communautés détiennent des générations de connaissances et d’observations accumulées au fil du temps, qui méritent d’être pleinement reconnues et mises en valeur. « Et c’est cela que Dji Mansa essaie de véhiculer comme message : une approche transdisciplinaire, où les connaissances locales rencontrent les sciences de laboratoire, les savoirs pratiques se combinent aux politiques publiques, et les vécus du terrain éclairent la recherche. Elle estime que Dji Mansa 2 n’est pas seulement une suite de projet, il est une opportunité. L’opportunité de montrer qu’une autre manière de faire de la recherche, de la gestion environnementale et de la gouvernance est possible.
Le deuxième vice-président de la Coordination Nationale des Usagers, M. Abdoulaye Kontao a été très clair en ces termes : « C’est la première fois qu’on associe, nous, pêcheurs, à un projet d’envergure internationale ». C’est pourquoi, il a vivement apprécié cette initiative et rassuré de leur entière disponibilité à l’accompagner. Cette occasion a été une opportunité pour M. Kontao de remercier les initiateurs de ce projet et leurs partenaires.
La représentante du Ministère de l’Energie et de l’Eau, Mme Aminata Fofana a salué l’ensemble des parties prenantes pour leur engagement dans cette initiative qui s’inscrit dans une dynamique de préservation, de participation et d’innovation autour de notre patrimoine commun : le fleuve Niger. Elle a rappelé que le Ministère de l’Energie et de l’Eau inscrit ses actions dans une vision stratégique claire : garantir un accès durable, équitable et sécurisé à l’eau et à l’énergie pour toutes les populations du Mali. La représentante du Ministère de l’Energie et de l’Eau a fait savoir qu’en valorisant les connaissances locales des communautés riveraines du fleuve Niger, en créant un espace de dialogue entre les citoyens et les scientifiques, ce projet Dji Mansa donne vie aux dispositions du Code de l’Eau dans une approche concrète, inclusive et innovante. Pour elle, il démontre que les Lois ne doivent pas rester des textes figés, mais être nourries par la réalité du terrain et enrichies par les expériences collectives. « En tant que Ministère de tutelle, nous accordons une attention particulière à ces dynamiques locales, car nous savons que les solutions durables émergentes de la synergie entre les politiques publiques, la science, et les pratiques communautaires, le projet Dji Mansa en est un exemple tangible », a précisé Mme Aminata Fofana. Elle a noté que cet atelier de capitalisation représente donc bien plus qu’une simple clôture de phase, c’est un point de départ pour une nouvelle ambition. Selon la représentante du Ministère de l’Energie et de l’Eau, il s’agit de tirer les enseignements des mois écoulés, de faire ressortir les réussites comme les limites, et surtout de poser les bases solides d’une phase II, à la hauteur des enjeux environnementaux et sociaux liés au fleuve Niger.
Tougouna A. TRAORE
Last Updated on 28/06/2025 by Ousmane BALLO
