Le jeudi 19 juin 2025 a marqué une étape décisive pour le secteur agricole malien. Le gouvernement, en partenariat avec ses alliés techniques et financiers, a officiellement lancé la deuxième phase du Programme de Développement de l’Irrigation dans le bassin du Bani et à Sélingué (PDI-BS-II). Sous la présidence du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, cet événement a réaffirmé l’engagement fort des autorités à transformer l’agriculture en un moteur essentiel de croissance économique, de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté.
Le PDI-BS-II n’est pas qu’un simple projet ; c’est une initiative stratégique conçue pour adresser les défis cruciaux du développement rural et garantir la souveraineté alimentaire du Mali. Cette nouvelle phase ambitionne de développer 10.240 hectares de terres agricoles supplémentaires, un bond significatif pour la capacité de production nationale. Parallèlement, le programme prévoit la construction de 135 km de pistes rurales, essentielles pour désenclaver les zones de production et faciliter l’accès aux marchés.
Mais le PDI-BS-II va au-delà des infrastructures. Il intègre des activités d’accompagnement ciblées pour les femmes et les jeunes, reconnaissant leur rôle vital dans le tissu agricole et économique du pays. L’objectif est double : non seulement améliorer la productivité agricole, mais aussi créer des opportunités économiques durables dans des régions clés comme Djenné, le Moyen-Bani et Sélingué.
Ce programme s’inscrit dans une logique de continuité avec la première phase, qui a jeté les bases d’une agriculture irriguée plus performante. La phase II cherche à renforcer la résilience des communautés rurales face aux changements climatiques, s’alignant ainsi sur la stratégie de développement durable du Mali, notamment l’initiative ambitieuse «Mali Kura Ɲɛtaasira Ka Bɛn San 2063 Ma»
Cette vision à long terme témoigne de l’ambition malienne de construire un avenir inclusif, durable et souverain, d’ici 2063, dans le cadre de l’agenda 2063 de l’Union africaine.
La cérémonie de lancement a également été l’occasion de revenir sur les réalisations impressionnantes de la première phase du PDI-BS. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et justifient la confiance placée dans ce modèle de développement : la construction et la mise en service de barrages-seuils structurants à Kourouba et à Djenné, accompagnés d’ouvrages connexes, ont permis de maîtriser l’eau pour l’irrigation, élément crucial dans un pays confronté aux aléas climatiques. L’aménagement hydro-agricole de 36.500 hectares a transformé des terres arides en des espaces productifs.
L’impact sur la production a été spectaculaire : une hausse annuelle de 61.085 tonnes de riz paddy, 7657 tonnes de légumes, 1975 tonnes de poissons, et plus de 700.000 litres de lait supplémentaires. Ces chiffres témoignent d’une augmentation significative de la production alimentaire, contribuant directement à la sécurité alimentaire nationale.
Sur le plan social, le projet a engendré la création de 3668 emplois directs, offrant des perspectives et des revenus à de nombreuses familles rurales.
Ces résultats tangibles ont non seulement renforcé la conviction des autorités maliennes dans le potentiel de l’agriculture irriguée, mais ils ont également mis en lumière la pertinence des partenariats stratégiques entre l’État et les institutions de financement du développement, notamment la BOAD.
Un appel à la solidarité pour un financement robuste
Le financement de la phase II du PDI-BS s’appuie sur un investissement total de 47,4 milliards de FCFA. La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) est un partenaire majeur, contribuant à hauteur de 30 milliards de FCFA, tandis que la partie malienne apporte 900 millions de FCFA. Cette mobilisation démontre l’engagement des partenaires régionaux à soutenir les efforts du Mali en matière de modernisation agricole.
Cependant, malgré ces soutiens déjà acquis, le gouvernement malien a lancé un appel vibrant à d’autres partenaires techniques et financiers. L’objectif est clair : combler le déficit de financement restant pour assurer l’exécution complète de toutes les actions prévues par le programme. Cet appel souligne l’ampleur de l’ambition et la nécessité d’une collaboration internationale élargie pour concrétiser pleinement cette vision.
Pour le Premier ministre Abdoulaye Maïga, l’agriculture demeure la priorité absolue de l’État. Il a réaffirmé que ce secteur est destiné à devenir un moteur essentiel du développement économique, capable non seulement d’assurer la sécurité alimentaire nationale, mais aussi de générer des excédents exportables. Le Mali, à travers le PDI-BS et d’autres initiatives complémentaires, nourrit l’ambition de se positionner comme une puissance agricole régionale, capable d’approvisionner les marchés de l’Afrique de l’Ouest en produits céréaliers et autres denrées.
Le succès du PDI-BS-II repose intrinsèquement sur l’engagement et la mobilisation de tous les acteurs du secteur agricole. Le gouvernement a lancé un appel à un sursaut collectif de la part des producteurs, des coopératives, des ONG locales et de tous les acteurs impliqués dans le monde rural. L’atteinte des objectifs ambitieux fixés pour la campagne agricole 2025-2026 dépendra de cette synergie.
Khaly-Moustapha LEYE
Source : L’Aube
