Bamako et ses routes : Comme un champ de manioc!

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À Bamako, l’état désastreux des routes constitue une vraie insécurité pour les usagers. Aujourd’hui, circuler sur certaines voies de la ville est un véritable calcaire.

Bamako est passée de la ville coquette à la ville poubelle en quelques années. Et les routes ne sont pas étrangères à cette situation. Car l’état des voies rend le visuel de la capitale tout aussi piteux que les tas d’ordures. De plus en plus, les routes se dégradent et les usagers ne cessent de se plaindre de cette situation.

Excepté la route de l’aéroport international Président Modibo Keita et de celle de Banankabougou, presqu’aucune autre route de la ville n’est en bon état. Certes des projets de rénovation de certaines voies sont annoncés, mais est-ce normal que la capitale n’ait pas de routes circulables ? Cela n’est pas du tout une surprise pour qui connaît les autorités du Mali, dont les actes ne sont pas toujours joints à la parole.

Oui, sur des routes à Bamako, l’on a l’impression de rouler dans un champ de manioc. La boue ou la poussière déferle sur les voies publiques, comme si les goudrons étaient devenus des mares par excellence. Pendant l’hivernage les routes s’inondent très rapidement et une fois la pluie arrêtée, bonjour la poussière. Pour les usagers, c’est un véritable casse-tête de rouler sur des routes de tels états à l’image de ce transporteur Birama Diarra qui témoigne : « Les routes sont impraticables. Franchement dit ce n’est pas agréable du tout de circuler sur nos routes. Moi personnellement, je préfère les routes en latérite dans les zones périphériques ou dans les villages que les routes dites goudronnées de Bamako. La capitale n’a aucune bonne route, je vous assure. »

Des routes périmées ?

Certes les récriminations des citoyens sont légitimes tant il y a des détails techniques qui échappent au grand public. Techniquement, de nombreuses routes au Mali en général et celles du District de Bamako ont largement dépassé leur durée de vie. Ce sont des routes fatiguées, selon les techniciens du département et même ceux du secteur privé de la construction des infrastructures routières. Selon eux, une route qui a quinze ans doit être purement et simplement enlevée pour la refaire à nouveau. On détruit toutes les couches. Pour tout dire, on enlève tout le tronçon. Et on fait un nouvel apport de matériaux.

Ce qui explique que depuis un certain temps, les réalisations d’infrastructures ne suivent pas les rythmes de la croissance et du besoin de la ville. Cependant les détails intéressent peu les usagers qui ne réclament que de bonnes routes. Et le constat amer est que, le Mali dans son état actuel, ne dispose pas de ressources nécessaires pour la construction des infrastructures dignes de ce nom. Pire, la posture diplomatique actuelle du Mali ne favorise pas le département en charge des infrastructures qui est fortement interpellé pour trouver des voies et moyens pouvant mobiliser de potentiels partenaires et ressources autour de ces défis.

Certes, le département avec ces services techniques, notamment l’Ageroute (Agence d’entretien des travaux d’entretien routier) sont à l’œuvre pour faire quelques entretiens mais très insuffisants pour qui connaît l’ampleur de la question liée à la route à Bamako.

Ainsi, le problème des routes s’ajoute à d’autres urgences du pays. Car il n’y a pas que Bamako, les routes des régions quasi impraticables elles aussi attendent une réaction des autorités.

On se rappelle encore le printemps des routes sous l’ancien président, Feu Ibrahim Boubacar Keïta, où plusieurs zones avaient été bloquées pour réclamer la réparation des routes ou réaliser de nouvelles infrastructures routières. Ce fut le cas de Kayes en 2019. Ces routes sont restées dans leur état après les événements d’août 2020 et depuis, le calvaire ne fait que s’empirer et perdurer.

Amadou Kodio

Source : Ziré

Last Updated on 25/10/2024 by Ousmane BALLO