Dans un entretien exclusif qu’il a nous accordé, hier mercredi 14 août 2024, le secrétaire général du Comité syndical du Centre national de recherche et d’expérimentation en bâtiment et travaux publics (CNREX-BTP), affilié au Syndicat national de l’industrie du bâtiment, bois et matériaux de construction (SYNIBABCOM), membre fondateur de l’UNTM, Karim Coulibaly, alerte les autorités maliennes sur la situation de cet établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) qui se meurt à petit feu et le sort pitoyable des 50 travailleurs qui accusent un retard de salaires et primes de 8 mois (depuis décembre 2023).
Selon le secrétaire général, Karim Coulibaly, qui était assisté de son adjoint Sidiki Drabo ; et de la secrétaire chargée de la Promotion féminine, Korotoumou Samaké, le CNEX-BTP est un organisme personnalisé rattaché au ministère des Transports et des infrastructures, dont le ministre assure la présidence du Conseil d’administration (PCA).
Il est régi par l’accord d’établissement et la Convention collective des bâtiments et travaux-publics (BTP).
Aussi, explique-t-il, il y a 3 catégories de travailleurs au CNREX-BTP à savoir les fonctionnaires de l’Etat, les contractuels de l’Etat et les conventionnaires recrutés sur fonds propres.
« Depuis décembre 2023, soit 8 mois, les conventionnaires recrutés sur fonds propres, au nombre de 25 agents, n’ont pas perçu leurs salaires. Il en est de même pour les primes des 25 autres fonctionnaires et contractuels de l’Etat, qui ne reçoivent que leurs salaires sur le budget national », dénonce le secrétaire général du Comité syndical du CNREX-BTP.
Et de déplorer, « l’AMO et les allocations familiales des agents sont coupées et leurs enfants chassés de l’école.
A la question de savoir comment en sommes-nous arriver là ? Karim Coulibaly donne des explications.
Pour lui, cette situation, qui ne date pas d’aujourd’hui, mais exacerbée avec l’avènement de la crise à Coronavirus ayant causé le départ de plusieurs investisseurs et partenaires, et « l’embargo inhumain et illégal de la CEDEAO contre le Mali », serait voulue et entretenue par le département de tutelle qui « n’utilise pas judicieusement les compétences du CNREX-BTP ». La preuve, au lieu de donner les marchés des grands travaux routiers relatifs aux études géotechniques des sols au Centre, techniquement compétent en la matière, le ministère préfère les attribuer aux privés, qui reviennent sous-traiter avec le CNREX-BTP à vile prix. Et n’ayant le choix, ce dernier est obligé d’accepter.
De même, depuis 2014, soit 10 ans, le CNREX-BTP n’a pas reçu un véhicule de chantier de la part de l’Etat.
Par ailleurs, a fait savoir le secrétaire général du Comité syndical, récemment le CNREX-BTP, une référence dans la sous-région Ouest africaine, en matière d’études géotechniques des sols, sollicité en Côte-Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, a perdu un marché avec la Guinée-Conakry, en raison de la crise politique et diplomatique en cours entre le Mali et la France.
Parlant de la mauvaise qualité des routes au Mali, Karim Coulibaly est convaincu qu’elle est due au manque d’études géotechniques des sols sérieuses et fiables que seul le CNREX-BPT peut offrir au Mali et dans la sous-région un travail scientifique. Il en veut pour preuve, « Tous les ingénieurs en géotechniques de la placé ont passé par ce CNREX-BTP ».
En guise de solution à cette situation qui perdure, le secrétaire général du Comité syndical recommande l’application stricte des textes met l’accent sur le respect des normes et la qualité des matériaux de construction.
Toutes choses qui auront l’avantage de faire travailler le Centre, rendre nos routes plus durables et éviter les fréquents effondrements de bâtiments au Mali dus au même problème d’étude géotechnique « sérieuse ».
En attendant, le secrétaire général du Comité syndical, Karim Coulibaly, invite le président de la transition, le colonel Assimi Goita, à prendre à bras le corps le problème des travailleurs du CNREX-BTP dont certains ont fui vers d’autres cieux ; et d’autres chefs de famille n’arrivent plus à venir au service faute de moyens et leurs enfants sont renvoyés des écoles.
En tout cas, une triste réalité qui interpelle aujourd’hui toutes les âmes sensibles.
Pour rappel, le CNREX-BTP a pour mission de garantir l’art de construire à travers, entre autres, la recherche sur les matériaux de construction et les systèmes constructifs ; les études, le suivi-contrôle et les essais de géotechniques ; l’appui-conseil technique du secteur du BTP ; la formation et l’information scientifique.
Sékou Camara
Last Updated on 15/08/2024 by Ousmane BALLO
