Union francophone de l’audit interne : Bamako accueille la 14è conférence

«En périodes de crises multidimensionnelles : quels défis pour l’audit interne ?». C’est le thème de la 14ème conférence de l’Union francophone de l’audit interne (UFAI) qui a débuté hier à Bamako pour prendre fin aujourd’hui. Cette rencontre est organisée par l’Association des contrôleurs, inspecteurs et auditeurs du Mali (Aciam). L’ouverture des travaux était présidée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement, de la présidente de l’UFAI, Gally Amazan. On notait également la présence du président de l’Aciam, Moussa Diakité et des acteurs de l’audit interne.

Durant deux jours, une vingtaine de conférenciers et plus de 100 participants venus du Burkina Faso, du Canada, de Côte d’Ivoire, de France, du Sénégal, du Canada et du Mali échangeront sur ce thème principal. Cela, à travers des plénières et des tables rondes en présentiel et en ligne. Les objectifs de la conférence sont, entre autres, la compréhension et la promotion de l’audit interne. Tout en apportant des réponses aux défis multiformes auxquels l’audit interne fait face de nos jours, les participants sensibiliseront les autorités sur la contribution de cette discipline à la bonne gouvernance et à la création des services d’audit interne dans les structures publiques.

Le Mali a été choisie pour la deuxième fois pour organiser cette conférence biennale après l’organisation, en 2006, de la 7ème conférence. D’entrée de jeu, le Premier ministre a rappelé que le Sahel est en proie depuis plus d’une décennie à une crise sécuritaire et au terrorisme avec son lot de trafic de drogues, de rackets et de prises d’otages. S’agissant de la bonne gouvernance, la transparence et la réduction du train de vie de l’État, Dr Choguel Kokalla Maïga précisera que le gouvernement a déployé d’énormes efforts en termes de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite. Sous peine d’échec, soutiendra-t-il, ces actions doivent être soutenues par des structures de contrôle efficaces aussi bien dans la prévention que la détection.

Pour le chef du gouvernement, l’audit interne figure en bonne place dans ce dispositif. À ce propos, il a rappelé qu’en 2011, le gouvernement a adopté la Stratégie nationale du contrôle interne (SNCI) avec comme vision : «Un contrôle interne performant, harmonisé favorisant la bonne gouvernance et le service aux citoyens». En 2013, les directives de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) relatives au cadre harmonisé des finances publiques, ont été transposées au plan national, à travers l’adoption d’un certain nombre de textes législatifs. En février 2016, le gouvernement a approuvé la Politique de gestion axée sur les résultats avec comme vision : «Une administration publique performante, responsable et redevable aux citoyens».

La même année, a indiqué Dr Choguel Kokalla Maïga, le gouvernement a également validé l’étude portant «fixation des critères et normes pour la mise en place d’un service d’audit interne (SAI) au sein d’un département ministériel ou d’un service public. Il a assuré que son équipe poursuivra avec détermination ces actions pour renforcer la gouvernance et promouvoir une meilleure synergie entre les structures de contrôle. Quant à la présidente de l’UFAI, elle a signalé que la pandémie de Covid-19 a eu des effets certains sur une majorité d’entreprises qui ont été contraintes d’arrêter leurs activités, soit partiellement soit totalement. «En temps de crise, l’audit interne constitue un atout majeur et a un rôle important à jouer.

Il est donc fondamental que les plans d’audit stratégiques soient revus dans la perspective de réévaluer les retombées de la crise sur les opérateurs économiques, la gouvernance de l’entreprise, l’environnement de contrôle ainsi que la fonction d’audit interne elle-même. Développer une stratégie efficace incluant un processus rigoureux de gestion des risques à la poursuite des objectifs de protection des investissements et de croissance est aujourd’hui une nécessité», a estimé Gally Amazan.

Le président de l’Aciam a indiqué que son association, depuis sa création en juillet 1998, s’est positionnée comme le partenaire stratégique du gouvernement, des établissements publics nationaux, des structures de contrôle (tant administratif que juridictionnel), des autorités administratives indépendantes dans le domaine du contrôle, des autorités judicaires, des entreprises publiques et privées. L’Aciam, a expliqué Moussa Diakité, a pour missions de promouvoir la pratique du contrôle, particulièrement de l’audit interne et de répondre aux besoins des professionnels au Mali.

Makan SISSOKO

Source : L’Essor

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