Conseil national du patronat du Mali : vers la mise en place d’un comité de crise

Pour une sortie de crise au Conseil national du patronat du Mali (CNPM),  les responsables de plusieurs Groupements professionnels, ainsi que des Conseils régionaux (soit 26 au total) tous membres dudit Conseil ont élaboré un mémorandum qui prévoit la mise en place d’un Comité de crise consensuel et inclusif de 30 membres pour diriger une transition pouvant aller de 6 à 12 mois.

Cette proposition de sortie de crise a été rendue publique la semaine dernière au cours d’un point de presse animé par le président du Groupement des Commerçants Maliens (GCM), Soya Golfa, président dudit Comité de crise. C’était au siège des ‘’Assurances Blues’’ en présence de Boubacar Hachimi Diallo, Mme Cissé Fatoumata Kouyaté, présidente de l’Association malienne des agences de voyage et de tourisme ; Souleymane Baba Traoré, président de la Fédération des transitaires ; Sidi Danioko, président du GPAC, ainsi que plusieurs autres présidents d’organisations signataires dudit document.

Dans son mot introductif, Soya Golfa a insisté sur le fait que le patronat appartient à tous les acteurs du secteur privé. Seulement, dit-il, il y a eu des incompréhensions qui sont à l’origine de cette crise préjudiciable au secteur. C’est pourquoi, dit-il, il a jugé nécessaire de trouver une solution pour sauver cette faîtière des patrons.

De son explication, il ressort qu’il y a au total 39 organisations membres du CNPM sur lesquelles 26 se réclament du camp de Mamadou Sinsi Coulibaly. Face à cette crise qui paralyse le patronat depuis octobre 2020, le président du Groupement des Commerçants Maliens (GCM) préconise trois solutions possibles, à savoir : la solution judiciaire ; la solution de la négociation et celle de la mise en place d’un comité de crise pour relire les textes et organiser de nouvelles élections. De ces trois solutions, la dernière est celle qui semble être la plus privilégiée par les acteurs face au risque de voir le feuilleton judiciaire traîner en longueur.

Pour ce faire, Soya Golfa a invité les acteurs ainsi que les autorités du pays à se mettre d’accord autour de cette solution relative à la mise en place d’un Comité de transition à la tête du CNPM et permettre au patronat de fonctionner avant que le dossier ne soit vidé au niveau de la justice.  Selon les initiateurs de cette rencontre, c’est en sa qualité de doyen des opérateurs économiques du Mali que Soya Golfa a été désigné comme président du Comité de crise. Après lui, les autres membres seront désignés de manière consensuelle dans les deux camps. Ce comité a pour mission d’installer une transition au niveau du patronat et de rassembler les acteurs. D’ores et déjà, il y a des négociations en cours.

Au total, 39 Groupements sont affiliés au CNPM. Ainsi pour Boubacar Hachimi Diallo, il ne s’agit pas pour les groupements de défendre une équipe, mais de sauver le CNPM. Selon lui, depuis l’échec du consensus, il y a un manque de débat économique, un manque de crédibilité. Boubacar Hachimi Diallo estime également que la justice ne peut sauver le secteur privé quand les acteurs cessent d’être cohérents. Il a rappelé que la crise actuelle du CNPM est née à la suite de l’organisation des élections de renouvellement de mandat du bureau dudit Conseil vu que le mandat de l’ancien bureau arrivait à terme le 09 octobre 2020. Malgré toutes les tentatives de conciliation, les parties n’ont pu trouver une solution commune de sortie de crise. De fait, elles ont plongé le CNPM dans un nœud gordien avec son corollaire de feuilleton judiciaire et quelquefois de scènes de violence. Toutes choses qui ont des conséquences pour le secteur privé.

Dans la déclaration lue par Mme Cissé Fatoumata Kouyaté, il ressort que ce sont 26 organisations sur les 39 que compte le CNPM qui ont validé le mémorandum et la déclaration du 13 janvier à la date du 19 janvier. Toutefois, elle estime que la liste reste ouverte pour les organisations. Selon elle, personne ne réglera ce problème du CNPM mieux que les acteurs.

A O

Source : Ziré