580 personnes tuées au centre ces six derniers mois : l’ONU accuse les milices peul et dogon

Selon l’ONU, les attaques terroristes et les conflits inter-communautaires ont entraîné la mort de 580 personnes durant ces six derniers mois. Ainsi, dans un communiqué publié la semaine dernière, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, appelle les autorités maliennes à ouvrir rapidement des enquêtes approfondies, impartiales et indépendantes sur lesdites violences.

 Dans ledit communiqué, Michelle Bachelet précise : « Le cercle vicieux des attaques de représailles entre les milices Dogon et Peul, couplé aux violations et abus commis par les Forces de défense et de sécurité maliennes et les groupes armés, a créé une situation d’insécurité chronique pour la population civile, qui ne peut pas compter sur la protection des forces maliennes. Les gens ont besoin de justice, de recours et de réparations. »

Du 1er janvier au 21 juin, la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation au Mali (Minusma) a documenté 83 incidents de violences inter-communautaires dans la région de Mopti. Selon le Haut-Commissaire de l’ONU, les milices appartenant à la communauté peul ont été responsables d’au moins 71 de ces incidents violents, entraînant la mort de 210 personnes, tandis que celles issues de la communauté dogon ont perpétré 12 attaques, faisant au moins 82 morts.

De même, Michelle Bachelet relève que ces attaques inter-communautaires ont également été alimentées et instrumentalisées par Al-Qaïda au Maghreb islamique, l’Etat islamique dans le Grand Sahara, le Groupe de Soutien à l’Islam et aux musulmans et d’autres groupes armés similaires ou affiliés.

« Ces groupes ont été responsables de 105 atteintes aux droits humains dont 67 morts depuis le début de l’année dans la région de Mopti, selon la MINUSMA. Dans ce climat de terreur où la population est prise en étau, des individus ont également été enlevés, contraints de rejoindre des milices communautaires ou déplacés. “Les assaillants visent clairement à infliger des dommages importants et durables aux communautés, en incendiant des maisons, en pillant des biens et des greniers et en tuant ou en volant du bétail », souligne-t-elle.

Aussi, du communiqué, il ressort que des éléments des Forces de défense et de sécurité maliennes ont été impliqués dans des violations des droits humains. « La MINUSMA a recensé 230 exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires attribuées à des éléments des Forces de défense et de sécurité maliennes dans les régions centrales de Mopti et Ségou. 47 de ces morts, survenues en mars 2020, sont attribuées aux forces de défense et de sécurité maliennes agissant probablement sous le commandement de la Force conjointe du Groupe de cinq pays du Sahel (G5 Sahel) », peut-on lire dans le communiqué.

Ousmane BALLO

Source : Ziré