Couvre-feu à Bamako : les taximen dans la détresse

Depuis l’instauration du couvre-feu, les taximen du District de Bamako ne savent plus où donner de la tête. La nuit qui était considérée comme leur temps favoris, ne l’est plus. Par conséquent, atteindre les recettes journalières est devenu un sérieux parcours du combattant.

L’expression ‘’Américains’’ (les taximen travaillant tard dans la nuit) n’existe plus dans le jargon des chauffeurs de taxis. A cause du couvre-feu, ils sont tous obligés de garer leurs véhicules avant 21 heures et cela jusqu’à 5 heures du matin. « Pour un taximan, la nuit constitue le moment idéal pour avoir plus de clients et de réaliser plus de gains en plus de la recette journalière réservée au propriétaire du véhicule. Mais malheureusement avec le couvre-feu, tout est devenu difficile. Même avoir la recette est devenue un sérieux problème aujourd’hui. Mais, nous n’avons pas le choix, nous sommes obligés de jongler ainsi jusqu’à nouvel ordre. La vérité est que la plupart des taximen n’arrivent plus à avoir leurs recettes », nous a témoigné Moussa Cissé, taximan.

Face à cette situation, des chauffeurs de taxi ont volontairement décidé de rendre les véhicules à leurs propriétaires. Parce que tout simplement, ils ne peuvent plus assurer les recettes journalières. « Il y a des collègues qui ont, aujourd’hui, décidé volontairement de rendre les véhicules à leurs propriétaires pour faire autre chose. Parce qu’ils ne peuvent plus assurer leurs propres besoins quotidiens et garantir les recettes journalières du propriétaire du véhicule», a-t-il expliqué.

Si avant le couvre-feu, c’était le non stop pour certains taximen, aujourd’hui, il n’en est plus ainsi. En attendant le retour à la normale, ils doivent forcément se conformer au rythme de l’heure.

Ousmane BALLO

Source : Ziré