Mali-Sénégal : les backbones nationaux s’interconnectent pour renforcer la souveraineté numérique

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L’interconnexion des réseaux nationaux de fibre optique du Mali et du Sénégal marque une nouvelle étape dans l’intégration numérique de l’Afrique de l’Ouest. Mise en service le 5 octobre 2026, cette liaison transfrontalière doit améliorer la capacité, la résilience et la sécurité des communications numériques entre les deux pays.

Le Mali et le Sénégal franchissent une nouvelle étape dans leur coopération numérique. La Société malienne de transmission et de diffusion (SMTD-SA) et Sénégal Numérique-SA ont procédé, lundi 5 octobre 2026, à l’inauguration de l’interconnexion de leurs backbones nationaux de fibre optique.

Portée par le Réseau ouest-africain des Backbones (ROA-BN), cette infrastructure constitue un maillon important du futur maillage numérique régional. Elle vise notamment à diversifier les routes de transmission, sécuriser le trafic de données et réduire la dépendance à des itinéraires uniques.

L’interconnexion directe des réseaux maliens et sénégalais répond à un enjeu devenu stratégique pour les économies ouest-africaines : garantir la continuité des services numériques.

En reliant leurs infrastructures nationales, les deux pays augmentent leurs capacités de transport de données et améliorent la qualité des communications. La réduction de la latence devrait également favoriser des échanges plus rapides entre les différents réseaux.

L’un des principaux avantages réside surtout dans la redondance des liaisons. En cas d’incident ou de rupture sur un axe, le trafic pourra être orienté vers une autre route disponible. Cette architecture contribue ainsi à renforcer la disponibilité des services numériques essentiels pour les administrations, les entreprises et les citoyens.

Cette réalisation s’inscrit dans la vision du Réseau ouest-africain des Backbones, dont le siège est établi en Guinée et dont la présidence est assurée par le Mali à travers le Directeur général de la SMTD-SA, Dr Cheick Oumar Traoré.

L’ambition affichée est de construire progressivement un réseau régional maillé, interopérable et sécurisé, permettant aux différents backbones nationaux de fonctionner de manière complémentaire.

Pour le ROA-BN, l’enjeu dépasse donc la seule liaison entre Bamako et Dakar. Il s’agit de créer plusieurs routes de transmission afin de mieux absorber les éventuelles ruptures et d’accompagner l’augmentation continue des usages numériques en Afrique de l’Ouest.

L’infrastructure devrait également produire des effets sur l’économie numérique. Une meilleure interconnexion des réseaux peut contribuer à réduire certains coûts de transit, à améliorer les performances des services en ligne et à renforcer l’attractivité du corridor numérique reliant les deux pays.

Elle doit aussi faciliter les échanges de données, encourager l’hébergement local des contenus et soutenir le développement de nouveaux services numériques.

Administrations publiques, opérateurs économiques, plateformes numériques et citoyens sont ainsi appelés à bénéficier d’une connectivité plus robuste et plus fiable.

Une ouverture vers l’Internet mondial

La nouvelle liaison s’inscrit également dans une architecture plus large, avec une ouverture vers des réseaux internationaux, notamment à travers une connexion au câble sous-marin en provenance du Portugal et du Cap-Vert.

Cette configuration permet de diversifier les points d’accès à l’Internet mondial et de renforcer la résilience du trafic international. Elle participe ainsi à la construction progressive d’une infrastructure numérique régionale moins vulnérable aux incidents affectant une seule route de transmission.

La cérémonie d’inauguration a réuni les responsables de la SMTD-SA et de Sénégal Numérique-SA, leurs délégations ainsi que plusieurs autorités administratives et locales des zones frontalières, notamment de Kidira et Diboli.

Les responsables des deux sociétés ont salué la coordination entre les équipes techniques et la qualité des opérations ayant permis la réalisation du raccordement.

Les autorités présentes ont, pour leur part, insisté sur la nécessité de préserver durablement ces infrastructures. La protection physique des sites, la surveillance des liaisons et la coopération transfrontalière apparaissent désormais comme des conditions essentielles à la continuité et à l’intégrité du réseau.

L’interconnexion Mali-Sénégal constitue ainsi davantage qu’une opération technique. Elle traduit une volonté de rapprocher les infrastructures numériques nationales et de renforcer l’autonomie technologique de la sous-région.

Pour le ROA-BN, cette étape ouvre la voie à de nouvelles interconnexions entre les pays ouest-africains. L’objectif est de densifier progressivement les routes de transmission et de faire émerger une dorsale numérique régionale capable de soutenir la croissance des usages, la continuité des services et la compétitivité des économies africaines.

À terme, l’enjeu est de faire des infrastructures numériques un véritable levier de souveraineté, d’intégration régionale et de développement économique.

IB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 07/10/2026 by Ousmane BALLO

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