Microfinance : 184,4 milliards de FCFA de dépôts en 2025

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Le secteur malien de la microfinance a poursuivi sa progression en 2025. Les dépôts ont atteint 184,4 milliards de FCFA, en hausse de 11,7 % sur un an, tandis que l’encours des crédits s’est établi à 209,9 milliards. Derrière cette croissance, le secteur reste confronté aux enjeux de qualité du portefeuille, de gouvernance, de digitalisation et de protection de la clientèle.

La microfinance confirme son poids dans le financement de l’économie malienne. À fin 2025, les systèmes financiers décentralisés (SFD) ont collecté 184,4 milliards de FCFA de dépôts, soit une progression de 11,7 % en un an. Les chiffres ont été présentés lors de la 25ᵉ assemblée générale ordinaire de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Mali (APSFD-Mali), le 17 septembre 2026 à Bamako.

Cette évolution traduit une progression de l’épargne confiée aux institutions de microfinance et confirme leur rôle dans l’intermédiation financière, notamment auprès des populations et des acteurs économiques qui disposent d’un accès plus limité au système bancaire classique.

Le secteur comptait, selon les données présentées lors de l’assemblée générale, 116 systèmes financiers décentralisés agréés et environ 1,6 million de clients à fin 2025. La clientèle a progressé de 2,7 % sur un an. Cette évolution montre que la microfinance conserve une base importante d’utilisateurs et demeure un canal essentiel pour l’accès aux services financiers.

L’activité de crédit a également enregistré une progression. L’encours des crédits s’est établi à 209,9 milliards de FCFA, en hausse de 2,4 % sur un an. La progression des crédits reste toutefois moins rapide que celle des dépôts. Cet écart peut notamment être observé comme un élément à suivre dans l’évolution de l’intermédiation financière du secteur : la capacité à transformer l’épargne collectée en financements répondant aux besoins de l’économie constitue l’un des enjeux de la prochaine phase de développement.

Autre indicateur à retenir : les créances en souffrance ont diminué de 13,7 %, pour atteindre 13,2 milliards de FCFA, selon les données présentées par l’APSFD-Mali. Cette évolution constitue un élément du bilan 2025, mais elle ne permet pas, à elle seule, d’évaluer la situation financière de chacun des établissements. La qualité du portefeuille demeure en effet étroitement liée aux pratiques de gestion du risque et à la capacité des emprunteurs à honorer leurs engagements.

À l’échelle régionale, la BCEAO identifie d’ailleurs la gestion du risque de crédit comme l’un des principaux défis du secteur. Dans l’Union monétaire ouest-africaine, la clientèle de la microfinance était estimée à 20,4 millions de personnes à fin décembre 2025, en hausse de 6,6 % sur un an, tandis que le taux brut de dégradation du portefeuille atteignait 7,5 %.

Digitalisation et gouvernance au cœur des défis

La croissance du secteur ne se limite plus à la collecte de l’épargne et à l’octroi de crédits. La transformation numérique constitue désormais un enjeu majeur pour les systèmes financiers décentralisés.

La digitalisation peut permettre de réduire certains coûts, d’améliorer l’accès aux services financiers et de faciliter les opérations des clients. Elle nécessite toutefois des dispositifs adaptés en matière de sécurité, de contrôle et de protection des données.

La solidité financière, la gouvernance et la protection de la clientèle figurent également parmi les défis identifiés lors de la rencontre de Bamako.

Pour un secteur qui collecte plusieurs centaines de milliards de FCFA auprès des populations et des acteurs économiques, la confiance constitue en effet un actif essentiel. Elle repose notamment sur la transparence des opérations, la qualité de la gestion, l’information des clients et la capacité des institutions à maîtriser leurs risques.

Avec 184,4 milliards de FCFA de dépôts et 209,9 milliards de crédits à fin 2025, la microfinance occupe une place significative dans le paysage financier malien. L’enjeu pour les prochaines années sera de consolider cette croissance tout en améliorant la qualité de l’intermédiation financière. L’objectif consiste notamment à mobiliser davantage l’épargne, financer durablement les activités économiques et préserver la solidité des institutions.

La progression du nombre de clients montre par ailleurs que la demande de services financiers reste importante. Mais l’élargissement de l’accès doit aller de pair avec une meilleure protection des emprunteurs et une gestion rigoureuse du risque de crédit.

Ainsi, le bilan 2025 de la microfinance malienne présente un secteur en progression, mais confronté à une équation désormais plus complexe : transformer la croissance des dépôts et de la clientèle en financement durable de l’économie, tout en renforçant la solidité financière et la confiance des usagers.

Ousmane BALLO

Source : Le Capital

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