Pacte de durabilité 2026-2035 : Cap sur le respect des engagements

à la une Accueil Actualités Au Mali Flash infos Infos en continus Société

Réunis le 12 août 2026 à Bamako, les principaux acteurs du secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement (EHA) ont franchi une nouvelle étape dans l’appropriation du Pacte de durabilité des services EHA 2026-2035. L’enjeu est désormais de transformer les engagements en actions concrètes afin de garantir, à l’horizon 2035, des services durables, équitables et accessibles à l’ensemble des populations maliennes.

Le Mali veut renforcer la durabilité de ses services d’eau, d’hygiène et d’assainissement. À cet effet, les représentants de l’État, des collectivités territoriales, de la société civile, des partenaires techniques et financiers et du secteur privé se sont retrouvés à Bamako, le 12 août 2026, dans le cadre d’un atelier consacré à la dissémination et à l’appropriation du Pacte de durabilité des services EHA 2026-2035.

Cette rencontre, soutenue financièrement par WaterAid Mali, avait notamment pour ambition de créer une compréhension commune des engagements contenus dans le Pacte et de clarifier les responsabilités des différentes parties prenantes. Au-delà de la présentation du document, les participants ont été invités à réfléchir aux mécanismes nécessaires pour assurer sa mise en œuvre effective et à contribuer à l’élaboration d’une plan d’actions opérationnel.

L’objectif affiché est clair : faire en sorte que le Pacte soit effectivement approprié par l’ensemble des acteurs concernés, afin de faciliter son exécution sur l’ensemble de la période 2026-2035.

Dans son mot de bienvenue, Bourama Tabalaba, directeur exécutif de la CN-CIEPA/WASH, a rappelé l’engagement de longue date de la société civile en faveur d’un accès équitable aux services EHA. « En tant qu’acteurs de terrain, nous, organisations de la société civile, avons compris combien l’eau et l’assainissement sont au cœur de la dignité humaine, de la santé publique, de l’éducation et du développement économique », a-t-il souligné.

Il a également attiré l’attention sur les difficultés auxquelles restent confrontées de nombreuses communautés : insuffisance des infrastructures, disparités territoriales, vulnérabilité des populations défavorisées et conséquences du changement climatique sur les ressources en eau. Pour lui, le droit d’accès à l’eau potable étant un droit fondamental, les efforts doivent être poursuivis afin de garantir à chaque citoyen un accès effectif à ce service essentiel.

Pour Mamadou Keita, représentant de WaterAid Mali, la réussite de cette initiative repose sur une responsabilité partagée entre tous les intervenants du secteur. « Les engagements pris le sont pour tous les acteurs du secteur. On se doit, dans cette optique, de suivre et d’opérationnaliser lesdits engagements », a-t-il souligné.

Selon lui, la diffusion du document auprès des différents intervenants constitue une étape essentielle pour assurer son appropriation. WaterAid Mali a, à cet effet, réaffirmé sa disponibilité à accompagner le processus.

La rencontre de Bamako marque ainsi le passage d’une phase d’engagement à une phase plus opérationnelle, dans laquelle les orientations devront progressivement être traduites en actions concrètes, suivies et évaluées.

CePacte s’étend sur dix ans, de 2026 à 2035, avec l’ambition de renforcer les acquis et de répondre aux défis persistants liés à l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement.

Dans son intervention, Drissa Traoré, s’exprimant au nom des départements ministériels concernés, a rappelé l’engagement du Mali en faveur de l’accès universel aux services essentiels.

Cette ambition s’inscrit notamment dans le cadre de l’Objectif de développement durable n°6, consacré à l’eau et à l’assainissement, mais également dans les orientations nationales de développement à long terme, dont la Vision « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable du Mali.

Quatorze engagements répartis entre les différents acteurs

Selon la présentation faite par la Cellule de planification et de statistique du secteur Eau, Environnement, Urbanisme et Domaines de l’État (CPS-SEEUDE), le Pacte est structuré autour de 14 engagements répartis entre les principales catégories d’acteurs du secteur.

L’État porte la part la plus importante avec huit engagements, couvrant notamment la continuité du service public de l’eau en milieu rural et semi-urbain, la maintenance des infrastructures, l’accessibilité des services et l’inclusion sociale.

Les engagements de l’État concernent également le contrôle de la qualité de l’eau mise à la disposition des populations, le renforcement de la durabilité des ouvrages d’assainissement et des pratiques d’hygiène, ainsi que l’amélioration des services EHA dans les écoles et les établissements de santé. La gestion durable des déchets issus des établissements de santé, le renforcement du dispositif de suivi-évaluation et l’intégration systématique des enjeux liés au climat et au genre dans la planification des services EHA figurent également parmi les priorités retenues.

Les collectivités territoriales sont, elles aussi, appelées à jouer un rôle déterminant dans la réussite du Pacte. Elles devront intégrer davantage la question de la durabilité des services EHA dans leurs outils de planification locale, notamment les Plans de développement économique, social et culturel (PDSEC). Le renforcement du suivi du fonctionnement des ouvrages, l’amélioration de la gouvernance locale, la promotion de l’intercommunalité et le suivi des contrats de délégation de gestion font également partie des engagements attendus.

Les collectivités sont par ailleurs invitées à encourager le paiement des services publics EHA et à renforcer la communication auprès des populations afin de favoriser une meilleure appropriation des infrastructures.

La société civile devra notamment contribuer à la mobilisation des acteurs, au plaidoyer en faveur de la durabilité des services et à l’implication accrue des communautés et des collectivités territoriales. Elle est également appelée à plaider pour une plus grande mobilisation des autorités et des partenaires techniques et financiers en faveur du secteur.

De leur côté, les partenaires techniques et financiers sont invités à accompagner le gouvernement et les autres parties prenantes sur les plans financier et technique. Leur contribution devrait également porter sur le renforcement des capacités, la mobilisation citoyenne, l’inclusion sociale et la mise en place de mécanismes de financement adaptés aux besoins du secteur.

Le Pacte prévoit notamment une réflexion autour d’un financement pluriannuel et prévisionnel destiné à soutenir le fonctionnement des cadres de concertation, le suivi des engagements et les contrôles de durabilité.

Quant au secteur privé, il est appelé à renforcer la professionnalisation de la prestation des services EHA, dans le respect des normes de qualité et des cadres contractuels établis avec les autorités.

L’amélioration de la qualité technique des ouvrages, la prise en compte de la résilience climatique et du genre, ainsi que la viabilité financière et l’accessibilité économique des services font partie des engagements attendus.

Le défi du financement et de l’opérationnalisation

La réussite du Pacte dépendra désormais largement de la capacité des différents acteurs à mobiliser les ressources nécessaires et à mettre en œuvre les engagements dans la durée.

À l’issue de l’atelier, plusieurs recommandations ont été formulées. Les participants ont notamment appelé à accélérer la mise en place du mécanisme chargé d’opérationnaliser le Pacte et à intensifier le plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers pour soutenir le financement de sa mise en œuvre et de son suivi.

Ils ont également recommandé de renforcer la dissémination du document aux niveaux national, régional et communal, ainsi que de traduire et diffuser son contenu dans les langues officielles afin de favoriser son appropriation par le plus grand nombre.

L’organisation d’un atelier de partage du futur plan d’action et la diffusion du Pacte signé auprès de l’ensemble des parties prenantes figurent également parmi les priorités identifiées.

Conclu pour une durée de dix ans, le Pacte pourra être renouvelé avec l’accord des parties et amendé sur la base d’un consentement mutuel. Son plan d’action est actuellement en cours d’élaboration.

Au-delà des déclarations d’intention, le véritable défi sera donc de transformer ce cadre d’engagement en résultats mesurables. Pour les acteurs réunis à Bamako, le Pacte de durabilité 2026-2035 constitue une promesse collective : faire en sorte que l’accès durable à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement devienne progressivement une réalité pour tous les Maliens.

O B / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 20/08/2026 by Ousmane BALLO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *