Niger : un investissement de 1,9 milliard de dollars pour une raffinerie et un complexe pétrochimique à Dosso

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L’État nigérien et le consortium ZIMAR GROUP / HIGH TECH ont signé, samedi 15 août 2026 à Niamey, une convention de partenariat public-privé portant sur la construction d’une raffinerie de 100 000 barils par jour et d’un complexe pétrochimique à Dosso. Estimé à environ 1,9 milliard de dollars, soit plus de 1 150 milliards de FCFA, le projet ambitionne de renforcer la transformation locale du pétrole nigérien et de réduire la dépendance du pays aux importations de produits pétroliers.

Le Niger veut désormais tirer davantage de valeur ajoutée de ses ressources pétrolières. À travers la signature d’une nouvelle convention avec le consortium ZIMAR GROUP / HIGH TECH, les autorités nigériennes ouvrent la voie à la réalisation d’un important complexe industriel dédié au raffinage et à la pétrochimie.

La convention a été signée samedi à la Primature, à Niamey, par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré, également président du comité chargé des négociations avec les partenaires dans le domaine pétrolier, et le représentant de ZIMAR GROUP.

Cette signature fait suite au mémorandum d’entente conclu en octobre 2024 entre l’État du Niger et un consortium composé de ZIMAR GROUP, société de droit nigérien, et de HIGH TECH, société américaine.

Au cœur du projet figure la construction, à Dosso, d’une raffinerie conventionnelle d’une capacité totale de 100 000 barils par jour. L’infrastructure sera composée de trois trains de production : un premier d’une capacité de 30 000 barils par jour, suivi de deux autres unités de 35 000 barils chacune.

Le projet comprend également la réalisation d’un complexe pétrochimique, destiné à élargir les capacités de transformation des hydrocarbures et à développer de nouvelles activités industrielles autour des ressources pétrolières du pays.

Avec cette capacité, le futur complexe pourrait considérablement modifier l’équilibre du secteur pétrolier nigérien. Selon les données avancées dans le projet, le Niger produit environ 110 000 barils de brut par jour, tandis que sa capacité actuelle de raffinage demeure nettement inférieure.

Plus de 1 150 milliards de FCFA d’investissement

Le coût global du projet est estimé à environ 1,9 milliard de dollars américains, soit plus de 1 150 milliards de francs CFA.

L’investissement sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé selon le modèle BOT, pour Build, Operate and Transfer, autrement dit « construire, exploiter et transférer ».

La durée globale de la convention est fixée à 16 ans, dont trois années consacrées à la construction des installations et treize années à leur exploitation commerciale, avant le transfert définitif des infrastructures à l’État du Niger.

Le consortium devrait, selon les dispositions annoncées, disposer de quatre mois pour mobiliser le financement et de douze mois pour finaliser le bouclage financier du projet.

Le choix de Dosso répond également à des considérations économiques et logistiques. Située à environ 140 kilomètres de Niamey, la région bénéficie d’une position susceptible de faciliter l’approvisionnement du marché national, mais aussi de desservir d’autres débouchés dans l’espace sahélien et au nord du Nigeria.

Au-delà de la satisfaction des besoins intérieurs, le projet nourrit donc l’ambition de faire du Niger un acteur régional du raffinage et de la production pétrochimique.

L’objectif affiché par les autorités est de renforcer l’autosuffisance du pays en produits pétroliers, tout en réduisant progressivement les importations. La transformation locale du brut devrait également permettre de créer davantage de valeur ajoutée au sein de l’économie nationale.

Un nouvel axe de la souveraineté énergétique

Cette convention s’inscrit dans la stratégie des autorités nigériennes visant à accélérer l’industrialisation du pays et à renforcer la maîtrise nationale de ses ressources stratégiques.

Dans un contexte où plusieurs États producteurs africains cherchent à développer leurs capacités locales de transformation, le Niger mise sur une montée en puissance de son industrie pétrolière afin de limiter l’exportation de matières premières brutes et de développer des chaînes de valeur sur son territoire.

Un comité de suivi doit être mis en place pour veiller à la bonne exécution de la convention et au respect des engagements contractuels des différentes parties.

Si le projet franchit avec succès les étapes du financement et de la construction, la future raffinerie de Dosso pourrait constituer l’un des plus importants investissements industriels réalisés dans le secteur énergétique nigérien. Pour Niamey, l’enjeu dépasse la seule construction d’une infrastructure : il s’agit de transformer le pétrole national en un véritable levier d’industrialisation, de souveraineté énergétique et de rayonnement économique régional.

IT / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 17/08/2026 by Ousmane BALLO

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