Mali : le Centre Hospitalier Mère-Enfant « Le Luxembourg » présente l’état d’avancement de la transplantation rénale

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Reçu en audience par le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social, le comité de direction du Centre Hospitalier Mère-Enfant « Le Luxembourg » a présenté, mercredi 29 juillet 2026, les avancées techniques, médicales et organisationnelles du projet de transplantation rénale. Une initiative qui ambitionne de renforcer l’offre nationale de soins spécialisés et de réduire le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger.

La rencontre entre la ministre de la Santé et les responsables du Centre Hospitalier Mère-Enfant « Le Luxembourg » a été consacrée aux perspectives de développement de la transplantation rénale au Mali, une intervention considérée comme le traitement de référence pour les patients souffrant d’insuffisance rénale chronique terminale.

À cette occasion, le Directeur général de l’établissement, Dr Alpha Gueye, a dressé un état des lieux des capacités du centre dans la prise en charge des maladies rénales et des préparatifs engagés pour le lancement de cette activité hautement spécialisée.

Les aspects scientifiques et techniques du projet ont été présentés par le Dr Djiguiba, néphrologue au Centre Hospitalier Mère-Enfant « Le Luxembourg », et le Pr Alkadry Diarra, chirurgien urologue.

Selon les deux spécialistes, le Mali dispose désormais de solides acquis pour amorcer la transplantation rénale. Le Centre Hospitalier est doté d’un service de néphrologie animé par des professionnels qualifiés, formés aux pratiques liées au don d’organes et à la transplantation.

Les équipes ont également mis en avant les infrastructures déjà disponibles, notamment deux blocs opératoires, un laboratoire, un service d’imagerie médicale ainsi qu’une pharmacie hospitalière répondant aux exigences techniques de cette intervention médicale complexe.

Des compétences nationales déjà éprouvées

Les spécialistes ont rappelé que plusieurs médecins maliens ont bénéficié de formations spécialisées dans le domaine de la transplantation rénale, aussi bien au Mali qu’à l’étranger.

Ils ont souligné que les équipes nationales possèdent déjà une expérience concrète dans l’accompagnement des patients.

« Des patients ont été préparés par nos soins au Mali, puis transplantés à l’étranger et sont actuellement suivis avec succès par les équipes médicales nationales », ont-ils indiqué.

Cette expérience constitue, selon eux, un atout important pour le démarrage de la transplantation rénale sur le territoire national.

Pour les experts, la transplantation rénale représente aujourd’hui la solution thérapeutique la plus efficace contre l’insuffisance rénale chronique terminale.

Au-delà de l’amélioration significative de la qualité et de l’espérance de vie des patients, cette technique permettrait de réduire les coûts liés aux traitements de longue durée et de désengorger les centres d’hémodialyse, dont les capacités sont fortement sollicitées.

Sa mise en œuvre contribuerait également à limiter le recours aux évacuations sanitaires vers l’étranger, souvent coûteuses pour les familles et pour l’État.

Les discussions ont également porté sur les aspects législatifs et éthiques de la transplantation d’organes au Mali.

Les participants ont rappelé que cette pratique est encadrée par la loi n°09-017 du 26 juin 2009, qui fixe les règles relatives au prélèvement et à la greffe d’organes, de tissus et de cellules humains.

Tout en reconnaissant la nécessité de renforcer certains dispositifs juridiques et organisationnels, les responsables du projet estiment que le pays dispose déjà d’un socle légal favorable au lancement de cette activité.

La ministre réaffirme le soutien du Gouvernement

Prenant la parole, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré a salué les efforts déployés par les équipes du Centre Hospitalier Mère-Enfant « Le Luxembourg » ainsi que l’engagement de l’ensemble des professionnels de santé impliqués dans ce projet.

La ministre a également rappelé la volonté des plus hautes autorités, notamment du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, de renforcer la prise en charge des personnes souffrant d’insuffisance rénale.

Réaffirmant le soutien de son département, elle a assuré que le Gouvernement accompagnera les différentes étapes de la mise en œuvre du projet. « C’est un projet qui nous tient à cœur. Nous ferons de notre mieux pour vous accompagner à toutes les étapes », a déclaré Mme le Ministre.

Elle a enfin invité les spécialistes à poursuivre les concertations afin de réunir l’ensemble des conditions techniques, médicales, juridiques et organisationnelles nécessaires au lancement effectif de la transplantation rénale au Mali.

Si toutes les conditions sont réunies, le lancement de la transplantation rénale au Mali marquera une avancée historique pour le système national de santé. Cette innovation permettra non seulement d’améliorer la prise en charge des patients atteints d’insuffisance rénale chronique terminale, mais aussi de renforcer la souveraineté sanitaire du pays en développant une médecine hautement spécialisée au service des populations.

OB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 30/07/2026 by Ousmane BALLO

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