Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de souveraineté alimentaire. Réunis le 22 juillet 2026 à Ouagadougou, les principaux acteurs de la filière tomate ont validé le Programme national de recherche sur la tomate (2026-2031), un outil stratégique destiné à améliorer la productivité, réduire les pertes agricoles et accroître la compétitivité de cette filière à fort potentiel économique.
Face aux défis croissants liés à la sécurité alimentaire et aux effets du changement climatique, le Burkina Faso mise sur la recherche scientifique pour renforcer les performances de sa filière tomate.
Les représentants de l’interprofession de la tomate, des services de vulgarisation agricole, des chercheurs et des institutions publiques se sont réunis à Ouagadougou pour valider le Programme national de recherche sur la tomate, élaboré selon une démarche participative associant l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.
Placée sous la coordination d’une commission ad hoc présidée par le Pr Irénée Somda, enseignant-chercheur, cette initiative est le fruit d’un travail de diagnostic approfondi, de consultations sectorielles et de concertations ayant permis d’identifier les principales contraintes et les besoins prioritaires de la filière.
Prévu pour être mis en œuvre entre 2026 et 2031, le programme ambitionne de faire de la recherche un moteur de transformation durable de la production nationale de tomate.
Ses principaux objectifs portent sur l’amélioration de la productivité et de la qualité des productions ; le développement de la transformation industrielle et de la valeur ajoutée ; la réduction des pertes post-récolte ; le renforcement de la compétitivité de la filière ; l’amélioration durable des revenus des producteurs, transformateurs et commerçants.
À travers cette feuille de route, les autorités entendent également promouvoir des innovations adaptées aux réalités du terrain afin de renforcer la résilience de la filière face aux chocs climatiques et économiques.
Présidant les travaux de validation, Estelle Zoungrana/Koïta, chargée d’études au Secrétariat général du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, a rappelé le poids économique de la tomate dans l’agriculture burkinabè.
Selon les données du deuxième Recensement général de l’agriculture (RGA II), traitées en 2022, la production nationale de tomate atteint 231 764 tonnes, pour une valeur économique estimée à 54,8 milliards de FCFA.
Ces chiffres confirment le potentiel de cette culture, qui constitue une importante source de revenus pour des milliers de producteurs et un maillon essentiel de la sécurité alimentaire nationale.
Malgré cette performance, la filière reste confrontée à de nombreuses difficultés.
Les producteurs doivent faire face aux effets du changement climatique, aux attaques de ravageurs ainsi qu’aux maladies qui affectent les cultures. Selon les responsables du ministère, ces facteurs provoquent chaque année des pertes estimées entre 30 % et 40 % de la production nationale, réduisant considérablement les revenus des exploitants et les disponibilités sur les marchés.
Cette situation renforce la nécessité de développer des solutions scientifiques adaptées, notamment à travers la sélection de variétés plus résistantes, l’amélioration des techniques culturales et le renforcement des pratiques de lutte contre les bioagresseurs.
La recherche et l’innovation comme leviers de transformation
Pour le Directeur général de la Recherche et de l’Innovation, Dr Babou André Bationo, la recherche constitue un outil indispensable pour accompagner la modernisation des filières agricoles.
Il a assuré que les innovations scientifiques permettront d’apporter des réponses concrètes aux principales contraintes qui freinent les performances de la filière tomate et, plus largement, de l’agriculture burkinabè.
C’est dans cette optique que la Direction générale de la Recherche et de l’Innovation (DGRI) et le Conseil burkinabè des filières agro-pastorales et halieutiques (CBF) ont été mandatés par leurs ministères de tutelle pour piloter l’élaboration de ce programme stratégique.
Les producteurs, transformateurs et commerçants présents à l’atelier ont accueilli favorablement cette initiative, saluant particulièrement la méthode participative adoptée tout au long du processus.
Selon eux, leur implication dans la conception du document constitue une garantie que les futures actions de recherche répondront effectivement aux réalités du terrain et aux besoins des différents maillons de la filière.
En adoptant ce Programme national de recherche sur la tomate, le Burkina Faso confirme sa volonté de placer la science, l’innovation et la recherche appliquée au cœur de sa politique agricole. Au-delà de l’amélioration des rendements, cette stratégie vise à réduire les pertes de production, renforcer la transformation locale, créer davantage de valeur ajoutée et améliorer les revenus des acteurs.
À terme, les autorités espèrent faire de la filière tomate un levier majeur de la sécurité alimentaire, de la nutrition et du développement économique, tout en consolidant la résilience de l’agriculture burkinabè face aux défis climatiques et sanitaires.
IT / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 27/07/2026 by Ousmane BALLO
