Mali : l’État mise sur les engrais organiques pour préserver la dynamique de production agricole

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Face aux répercussions de la crise au Moyen-Orient sur les chaînes d’approvisionnement en intrants agricoles, les autorités maliennes renforcent leur stratégie de résilience. Dans une lettre circulaire datée du 18 mars 2026, adressée aux directeurs régionaux de l’Agriculture, la Direction nationale de l’Agriculture (DNA) appelle à intensifier la production et l’utilisation de la fumure organique sur l’ensemble du territoire.

L’objectif affiché est clair : maintenir l’élan d’accroissement de la production et de la productivité agricole amorcé ces dernières années, malgré les tensions internationales qui pèsent sur la disponibilité et le coût des engrais minéraux importés.

Pour les services agricoles, la valorisation des engrais organiques constitue une réponse stratégique aux difficultés d’approvisionnement provoquées par la crise géopolitique au Moyen-Orient, qui affecte indirectement plusieurs marchés africains.

Riches en éléments nutritifs et en carbone, les engrais organiques – issus de matières animales comme le fumier, les fientes ou le compost, mais aussi de ressources végétales telles que les résidus de culture et les engrais verts – permettent de nourrir durablement les sols tout en améliorant leur structure physique et biologique.

La DNA insiste sur leur rôle dans la restauration de la fertilité des terres, la rétention de l’eau et l’amélioration durable des rendements, particulièrement dans les zones sahéliennes exposées à la dégradation des sols et à la variabilité climatique.

Des sols plus fertiles pour une agriculture durable

Au-delà de la conjoncture, cette campagne de sensibilisation s’inscrit dans une vision de transition agroécologique. Contrairement aux intrants chimiques, souvent accusés d’appauvrir les terres sur le long terme, les engrais organiques favorisent la biodiversité microbienne, améliorent l’enracinement des cultures et assurent une libération progressive des nutriments.

Parmi les principaux axes de sensibilisation, figurent la restauration des sols dégradés grâce à l’apport de matière organique ; la valorisation des ressources locales, notamment les pailles, tiges, bouses de vache, fumier porcin et autres déchets agricoles ; la promotion d’une fertilisation combinée organique et minérale pour renforcer l’efficacité des apports nutritifs ; le développement de pratiques culturales adaptées aux réalités climatiques du Sahel.

Les services techniques recommandent aux producteurs d’incorporer le compost ou le fumier bien décomposé lors du labour ou de la préparation du sol, ou encore de l’épandre directement dans les bandes de culture à l’aide d’outils manuels comme le râteau.

Cette démarche vise à renforcer l’appropriation des pratiques agroécologiques par les exploitants agricoles, tout en réduisant la dépendance aux intrants importés.

À travers cette orientation, le Mali cherche à consolider sa souveraineté alimentaire, améliorer durablement la productivité des exploitations et bâtir une agriculture plus résiliente face aux chocs extérieurs et au changement climatique.

IB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 02/04/2026 by Ousmane BALLO