Ouagadougou : les chefs de la diplomatie de l’AES plaident pour une veille citoyenne au service de la souveraineté

à la une Accueil Actualités En afrique Flash infos Infos en continus Politique

Les ministres des Affaires étrangères des États membres de la Confédération des États du Sahel (AES) ont pris part, le vendredi 27 février 2026 à Ouagadougou, à un panel de haut niveau consacré au rôle de la veille citoyenne face aux ingérences extérieures. Organisée dans le cadre du Forum confédéral des organisations et acteurs de veille citoyenne, la rencontre s’est tenue sous le très haut patronage du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré.

Placée sous la présidence du ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, la session avait pour thème : « L’AES face aux ingérences extérieures : place de la veille citoyenne dans la diplomatie populaire ».

Au cœur des échanges, les intervenants ont mis en avant le rôle central des organisations de veille citoyenne dans la défense de la souveraineté de l’espace confédéral, notamment face à la désinformation et aux campagnes de communication jugées hostiles.

Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a qualifié la veille citoyenne d’« avant-garde » contre les tentatives de déstabilisation visant la Confédération. Son homologue burkinabè a souligné, pour sa part, que cette dynamique populaire constitue un appui déterminant aux Forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux chefs d’État de l’AES.

La diplomatie populaire au centre des débats

Intervenant au panel, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a salué l’initiative des autorités burkinabè. Il a rappelé que la diplomatie populaire consiste à « faire la diplomatie avec et pour le peuple », en citant le Président de la Transition du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, pour qui la population demeure le centre de gravité de l’action publique.

Pour illustrer ses propos, le chef de la diplomatie malienne a évoqué la mobilisation populaire ayant précédé le départ de la force française Barkhane de Gao en août 2022, ainsi que la Journée de la souveraineté retrouvée du 14 janvier 2022. Selon lui, ces mobilisations ont transformé les pressions extérieures en facteur de consolidation de la légitimité nationale.

La « guerre cognitive » et le défi médiatique

Les discussions ont également porté sur la dimension immatérielle des enjeux de souveraineté. Abdoulaye Diop a mis en garde contre ce qu’il a qualifié de « guerre cognitive », visant les esprits et les consciences, et contre une possible « recolonisation des mentalités ».

Dans ce contexte, les participants ont insisté sur la nécessité pour les acteurs de la veille citoyenne de maîtriser les outils de communication et de s’approprier l’espace médiatique. Les médias ont été présentés comme des instruments stratégiques dans la défense des intérêts nationaux, au-delà de leur rôle traditionnel d’information.

Au terme des échanges, les ministres ont souligné que la jeunesse constitue la principale richesse de l’espace confédéral et que la culture représente un rempart essentiel pour la préservation de la liberté et de l’identité collective.

Ils ont affirmé que la Confédération AES doit s’appuyer sur la veille citoyenne, considérée comme une émanation directe des populations, afin de consolider sa légitimité et de renforcer durablement sa souveraineté.

Ce forum est ainsi apparu comme une étape importante dans la structuration de la participation citoyenne au sein de l’espace AES, ouvrant la voie à une organisation plus formalisée de l’engagement populaire dans la construction d’un avenir commun.

IT / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 28/02/2026 by Ousmane BALLO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *