Le 21 novembre 2025 a marqué la première année du Général de Division Abdoulaye Maïga à la tête de la Primature. Nommé en novembre 2024 pour succéder à Choguel Kokalla Maïga, alors très contesté, le chef du gouvernement était attendu pour redonner de l’élan à l’action gouvernementale. Douze mois plus tard, les attentes sont loin d’être comblées.
Lors de sa prise de fonction, Abdoulaye Maïga cumulait déjà le portefeuille de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Son entourage le décrivait comme un dirigeant pragmatique, capable d’aborder sans tarder les dossiers les plus sensibles : sécurité, électricité, emploi des jeunes et apaisement social.
Le président de la Transition, le Général d’Arméé Assimi Goïta, lui avait d’ailleurs remis une lettre de mission articulée autour de huit axes prioritaires, parmi lesquels la consolidation des acquis militaires, les réformes institutionnelles, la lutte contre la corruption, la relance économique, la santé, la solidarité nationale, l’éducation ainsi que la gestion durable du climat social.
Malgré quelques avancées — implantation de camps militaires, lancement du recrutement de 9 000 agents —, les résultats globaux restent en décalage avec les promesses initiales. La sécurisation des routes, en particulier, suscite une profonde inquiétude. Le pays connaît aujourd’hui une intensification sans précédent des menaces sur l’ensemble du territoire. La crise du carburant illustre cette fragilité : le Mali se voit contraint d’escorter les camions-citernes pour garantir l’approvisionnement des populations, une situation révélatrice des limites du système sécuritaire.
Sur le plan économique, le quotidien des ménages ne cesse de se détériorer. L’espoir d’une amélioration des conditions de vie semble s’éloigner, alors que le coût de la vie augmente et que les disparités se creusent.
L’électricité, dont la durée de fourniture devait passer de 12 à 19 heures selon le Plan d’Action Gouvernemental du Premier ministre, est aujourd’hui disponible à peine 6 heures par jour dans plusieurs localités. Certaines zones, comme la région de Mopti, subissent depuis plus de deux mois une absence quasi totale d’électricité, d’eau et de carburant, affectant près de deux millions d’habitants.
Dans le domaine de la santé, les hôpitaux continuent d’attendre une amélioration du plateau technique. L’éducation, quant à elle, fait face à des défis persistants : près de 1 700 écoles restent fermées pour des raisons sécuritaires, même après la rentrée scolaire. La crise du carburant a, par ailleurs, perturbé le fonctionnement de nombreux établissements.
Le tissu social n’a jamais été aussi vulnérable. En plus de la menace terroriste, Bamako connaît désormais des tensions à caractère religieux, alimentées par des affrontements verbaux et des violences sur les réseaux sociaux. Le gouvernement n’a, pour l’instant, pris aucune initiative notable pour apaiser ces nouvelles fractures.
Pour l’heure, le Premier ministre Abdoulaye Maïga peine à incarner la gouvernance vertueuse et l’efficacité administrative attendues. La gestion gouvernementale apparaît davantage marquée par l’improvisation, au rythme des crises qui s’enchaînent chaque semaine. Un an après son arrivée à la Primature, le constat demeure amer : le bilan, loin des aspirations populaires, reste ténébreux.
Amadou Kodio
Source : Ziré
Last Updated on 27/11/2025 by Ousmane BALLO

