Sikasso : l’escalade terroriste à Loulouni, les habitants fuient

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La situation sécuritaire s’est brusquement dégradée dans la zone de Loulouni, désormais érigée en Cercle dans la Région de Sikasso. Depuis plusieurs jours, les attaques terroristes s’intensifient, obligeant la quasi-totalité des familles à quitter leurs villages. Les chasseurs traditionnels, derniers remparts face aux groupes armés après le départ de l’État, ont annoncé leur retrait mercredi 12 novembre 2025.

Une région stratégique sous pression

Située à mi-chemin entre Sikasso et Kadiolo, et à la croisée du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée, la zone de Loulouni constitue un important pôle agricole pour le Mali et ses voisins.
Mais depuis des mois, les groupes terroristes multiplient incursions et attaques, poussant progressivement les services de l’État et les forces de sécurité à abandonner leurs postes. Le poste de gendarmerie avait déjà été déserté, laissant les chasseurs traditionnels assumer seuls la défense des populations.

Des communautés entières en fuite

Face à la montée de la violence, les familles n’ont eu d’autre choix que de fuir.
Selon plusieurs témoins, les habitants des villages environnants affluaient vers Loulouni, pendant que les résidents de la ville cherchaient refuge à Sikasso, Kadiolo ou dans d’autres localités plus sûres.
La zone est désormais presque entièrement vidée de sa population, plongée dans le désespoir.

L’impact humain : entre famine et insécurité

Les terroristes empêchent les agriculteurs d’accéder à leurs champs, laissant leurs récoltes à l’abandon. Des villages entiers se retrouvent menacés par la famine.
Malgré la crise économique, les populations avaient jusqu’ici continué à soutenir financièrement les chasseurs, seuls défenseurs encore présents.

Les chasseurs traditionnels dépassés après une attaque au drone

La situation a basculé après les affrontements du dimanche 9 novembre à Bilasso.
Les terroristes, incapables de tenir face aux chasseurs, ont utilisé un drone kamikaze, faisant au moins cinq morts parmi ces derniers.
Cet événement, inédit pour eux, les a profondément démoralisés. Beaucoup affirment qu’il s’agit d’un tournant inquiétant dans les modes opératoires des groupes terroristes.

Une menace annoncée sur Loulouni-ville

Le 11 novembre, les terroristes ont attaqué le village de Koura et auraient déclaré que leur prochaine cible serait Loulouni-ville.
Moins de 24 heures plus tard, les chasseurs traditionnels ont officiellement annoncé leur retrait, laissant la zone totalement vulnérable.

Témoignages de familles déplacées

Arrivés à Sikasso, des habitants de Loulouni décrivent une situation devenue intenable : « Les terroristes tirent sur quiconque marche vers les champs. Nous n’avons rien récolté. La famine nous guette. Nous avons fui pour protéger nos familles et nous demandons aux autorités de nous aider à retourner chez nous et à sauver ce qui reste de nos cultures », témoigne un groupe de déplacés rencontré le 12 novembre.

Un appel pressant à l’intervention de l’État

Le retrait des chasseurs et l’exode massif des populations accentuent l’urgence d’une intervention militaire.
Les habitants, comme les fils originaires de la région, appellent les autorités à prendre des mesures rapides et durables pour rétablir la sécurité et permettre aux familles de revenir.

Une zone meurtrie qui attend une réponse nationale

Aujourd’hui, les enfants de Loulouni ne peuvent plus poser le pied dans leur village sans ressentir une profonde douleur.
La situation, qui prive des milliers de familles de sommeil et de sécurité, interpelle directement les plus hautes autorités militaires et politiques du pays.

IB / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 14/11/2025 by Ousmane BALLO

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