Salaire, couverture sociale, contrat formel : L’UJRM dresse la situation des journalistes

à la une Accueil Actualités Au Mali Flash infos Infos en continus Société

Dans son rapport inédit, l’Union des Journalistes Reporters du Mali (UJRM) dresse la situation des journalistes au Mali. Selon ce rapport, 63% des journalistes n’ont aucun contrat formel ; 74,5% n’ont aucune couverture sociale ; 50% n’ont pas de salaire fixe ; plus de la moitié gagnent au niveau ou en dessous du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) ; 60% des employeurs n’ont pas inscrit leurs journalistes à I’INPS ou à l’AMO et seulement un tiers des médias dispose d’un plan de carrière. Le document a été présenté lors de la Nuit de l’UJRM, puis vulgarisé à travers une conférence de presse, tenue le 20 août 2025.

En prélude à la 4e édition de la ‘’Nuit de L’UJRM’’ l’Union des journalistes Reporters du Mali a élaboré un rapport sur la situation des journalistes reporters au Mali. Les résultats de l’enquête sont sans équivoque et dessinent un tableau ténébreux de la profession. Selon Boubacar Kanouté, président de l’UJRM, ce rapport pointe du doigt plusieurs problèmes majeurs, notamment : l’absence généralisée de contrats de travail et la non-application de la convention collective, des salaires souvent dérisoires et irréguliers, une couverture sociale quasi-inexistante pour la majorité des journalistes, un manque criard de formation continue, en dépit des nouvelles exigences du numérique.

« Ce rapport marque une étape importante pour notre profession », a déclaré le président Kanouté, soulignant que cette enquête est l’une des rares à documenter de manière claire, objective, indépendante et complète les défis auxquels sont confrontés les journalistes du Mali.

Financée intégralement par l’UJRM, cette étude a été réalisée dans neufs localités du Mali : Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Koutiala. L’échantillonnage utilisé a concerné 300 journalistes exerçant dans divers médias (presse écrite, radio, télévision et presse en ligne) et 100 patrons de presse à travers 9 localités administratives du Mali, garantissant ainsi une bonne représentativité. « Les données ont été collectées sur une base d’entretiens physiques et télé-entretien (google forme) », dira Ibrahim Traoré, président de la commission de rédaction. Les données collectées ont été analysées qualitativement et quantitativement afin d’identifier les principales tendances liées aux conditions de travail.

Une réelle précarité…

Il ressort ainsi de cette étude qu’une nette majorité de journalistes, 188 personnes, soit 94 % de l’échantillon, se déclarent journalistes. « Cette prédominance est importante, car elle confère une légitimité et une pertinence accrues aux résultats de l’étude qui porte notamment sur les conditions de vie et de travail des journalistes. À l’inverse, seuls 10 des répondants (5 %) affirment ne pas être journalistes, tandis que les autres catégories (animateur TV, animateur radio) représentent moins de 2 % chacune », explique le rapporteur.

Selon les informations recueillies, il y a une réelle précarité préoccupante dans le secteur journalistique : 63 % des répondants (126 sur 200) déclarent ne pas disposer de contrat de travail formel. Seuls 38,5 % (77 personnes) affirment en avoir un. Cette situation révèle une insécurité professionnelle importante qui peut entraîner des conséquences telles que l’absence de protection sociale, la vulnérabilité face aux pressions extérieures ou la difficulté à défendre ses droits en cas de litige. Ces résultats soulignent l’urgence de renforcer le cadre juridique et réglementaire de la profession pour promouvoir la formalisation de l’emploi des journalistes et garantir de meilleures conditions de travail.

La formation, un défi pour le secteur !

Autre détail important. Plus de la majorité des journalistes interrogés (77,5 %, soit 155 sur 200) possèdent un diplôme en journalisme ou équivalent. En revanche, 23 % des répondants (46 personnes) exercent sans avoir de diplôme formel dans le domaine.

Ce résultat montre que, même si la profession tend à se professionnaliser, près d’un quart des acteurs des médias évoluent encore sans formation académique spécifique. Ce qui pourrait avoir des implications sur la qualité de l’information, le respect de l’éthique journalistique et la capacité des journalistes à s’adapter aux évolutions du métier.

Le document souligne également la nécessité de promouvoir la formation initiale et continue afin de renforcer les compétences des journalistes et améliorer les standards professionnels.

Amadou Kodio

Source : Ziré

Last Updated on 29/08/2025 by Ousmane BALLO