-Nous attendons la réception du camp de Kita, un vrai camp militaire
-Il faut éviter de relayer les nouvelles qui dénigrent notre pays, notre Armée…
Nous avons mis à profit la dédicace de deux des livres de M. Daouda Nama Tékété, à savoir : « Et si le Mali m’était conté » Tome II, et « Le panafricanisme : Hier, aujourd’hui, demain : Quelles significations, quelles portées et quels moyens d’actions ? », qui a eu lieu, le samedi 05 juillet 2025, au Gouvernorat de Kita, pour poser quelques questions au Gouverneur, M. Daouda Maïga.
La Rédaction du Mali : Monsieur le Gouverneur, lors de la dédicace des deux livres de Daouda Tékété sous votre parrainage, toutes les sensibilités étaient fortement mobilisées, quels sont vos secrets ?
Daouda Maïga : Ici, nous sommes dans la région de Kita. J’ai mis à profit le temps que j’ai passé ici pour connaître la nomenclature des différents groupes sociaux, les us et coutumes, la typologie, la géographie, les activités économiques, les différentes sensibilités. Je marche en terrain plus ou moins connu. Ce qui est important, nous sommes en zone rurale et traditionnelle. Généralement, il y a des coutumes, des habitudes, des règles, des interdits. Quand on se conforme aux différentes normes sociales, en général le message passe, les gens vous font confiance, vous croient, viennent vers vous.
Nous ne sommes pas une administration de répression, nous sommes une administration de développement. Nous essayons, du mieux que nous pouvons en tant qu’administration, de participer à tous les évènements sociaux, les grands décès, les grands regroupements religieux musulmans et chrétiens, certains baptêmes, des fêtes religieuses, même en dehors de Kita l’administration s’implique. Ceci a créé une sorte de relation de confiance et d’appréciation mutuelle avec les populations. C’est pour cela, lorsque nous leur demandons de venir, elles viennent, parce qu’elles savent que c’est toujours dans leurs intérêts et que l’administration travaille au bien-être général de la région. Je pense que c’est pour cette raison qu’elles répondent toujours oui à nos appels.
La Rédaction du Mali : Quels sont les défis auxquels la région fait face ?
Daouda Maïga : La région de Kita, c’est six cercles actuellement : Kita, Sébékoro, Sirakoro, Sagabari, Toukoto et Séféto. Kita, c’est aussi presque 700.000 âmes. Elle est aussi la première région de production du coton. Le coton a devancé l’arachide. Nous sommes de très grands producteurs d’arachide également. C’est aussi une zone agro-pastorale qui fonctionne très bien. Mais, ce que je peux prendre comme atout et opportunité à Kita, c’est la cohésion sociale. Malgré quelques difficultés liées au foncier, à certains litiges domestiques dans les villages, globalement les relations entre les populations sont bonnes.
Le respect mutuel est de règle. Mais cela n’empêche que nous avons quelques difficultés, notamment sur le plan de la sécurité, des groupes armés terroristes qui sont dans la région comme partout ailleurs. Il y a aussi un problème d’insécurité lié à des braquages, il y a des bandits, mais aussi la détérioration de certaines infrastructures comme des pistes et des routes. Tout de même, il y a des notes d’espoir. Nous avons lancé, en 2024, un grand projet de près de 14 milliards sur la Kaarta, la zone de Séféto, qui devrait être financé par la BID. S’il plaît à Dieu, nous allons lancer dans un avenir très proche, un grand projet financé par la KFW sur Kita, à hauteur de 10 millions d’euros, soit un peu moins de 7 milliards de FCFA, qui appuiera les projets des collectivités territoriales.
Nous avons également comme avantage, la construction du camp de Kita qui est terminé, nous attendons la réception pour que Kita ait un vrai camp militaire et plus de forces militaires pour rayonner sur la ville et la région et ailleurs. Comme vous avez vu, nous prenons les dispositions avec les forces que nous avons : la Police, la Gendarmerie, la Garde Nationale, mais également nous avons un appui de Bamako à travers des Groupements Tactiques qui sont très mobiles et des détachements de Kayes qui sont là. Nous essayons de nous organiser au mieux pour que ces forces mutualisent leurs efforts afin de bloquer toute question de terroristes sur la région.
La Rédaction du Mali : Qu’en est-il de la sécurité sur le tronçon Bamako-Kita ?

Daouda Maïga : La population de Kita est une population à féliciter qui écoute les injonctions de ses autorités. En 2021, il y avait beaucoup de braquages sur la route. Nous avons estimé que les transports en commun, notamment les bus ne devraient pas rouler la nuit, parce qu’il y avait des braquages. Nous avons juste convoqué les compagnies de transport par le Préfet, à travers une Commission, pour leur expliquer la dangerosité de la pratique de la route la nuit et qu’il est difficile pour les forces de sécurité d’intervenir la nuit lorsqu’il y a braquage. Donc, qu’il fallait éviter de mettre les bus et les citoyens sur les routes la nuit. Elles ont respecté cela. Mais il n’y avait pas une interdiction expresse de trafic la nuit.
En ce moment, nous avons fait un communiqué pour demander aux uns et aux autres d’être extrêmement vigilants sur les routes. Ledit communiqué signale également tous les efforts entrepris par les forces de défense et de sécurité pour la sécurisation de la région. Ce communiqué est informatif et passe dans les radios en français, en bamanankan sur les médias en ligne, les radios, demandant à la population de collaborer avec les forces de défense et de sécurité relativement à l’insécurité. Nous n’avons pas encore pris la décision d’instaurer un couvre-feu dans notre région. Peut-être que ça arrivera si les conditions le demandent. Pour le moment, nous recommandons la vigilance des populations, des forces de défense et de sécurité, l’élaborer d’un plan d’opérations de riposte et tout ce que les forces de défense et de sécurité peuvent faire pour ne pas être surprises en cas d’attaque.
Mais, il y a plus important, c’est l’engagement des populations au plus loin de Séféto qui est à 160 km d’ici, de Kourouninkoto qui est à plus de 150 km, de Moromoro, de Kotoba, de Madina très loin d’ici. Nous avons des informations en temps réel dans toutes ces zones. Il est important de préciser que la population collabore avec l’administration et les forces de défense et de sécurité pour la stabilité de la région.
La Rédaction du Mali : Des actions sont-elles entreprises ?
Daouda Maïga : Le niveau national est très conscient de ce qui se passe ici. Des efforts sont en cours ou déjà faits pour améliorer la sécurité de la région de Kita. Nous avons un système d’information qui permet à la population de savoir ce qui se passe. Nous continuons à louer et à encourager l’engagement des populations de Kita pour l’appui et l’information des forces de défense et de sécurité.
La Rédaction du Mali : Avez-vous quel message à faire passer ?
Daouda Maïga : Le premier mot d’ordre, c’est la vigilance. Que tous les citoyens de Kita se sentent responsables de leur sécurité et de la sécurité de leurs concitoyens… Ce qui veut dire qu’il faut s’éloigner de tout ce qui peut provoquer des problèmes ou des difficultés d’opération des forces de l’ordre quand elles luttent contre les groupes armés terroristes. Deuxièmement, être vigilants et signaler tout fait et comportement inhabituel à qui de droit, au chef de village, au maire, au chef de quartier, aux forces de défense et de sécurité pour que des dispositions soient prises.
D’autre part, il faut faire attention aux réseaux sociaux qui sont de vrais poisons. Ils véhiculent des informations qui ne sont pas souvent vérifiées et qui peuvent être prises pour la vérité par beaucoup personnes à cause de l’ignorance. Donc, ne pas croire ce qu’on voit sur les réseaux sociaux. Il faut se renseigner auprès du sous-préfet, du préfet, du maire, des autorités administratives, des forces de défense pour avoir la bonne et la vraie information. Il faut aussi éviter de relayer les nouvelles qui dénigrent notre pays, notre Armée, nos forces de défense et de sécurité, qui désintègrent tous les efforts qui sont en train d’être faits pour sécuriser notre pays.
Tougouna A. TRAORE
Source : La Rédaction du Mali
Last Updated on 15/07/2025 by Ousmane BALLO

