Le poste-frontière malien de Diboli, situé à moins de deux kilomètres de la ville sénégalaise de Kidira, a été visé à l’aube du mardi 1er juillet 2025 dans une offensive coordonnée menée par des groupes armés présumés jihadistes. Une attaque sans précédent aussi proche du territoire sénégalais, jusque-là épargné par les attentats terroristes.
Dans un communiqué publié ce mardi, l’État-major général des armées (EMGA) a annoncé que les positions des Forces armées maliennes (FAMa) à Niono, Molodo, Sandaré, Nioro du Sahel, Gogui, Kayes et Diboli ont été simultanément attaquées. L’état-major indique que la situation reste suivie de près.
À Diboli, les assaillants ont ciblé les installations des forces de sécurité : postes de police, de douane et bureau image et formalités. Selon des témoignages vidéo authentifiés par APA, plusieurs bâtiments ont été criblés de balles. « Le bureau est parti en fumée. Ils sont venus ce matin, ont tiré partout », déclare un ressortissant sénégalais. Un autre témoin malien confirme que l’ensemble des services frontaliers ont été touchés.
C’est la première fois qu’un poste-frontière aussi proche du Sénégal — à moins de deux kilomètres de Kidira — est la cible directe d’un tel assaut. Bien que voisin de plusieurs zones instables, le Sénégal n’a jamais connu d’attaque jihadiste sur son territoire. Entre 2014 et 2015, toutefois, le pays avait enregistré une vague de départs vers les zones de conflit du Nigeria et de la Libye, au moment où l’État islamique rassemblait sous sa bannière plusieurs mouvements jihadistes africains.
Diboli avait pourtant été le théâtre, le 20 février dernier, du lancement officiel des patrouilles conjointes entre le Mali et le Sénégal, une initiative bilatérale visant à contenir l’expansion du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à al-Qaïda. Ce groupe avait revendiqué en début d’année l’enlèvement puis l’assassinat d’un guide religieux sénégalais dans cette même zone frontalière.
Le dispositif de surveillance mis en place mobilise, côté sénégalais, la Zone militaire N°4 et le Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention (GARSI), et côté malien, les forces armées et les services de sécurité. Malgré cela, les attaques du 1er juillet marquent une rupture par leur ampleur, leur coordination, et leur proximité avec le territoire sénégalais.
Aucun bilan officiel n’a encore été publié, mais plusieurs sources évoquent de lourdes pertes dans les rangs des assaillants. Jusqu’à présent, aucune revendication n’a été faite et les canaux habituels du JNIM restent silencieux.
L’ancien Premier ministre Moussa Mara avait salué la coopération sécuritaire transfrontalière, rappelant que « les malfaiteurs se jouent de nos frontières » et appelant les États à « coopérer dans toutes nos zones frontalières ». Un appel d’autant plus pressant à l’heure où la menace jihadiste s’étend désormais aux portes du Sénégal.
Source : apanews.net
Last Updated on 01/07/2025 by Ousmane BALLO
