Au Mali, la crise nutritionnelle sévit. Les acteurs humanitaires estiment que plus de 500.000 personnes ont besoin d’une assistance immédiate. Ainsi, ils appellent à la mobilisation pour une réponse efficace et coordonnée. C’est ce qui ressort de la dernière enquête de suivi et d’évaluation de la malnutrition (SMART) réalisée par le Ministère de la Santé et du Développement Social et publiée par l’ONG internationale, Action Contre la Faim (ACF).
Dans son rapport d’enquête, publié le 16 août 2024, l’ONG rappelle que depuis 2012, le Mali est en proie à des conflits qui contribuent largement à la succession de crises alimentaires et nutritionnelles, avec des conséquences désastreuses sur les populations. « Des conflits armés ont forcé les populations à fuir les zones touchées, laissant derrière elles toutes leurs ressources, les rendant ainsi dépendantes de l’aide. Cette situation risque aussi d’augmenter les tensions entre communautés », note ACF
Selon l’ONG internationale, au-delà des conflits qui exacerbent une vulnérabilité alimentaire assez précaire, un phénomène prévisible et aggravant sévit : la période de soudure. « En cours actuellement, celle-ci est particulièrement pénible pour les ménages vulnérables qui, sans assistance, n’ont aucun moyen pour assurer leur alimentation, surtout que le peu de ressources qui existe fait l’objet d’un partage solidaire entre les communautés hôtes et les personnes déplacées », ajoute-t-elle.
11% des enfants atteints par la malnutrition aigüe sévère

Dans le même rapport, l’Action Contre la Faim estime l’enquête RAPID SMART[1] menée du 27 mai au 11 juin 2024 et le rapport de l’ENSAN[2] publié en juillet 2024, démontrent clairement la causalité entre les problèmes émanant des conflits et la situation alimentaire et nutritionnelle alarmante. « Comparativement à la SMART rapide réalisée en mars 2023, la situation nutritionnelle des enfants de moins de 5 ans est inquiétante dans les sites des déplacées de Gao qui est passée de 15,1 % de malnutrition aigüe globale (MAG) en 2023 à 30,1 % en 2024. Plus alarmant est la malnutrition aigüe sévère (MAS) qui était à 4,2% l’année passée pour toucher actuellement 11% des enfants entre 6 et 59mois, un niveau jamais atteint pendant les dix dernières années », souligne-t-elle.
Dans le même rapport, ACF note une prévalence dans les sites de déplacées qui passe de 26,9% de MAG et 8,2% de MAS en 2023 à 20,5% MAG et 4,8% de MAS en 2024.
Selon ACF, il faut agir immédiatement afin d’éviter une aggravation désastreuse des taux de malnutrition dans les zones les plus touchées dans les cercles de Gao, Ménaka, Kidal ; Ansongo, Bourem, Koro, Bankass, Douentza, Gourma-Rharous, ainsi que les sites de déplacés de Gao, Mopti, Ménaka, Ansongo, Bourem et Bamako. « Ces données viennent corroborer l’ENSAN de février et publiée en juillet de cette année, qui montre que les prévalences les plus élevées de l’Insécurité Alimentaire modérée et sévère sont observées dans les régions de Kidal (53,5%), Ménaka (50,2%), Gao (30,7%) et Tombouctou (22,1%) », souligne-t-elle.
Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali
Last Updated on 23/08/2024 by Ousmane BALLO

MERCI pour le partage! C’est très bonne information capitale nous devons toutes et tous se mobiliser pour lutter contre la malnutrition. Chacun doit agir !
Je vous remercie infiniment !