Éditorial : comme ce chat en campagne électorale…

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Ce dimanche, 18 août 2024, sera vécu le quatrième anniversaire du pronunciamiento qui a parachevé la lutte citoyenne des Maliens en mettant fin au régime fondamentalement kleptomane, qui était sur la dernière ligne pour réaliser la partition du Mali. En venant à nouveau faire peur à Bamako, selon le pittoresque et désespérée expression d’Ibrahim Boubacar Keïta, Kati a fait grandement œuvre utile. Le peuple qui, quitte à souffrir le martyre, était déterminé à retirer la patrie des griffes des cartels apatrides résolument dociles serviteurs des psychopathes du profit, qui n’ont cessé de nous asservir, de nous piller, de nous mutiler, de violer nos filles, nos femmes et encore, a réservé un accueil extraordinairement enthousiaste aux officiers qui avaient décidé d’intervenir. Les Cinq Colonels ont été reçus comme une aubaine inespérée, les populations ayant souffert atrocement dans leurs âmes la mort « ignoble » de nos soldats, forfaiture rendue possible parce que les préposés chargés de sauvegarder les intérêts français chez nous avaient réussi de désarticuler et déstructurer l’Armée avec l’aide, évidemment, de leurs parrains. Mais pour un peuple digne, quel sacrifice peut-il être plus grand que celui de défendre la patrie au du sang s’il le faut ? C’est fort de cette dignité que le vaillant peuple du Mali s’était soulevé en annonçant la mobilisation populaire du 05 juin 2020, ce qui effraya tant le régime que le conseil des ministres prévu pour le mercredi, 27 mai, n’a pu se tenir, et d’ailleurs point d’autres conseils des ministres jusqu’à la chute du régime le 18 août, après les massacres des 10, 11, 2 et 13 juillet froidement perpétrés sur un peuple aux mains nues. Au contraire des Cinq Colonels, la hiérarchie militaire d’alors avait choisi, lâchement, de botter en touche, en abandonnant les populations dans leur face à face résolu contre le pouvoir devenu sanguinaire. Telle est l’histoire résumée, qui a scellé (certains diront : qui a renouvelé ou qui a renforcé) le pacte de sang entre l’Armée et son peuple. Les Cinq Colonels réunis dans le CNSP (Conseil National pour le Salut du Peuple), excellente formulation trouvée pour ne pas mentionner « militaire », tout une affirmation citoyenne, était donc devenu l’allié incontournable des populations. Mais les chagrineriez et les mesquineries de la CEDEAO entre les mains maudites de la France ont retardé l’évolution vers un Mali-Kura souhaité ardemment. Un intermède désorientant aura duré neuf mois, jusqu’à l’action décisive du 24 mai 2021.

Certes une nouvelle constitution a été écrite par les Maliens, c’est-à-dire sans recourir aux éternels mercenaires, ces chevaux de Troie venant d’ailleurs, mais d’ici à l’entrée dans la 4ème République, il y a encore une belle trotte. Toutefois, les Maliens, dans leur écrasante majorité, toutes et tous moins seulement les apatrides qui ont fait trop de mal au pays, espèrent toujours que la race maudite des politiciens prédateurs meure et que place soit faite à une nouvelle race saine de citoyens dignes qui serviront l’Etat avec probité et souci évident des générations futures. Mais voilà, sous la férule d’un personnage surgi des enclos français dont la France est gardienne, que certains désigne le sobriquet peu glorieux de « colonel doué en intrigues », l’ancienne classe nuisible remet la main sur le pays. Ce contre quoi beaucoup estiment qu’il faut s’apprêter à être énergiquement opposé.. Maréchal Tito, Président de la République Fédérative de Bla-Bamako veut adresser un rapport au colonel Goïta : « Chef, si c’est vous qui avez commis colonel Abdoulaye Maïga Stop Sachez qu’après deux ans d’assaut, d’embuscades et d’invectives à aîné, il a échoué. Stop. Donc, piètre officier. Si l’initiative ne vient que de lui, il faut arrêter ses manœuvres. Stop. S’il est au service de l’ennemi, ses parents doivent comprendre qu’il est démasqué. Stop ; Et puis, qu’est-ce qui lui prend de vouloir devenir Général comme Cinq ? Stop. Continuera-t-il dans une opération inédite de coup d’Etat, coup d’Etat contre Premier ministre ? Stop » Kounfèko Diagoïta, Président de la République Populaire et Démocratique de Kati-Baraouéli, architecte, analyse : « Ecoutez ! Ne blâmez pas Assimi. Le type a conçu son plan et l’a vendu au PT qui en est devenu le maître d’œuvre tout en le nommant, lui, comme maître d’ouvrage… » Le jeune frère SD pense qu’il échouera, sauf à utiliser « l’extrême, Dieu nous en garde, contre le PM qu’il veut déboulonner… » ; la promotion par lui d’une certaine élite en perte de Vitesse, cette élite corrompue, corruptrice et éternellement corruptible continue de croire toujours qu’elle peut encore se jouer des Maliens comme ce chat qui, lors de sa campagne électorale, promet aux rats qu’une fois élu, il deviendrait végétarien, comme si on peut changer à sa guise sa nature… Et Le National sera en congé à compter de ce jeudi. Ses publications reprendront le lundi, 16 septembre 2024.

Amadou N’Fa Diallo

Source : Le National

Last Updated on 15/08/2024 by Ousmane BALLO