Nous étions le 25 septembre 2023, quand le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement, Col. Abdoulaye Maïga, annonçait un léger report de l’élection présidentielle qui devrait se tenir en février 2024. Plus de neuf mois après cette annonce, c’est toujours silence radio.
Toutefois, des pratiques ont prouvé dans le passé que l’organisation de cette échéance électorale ne semble pas être une priorité pour les autorités de la transition. D’abord, le Dialogue inter-maliens a recommandé, le 10 mai 2024, la prorogation de la durée de la Transition de deux à cinq ans et la candidature d’Assimi Goïta à la prochaine élection présidentielle. Ensuite, le 10 avril 2024, le gouvernement a suspendu toutes les activités politiques. Ce qui rendait le terrain politique complètement vide, à part quelques activités institutionnelles à caractère politique. Aussi, l’on a assisté à l’arrestation des leaders politiques qui sont toujours en prison.
Voilà tout un scénario qui consiste à maintenir le cap pour permettre au Colonel Assimi Goïta de mieux se préparer. Sauf que ce dernier n’arrive pas à lâcher le moindre mot sur ses intentions politiques, même si l’on sait qu’il agit de plus en plus de façon plus politique que militaire. Ses multiples promesses çà et là en disent plus.
Pourtant, la Charte de la transition révisée et signée par sa propre main le 25 février 2022, est claire dans son Article 9 qui stipule : « Le président de la Transition n’est pas éligible aux élections présidentielles et législatives qui seront organisées, pour marquer la fin de la Transition. La présente disposition n’est pas susceptible de révision ». Donc, pour être éligible à la prochaine élection présidentielle, il va falloir que Assimi démissionne d’abord de la présidence de la transition.
Par contre la nouvelle Constitution est muette là-dessus. Elle stipule dans son article 46 : « Tout candidat aux fonctions de président de la République doit être de nationalité malienne d’origine et ne posséder aucune autre nationalité à la date dépôt de la candidature. Il doit jouir de tous ses droits civils et politiques, être de bonne moralité et de grande probité. Il doit être âgé de 35 ans au moins et de 75 ans au plus à la date de dépôt de la candidature et être apte à exercer la fonction. »
Cet article ne fait pas cas de la situation exceptionnelle de la transition. Ce qui sous-entend que le colonel Assimi Goïta, au regard de la Constitution, pourra bel et bien se présenter à la prochaine élection présidentielle, même sans avoir démissionné de la présidence de la Transition. Seulement, il doit se conformer à l’article 51 de la même Constitution qui stipule aussi : « Les fonctions de président de la République sont incompatibles avec l’exercice de toute autre fonction politique, de tout autre mandat électif, de tout emploi public et de toute autre activité professionnelle et lucrative. » Autrement dit, pour exercer les fonctions du président de la République, Assimi Goïta doit forcément devenir un civil. Donc, il doit démissionner de l’armée. Voilà des zones d’ombre qu’il faut d’abord dissiper.
Mis à part ces dispositions, le Colonel Goïta a déjà bien marqué le terrain politique et militaire en quatre ans de transition, à travers des actions humanitaires, l’acquisition des matériels militaires et des promesses politiques qui ont beaucoup séduit l’opinion. Donc, si tout se passe normalement, il pourra bénéficier de la confiance du peuple malien. Mais tout dépendra de la manière dont il va s’y prendre.
Ousmane BALLO
Source : Ziré
Last Updated on 26/07/2024 by Ousmane BALLO
