L’une des étapes de la visite de la délégation de l’UJRM a concerné le cercle de Bafoulabe. Dans cette zone complètement enclavée, les populations sont confrontées à de multiples problèmes socio-économiques.
L’arrêt du train voyageur, les pannes répétitifs des deux bacs fluviaux, l’exonération des usines qui ne payent plus de taxes, le chômage des jeunes. Ce sont là autant de problèmes qui rongent cette localité totalement enclavée par les deux fleuves. Il s’agit des communes de Bafoulabe et Mahina, toutes deux du cercle de Bafoulabe.
En effet, ce mardi 27 décembre 2022, l’union des journalistes reporters du Mali a effectué une visite dans le cercle de Bafoulabé, un cercle à quatre cent kilomètres de Bamako et à 155 kilomètres de la ville de Kayes. C’est le cercle où deux rivières : le Bafing et le Bakoye, toutes deux en provenance de la Guinée se rencontrent. Bafing veut dire rivière noire en langue Kassonké par opposition à Bakoye ‘’ rivière blanche ‘’.
Dans cette localité, l’union des journalistes reporters du Mali s’est intéressée aux conditions de vie des populations. Le préfet, le maire, la jeunesse, les femmes…tous sont unanimes là-dessus que les populations souffrent énormément : « Chez nous ici, certes, il y a d’autres problèmes, mais principalement, le problème du cercle se résume à quatre niveaux. D’abord, notre plus grand souci se situe au niveau de la traversée du fleuve. C’est depuis plus de 40 ans que nous réclamons un pont parce que pour arriver à Bafoulabe, il faut traverser les fleuves et ce sont les bacs qui font traverser les gens et ces bacs fluviaux ne sont plus en bon état. Souvent, ces bacs connaissent des arrêts de deux à trois semaines dû aux pannes techniques. Pour nous la solution finale est la construction du pont », témoigne Kandé Doucouré, maire de Bafoulabe
Selon lui, l’autre problème de la localité concerne les usines qui opèrent dans la commune. « Nous en tant que commune, sommes confrontés à une dure réalité concernant les usines qui opèrent ici. Il y a au moins quatre usines ici, mais aucune ne paye la taxe. Parce que ces usines sont exonérées, dit-on et l’Etat nous ne remplit pas sa part envers les collectivités. Comment une commune peut se développer sans mettre la main sur ses ressources ? », s’interroge le maire.
Le train, l’autre calvaire !
L’un des secteurs porteurs de Kayes sur le plan économique est bien le train voyageur. Les communes de Bafoulabe et de Mahina n’échappent pas à cette réalité. Pire, elles sont frappées de plein fouet par l’arrêt du train qui dure bientôt 7 ans. « Le train est notre vie. Presque toutes les familles en dépendaient ici à Mahina et à Bafoulabe. Son arrêt a causé d’énormes dégâts dans les familles. Je peux même vous dire qu’il a causé des divorcés, des jeunes ont été forcés de prendre la méditerranée (immigration) par faute d’alternative à cette situation », déplore le jeune Yamadou Diallo, du collectif sauvons le rail.
En clair, le cercle de Bafoulabe a besoin l’attention des plus hautes autorités sur ces problèmes évoqués et le plus rapidement possible.
Amadou Kodio/Afrikinfos-Mali
Last Updated on 30/12/2022 by Ousmane BALLO
