Portraits croisés : Aïssata Brahima Traoré, Batoma Doumbia

 Aïssata Brahima est une jeune entrepreneure évoluant dans la mode, une amazone de la valorisation du Made in Mali (Bogolan). A la vingtaine révolu, Aïssata est surnommé miss ‘’I Parila’’, Diamant Noir ou encore Black Queen par d’autres… Des surnoms qui font référence à sa peau d’ébène. Pour elle, la dépigmentation est un problème psychologique provoqué par un complexe créé par les proches, la famille, les amis. Par contre Batoma Doumbia, estime que la dépigmentation contribue encore plus à la beauté d’une femme.

Aïssata Brahima fait partie de Ces jeunes filles qui n’ont jamais songé à se dépigmenter. Elle aime afficher fièrement sa peau noire d’ébène que d’autre trouvent trop foncée.

Selon Aïssata, la dépigmentation est un problème psychologique, provoqué par le complexe créé par les proches, la famille les amis. Or, estime-t-elle, il faut une acceptation de soi malgré la différence de peau.

Malgré les préjugés, Aïssata n’a jamais touché à un produit éclaircissant. Diamant Noir s’est démarqué de celles-ci en restant le plus naturel possible et a su sublimer tous ses invités de par cette couleur de peau éclatante.

Si Aïssata n’a jamais touché à un seul produit qui éclaircit le teint, tel n’est pas le cas de Batoma Doumbia qui avait au début une peau d’ébène mais avec le temps a troqué celle-ci contre une peau totalement dépigmentée et ce avec les compliments de son entourage.

« J’ai pris goût à la dépigmentation, et le fait que mon entourage me disait tu commences à avoir un teint éclatant cela m’a encore permis de foncer».

Cette jeune femme dépense une somme colossale dans ses produits cosmétiques chaque mois   tout pour avoir un teint éclatant et uniforme sans quinto.

« L’argent que je dépense dans la gamme complète (savon du visage et du corps, crème de nuit et du jour, lotion du visage, lait pour le corps) de mon produit dépigmentant est de 75 000 F CFA. Toutes deux semaines, je fais un gommage avec certains produits naturels tels que le henné, curcuma en poudre pour encore plus de brillance. La somme est énorme mais je suis satisfaite du rendu sur mon corps car tout est uniforme chez moi et sans tache », se vante-t-elle.

MICRO-TROTTOIR

Quelle couleur de peau préférez-vous ? Un teint clair ou une peau d’ébène ?

Si autrefois, les hommes aimaient plus les femmes de peau claire, aujourd’hui avec l’évolution et l’utilisation accrue des crèmes éclaircissantes, beaucoup préfèrent les femmes de peau noire, celles qui dépensent moins en produits cosmétiques et qui sont naturelles.

 Moussa Diakité (étudiant) :

« J’ai toujours été fasciné par le naturel, teint clair ou noir, tout me va tant que ce n’est pas dépigmenté. Non pas à cause des dépenses liées à celle-ci, mais plutôt parce que j’en ai horreur ».

Mohamed Coulibaly (boucher:

« J’aime les femmes claires de peau, que ce soit suite à la dépigmentation ou non. C’est son choix de changer de couleur de peau. Qui suis-je pour la jugée ? En plus l’amour ne tient pas compte de ces critères. L’essentiel est que ça vienne du cœur ».

Alioune Badra Coulibaly (entrepreneur) :

« Les femmes de teint noir ne me laissent pas indifférent surtout les foncées. J’ai une faiblesse pour elles, mais aussi un respect fou car dans ce monde de complexés où beaucoup de fille pensent que la beauté est liée au teint clair, elles arrivent à faire la promotion de la race noire. Chapeau à elles d’où ma préférence, une femme qui n’a pas encore trahi l’Afrique, dont la peau reflète son origine ».

Mohamed Haïdara (père de famille) :

« Les tchatchos n’ont pas de valeur pour moi. Elles sont comparables à des salamandres. Comment une peau aussi douce et dont l’éloge a été fait par les poètes comme Senghor est devenue une peau dont certaines ont honte ? Elles pensent qu’en modifiant cette couleur, cela changera quelque chose. Non, elles sont et resteront des africaines. Que ce soit ma femme ou mes filles à chaque fois que je remarque un éclaircissement sur leur visage, j’exige qu’elles changent de crème hydratant ».

Seydou Touléma (boulanger) :

« J’aime les femmes de teint clair. Soyons réaliste, les femmes qui se dépigmentent font de sacrées dépenses. Je condamne la dépigmentation, celles qui sont naturellement claires pour plus de brillance s’adonnent à cette pratique qui condamne la peau noire vers la perdition ».

Dossier réalisé par Oumou Fofana

Source: Mali Tribune