Burkina Faso : l’affaire Damiba prend une dimension internationale, selon Ibrahim Traoré

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Le dossier impliquant l’ancien président burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba dépasse désormais le seul cadre national. Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a affirmé que cette affaire de tentative de déstabilisation met en cause plusieurs pays jusque-là considérés comme partenaires du Burkina Faso, révélant une crise aux ramifications diplomatiques sensibles.

L’annonce a été faite mercredi lors d’un entretien diffusé jeudi sur la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution Progressiste Populaire (RPP).

Selon le chef de l’État, les investigations menées par les autorités burkinabè ont permis de mettre au jour un réseau complexe impliquant non seulement des individus, mais aussi des États étrangers. « Ce que nous avons découvert implique de nombreux pays que nous pensions être des partenaires, ainsi que plusieurs personnes », a déclaré Ibrahim Traoré. Cette sortie renforce l’idée d’un dossier à forte portée géopolitique, dans un contexte régional déjà marqué par les tensions sécuritaires persistantes au Sahel.

Le Président Traoré a également porté de graves accusations contre son prédécesseur, estimant que lors des dernières tentatives de déstabilisation, Paul-Henri Sandaogo Damiba aurait recommandé l’intensification des attaques terroristes afin de détourner les unités militaires de la capitale.

L’objectif présumé aurait été de mobiliser les forces de défense sur d’autres fronts pour affaiblir la sécurité de Ouagadougou. Le chef de l’État a indiqué que des éléments de preuve ont été transmis aux autorités togolaises, précisant que l’ancien dirigeant, selon lui, « n’a pas pu nier » les faits évoqués.

Extradition et poursuites judiciaires

Extradé du Togo vers le Burkina Faso le 17 janvier dernier, Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a dirigé le pays entre janvier et septembre 2022, est désormais au cœur d’une vaste procédure judiciaire. L’ancien chef de l’État fait face à plusieurs chefs d’accusation, parmi lesquels il y a détournement de deniers publics ; enrichissement illicite ; corruption ; incitation à la commission de crimes et délits ; recel aggravé ; blanchiment de capitaux. Ces poursuites traduisent la volonté affichée des autorités de faire toute la lumière sur les tentatives présumées de déstabilisation institutionnelle.

Traoré se défend de toute vendetta politique

Malgré la gravité des accusations, Ibrahim Traoré a tenu à préciser que sa démarche ne relève pas d’un règlement de comptes contre les anciens dirigeants. « Je ne cherchais pas à m’en prendre à qui que ce soit, que ce soit Damiba ou le Président Roch », a-t-il insisté.

Le Président burkinabè a toutefois rappelé que cette posture n’exclut en rien d’éventuelles responsabilités pénales ou politiques, si les enquêtes venaient à les établir. Cette affaire intervient dans un climat sécuritaire toujours tendu au Burkina Faso, où les autorités de transition font de la lutte contre les menaces internes et externes une priorité stratégique.

La dimension internationale évoquée par Ouagadougou pourrait ainsi redéfinir certaines relations diplomatiques régionales, tout en renforçant la vigilance autour des réseaux soupçonnés d’ingérence.

IT / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 03/04/2026 by Ousmane BALLO